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# Objets connectés : Cybermalveillance.gouv.fr recommande de les faire fonctionner sur un réseau distinct des autres équipements informatiques
**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/8555-objets-connectes-maillon-faible/
Date: 2026-10-15
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Cybermalveillance.gouv.fr a actualisé le 5 octobre 2026 sa fiche sur les objets connectés, qui peuvent être le maillon faible de l'environnement numérique.
Categories: Sciences et espace
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/03-objets-connectes-maillon-faible-scaled.jpg
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Reste à comprendre pourquoi un appareil sans valeur apparente intéresse un attaquant, et quel geste la fiche place en face de chaque risque.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [le piratage de compte en ligne et la marche à suivre pour en reprendre la main](https://lepointdujour.fr/sciences/8290-piratage-compte-reprendre-main/).
## Les objets connectés, maillon faible de l'environnement numérique
Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d'assistance et de prévention en cybersécurité, a [mis à jour le 5 octobre 2026 sa fiche consacrée à la sécurité des objets connectés](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/bonnes-pratiques/securite-objets-connectes-iot), publiée pour la première fois le 12 novembre 2020. La définition qu'elle en donne est large : un objet connecté est un matériel électronique relié directement ou indirectement à Internet, c'est-à-dire capable d'envoyer ou de recevoir des informations par ce canal.
La liste qui suit dans la fiche a de quoi surprendre par son étendue. Enceintes, montres, ampoules, thermostats, téléviseurs, réfrigérateurs, jouets pour adulte ou pour enfant, caméras, alarmes et baby-phones y figurent côte à côte, pour des usages qui vont de la domotique au sport, au jeu et à la santé. Comme tout équipement informatique communicant, écrit le dispositif, ces objets peuvent présenter des vulnérabilités, avec à la clé leur piratage ou le vol des informations personnelles qu'ils contiennent. Et comme ils sont souvent insuffisamment sécurisés, ils peuvent représenter le maillon faible de l'environnement numérique de leur propriétaire.
## Deux cas que la fiche donne en exemple
Le document illustre son propos par deux histoires. La première date de 2019. Une petite fille de trois ans, raconte la fiche, confie à ses parents qu'une voix lui parle dans le baby-phone vidéo installé dans sa chambre, et les parents constatent que la caméra change d'orientation toute seule. Un attaquant avait pris le contrôle à distance de l'objet, les observait et s'adressait à l'enfant pour lui faire peur lorsqu'elle était seule. Là non plus le dispositif ne cite ni pays ni source.
La seconde date de 2018 selon la fiche, et change complètement d'échelle. Un casino, écrit le dispositif, s'est fait pirater la base de données de ses plus gros clients, et les attaquants y ont accédé en passant par le thermomètre connecté, insuffisamment sécurisé, d'un aquarium de l'établissement. La fiche ne nomme ni le pays, ni l'établissement, et n'indique pas d'où elle tient ce cas. Il remonte à l'éditeur de sécurité britannique Darktrace, qui l'a rapporté dès 2017 au sujet d'un casino nord-américain qu'il n'a pas nommé. Aucun casino ne l'a jamais confirmé et aucun détail technique n'a été publié. Les deux récits ne décrivent pas la même chose : dans un cas l'objet est détourné pour lui-même, dans l'autre il sert d'entrée vers un système distinct.
## Des données anodines qui en disent long, selon l'ANSSI
La fiche renvoie, pour approfondir, aux [recommandations de l'ANSSI relatives à la sécurité des systèmes d'objets connectés](https://cyber.gouv.fr/publications/recommandations-relatives-la-securite-des-systemes-dobjets-connectes), un guide de 42 pages référencé ANSSI-PA-087 et publié le 27 août 2021. L'agence y relève une particularité de ces appareils : ils manipulent souvent des données d'apparence anodine dont des usages détournés peuvent avoir des implications de sécurité.
Photo d'illustration. Une prise connectée Wi-Fi vue de face, avec son bouton d'allumage, photographiée le 17 juillet 2026. Crédit : Sokolikmawwer0, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
Les exemples du guide sont parlants. L'accumulation des positions instantanées d'un téléphone permet de déduire le domicile de son propriétaire et les moments où il en est absent. De même, écrit l'agence, des données de consommation électrique ou de fonctionnement d'ampoules connectées renseignent sur la présence de personnes physiques. Plus généralement, des appareils qui n'ont pas eux-mêmes de rôle de sécurité peuvent poser des problèmes de sécurité à leurs utilisateurs dès lors que leur emploi suppose la création d'un compte contenant des données personnelles, et que ces données sont mal protégées.
## Pourquoi ces appareils se défendent mal
L'ANSSI avance une explication de fond, qui tient à la conception même de ces objets. Leurs capacités de calcul, de stockage et de communication sont limitées, pour des raisons de coût ou de consommation énergétique, et ces capacités réduites peuvent restreindre les possibilités de mise à jour logicielle. Les menaces informatiques classiques, écrit encore l'agence, peuvent se trouver exacerbées par les faibles ressources disponibles pour assurer la sécurité de ces appareils, ou par les difficultés de maintenance de systèmes non administrés.
L'agence prévient aussi contre une illusion de confort. Pour des appareils grand public qui exposent des fonctionnalités sur Internet, écrit-elle, il n'est en général pas crédible de supposer que l'environnement assure leur protection face aux malveillances venues du réseau.
## Dix gestes, du magasin à la revente
La fiche aligne dix bonnes pratiques numérotées. Six d'entre elles se laissent ranger selon le moment de la vie de l'objet :
MomentGeste conseillé par la ficheCe qu'il vise à éviterAvant l'achatