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# La mission MMX part le 19 octobre chercher au moins dix grammes de Phobos, et son rover franco-allemand de 25 kilos n'y pèsera que 15 grammes
**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/8651-mmx-phobos-echantillons-idefix/
Date: 2026-10-17
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Le lanceur japonais H3 doit décoller de Tanegashima le 19 octobre à 21 h 41, heure de Paris, pour un retour d'échantillons de Phobos en 2031.
Categories: Sciences et espace
Tags: Planète Mars
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/01-mmx-phobos-echantillons-idefix-scaled.jpg
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Reste à comprendre pourquoi il faut cinq ans, trois modules et un rover de 25 kilos pour rapporter au moins dix grammes de matière.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [la photographie de la Terre et de Phobos prise depuis le sol de Mars par Curiosity](https://lepointdujour.fr/sciences/1454-curiosity-sort-une-image-tres-rare-de-la-terre-et-phobos-depuis-mars-un-exploit-photographique-interplanetaire-24042025/).
## La mission MMX décolle le 19 octobre pour rapporter dix grammes de Phobos
L'Agence spatiale européenne a annoncé le 13 octobre que [la mission Martian Moons eXploration doit décoller sur une fusée H3 depuis le centre spatial de Tanegashima](https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/Mars_moon_lander_set_to_launch_on_19_October). L'heure retenue est 4 h 41 au Japon le 20 octobre 2026, ce qui correspond à **21 h 41 heure de Paris le 19 octobre**. La mission MMX est pilotée par l'agence spatiale japonaise JAXA, en collaboration avec la NASA, le CNES, le centre allemand DLR et l'ESA.
Son objectif tient en une phrase : elle sera la première à prélever un échantillon sur Phobos, la plus grande des deux lunes de Mars, et à le ramener sur Terre. L'agence européenne écrit que le module de retour arrivera en 2031 et larguera au moins dix grammes de matière dans une capsule, qui se posera en Australie avant d'être transférée au Japon.
L'ESA souligne trois premières : première mise en orbite autour de Phobos, selon une trajectoire qu'elle appelle orbite quasi satellite, premier prélèvement à la surface d'une lune autre que la nôtre, premier retour vers la Terre après une visite du système martien.
## Un calendrier qui court jusqu'en 2031
Le communiqué de l'agence européenne fixe les étapes suivantes :
ÉchéanceÉtape annoncéeCe qui est attendu19 octobre 2026Décollage sur H3 depuis Tanegashima21 h 41 heure de Paris, soit le 20 octobre au JaponAoût 2027Insertion en orbite autour de MarsEnviron un an de croisièreSeptembre 2027Mise en orbite autour de PhobosÉtude à distance de Phobos, puis de DeimosDébut 2029Largage du rover IdefixPréparation de l'atterrissage de la sonde2030Atterrissage et prélèvementChargement dans le module de retour2031Retour de la capsuleAu moins dix grammes, largués au-dessus de l'Australie
Les deux agences ne donnent pas la même date. L'ESA titre sur le 19 octobre, en heure européenne, quand [la fiche de projet du CNES](https://cnes.fr/projets/mmx) inscrit le 20 octobre 2026, en heure japonaise. Il s'agit du même instant, lu depuis deux fuseaux horaires.
## Deux lunes dont l'origine n'est toujours pas tranchée
Mars a deux lunes, Phobos et Deimos, dont les noms signifient la peur et la terreur. Malgré la flotte de sondes envoyées vers la planète rouge, l'ESA rappelle qu'elles restent mal connues, qu'aucun engin n'a séjourné longtemps à leur voisinage et que l'essentiel de ce que l'on en sait vient de quelques survols.
Deux scénarios restent en lice, et les deux agences les présentent de la même façon : ces lunes pourraient être des astéroïdes capturés par la gravité de Mars, ou les restes des débris mis en orbite après une collision géante à la surface de la planète. Le CNES parle d'un impact colossal entre Mars et un autre corps céleste aux débuts du Système solaire.
Mars s'est formée il y a 4,5 milliards d'années et a beaucoup changé depuis, écrit l'ESA, qui ajoute que les conditions y ont peut-être été propices à la vie. La question suivante est celle du climat ancien de la planète, que notre article de fond sur [les pluies et les chutes de neige du passé martien](https://lepointdujour.fr/sciences/1666-a-la-decouverte-du-passe-climatique-de-mars-pluie-et-chutes-de-neige-intenses-07052025/) aborde sous l'angle de l'eau, et que nos autres publications regroupées dans [le dossier consacré à la planète Mars](https://lepointdujour.fr/tag/mars/) suivent au fil des missions.
## Idefix, 25 kilos sur Terre et l'équivalent de 15 grammes sur Phobos
Le rover s'appelle Idefix et pèse 25 kilogrammes. Il est construit par le CNES et le DLR, et porte quatre instruments. L'agence française lui assigne une mission de 100 jours. L'ESA lui donne deux tâches : fournir les informations qui prépareront l'atterrissage de la sonde principale, et analyser la composition et la texture de la surface de Phobos.
Phobos vu le 23 mars 2008 par la caméra HiRISE de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter, à environ 6 800 kilomètres. Crédit : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona
La difficulté tient à la pesanteur. Sur Phobos, elle est environ 1 800 fois plus faible que sur Terre, indique le CNES, ce qui concorde avec [la notice d'image de la NASA](https://science.nasa.gov/photojournal/phobos-from-5800-kilometers-color/), qui la dit inférieure au millième de la pesanteur terrestre. Concrètement, l'ESA écrit qu'Idefix y pèsera l'équivalent de 15 grammes, et qu'une technologie spécifique a été créée pour se poser, manoeuvrer et prélever de façon robotisée dans une gravité aussi faible. Le CNES, prudent, écrit que le rover tentera de rouler sur Phobos.
Le décompte des instruments diffère selon la source. L'ESA annonce onze instruments scientifiques, sept sur la sonde principale et quatre sur le rover, et mentionne à bord un moniteur de rayonnement, deux caméras à haute résolution et deux dispositifs de prélèvement distincts. La fiche du CNES, elle, annonce douze instruments à bord de la sonde dans ses chiffres clés, et treize dans son texte en comptant le rover.
## Une part des échantillons reviendra à la France
La contribution française ne se limite pas au rover. Le CNES fournit le spectromètre imageur proche infrarouge MIRS, placé sur la sonde, dont la maîtrise d'oeuvre revient au LESIA devenu LIRA. Cet instrument doit caractériser la composition minéralogique de la surface des deux lunes, analyser l'atmosphère martienne et participer au choix des sites d'atterrissage. L'agence travaille aussi sur les trajectoires et la dynamique du vol.
Le CNES indique qu'une part des échantillons rapportés sera donnée à la France pour sa communauté scientifique, et qu'un centre de curation sera développé au Muséum national d'histoire naturelle pour les recevoir. L'ESA ajoute qu'elle travaille avec le CNES, le DLR et la JAXA pour organiser des appels à propositions permettant de travailler sur cette matière. Le prélèvement portera sur deux centimètres de profondeur, pour un minimum de dix grammes, précise la fiche française.
Elliot Sefton-Nash, responsable scientifique de la mission MMX à l'ESA, justifie ce long détour dans le communiqué. Selon lui, l'analyse en laboratoire sur Terre démultiplie les découvertes, car les appareils les plus précis restent trop volumineux, trop complexes ou trop délicats pour partir dans l'espace. Il ajoute que les générations suivantes reprendront ces grains avec des instruments plus avancés encore.
## Un décollage n'est pas encore un échantillon
Trois précautions s'imposent à la lecture de cette annonce. La première tient au statut de l'événement : un décollage réussi ne garantit ni l'insertion en orbite martienne, ni la descente sur Phobos, et toutes les dates publiées par les agences sont écrites au futur. L'ESA annonce d'ailleurs une image confirmant le succès du lancement pour le 20 octobre seulement.
La deuxième porte sur l'écart entre la mission et son résultat : la réponse à la question de l'origine des lunes martiennes ne viendra pas de l'orbite, mais de l'analyse des grains, donc après 2031. La troisième concerne les appuis annoncés : l'agence écrit que Mars Express, confirmé en service jusqu'en 2029 au moins, pourrait soutenir les observations de MMX, ce qui reste une possibilité et non un engagement. Pour suivre le décollage puis le largage d'Idefix, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple de retrouver nos articles, aux côtés de nos publications récentes sur [le rover d'essai piloté depuis Turin dans le désert de Tabernas](https://lepointdujour.fr/sciences/8343-rover-rosalind-franklin-desert-tabernas/) et sur [l'habitat lunaire enterré étudié par le CNES à Toulouse](https://lepointdujour.fr/sciences/8627-habitat-lunaire-enterre-spaceship-fr/).
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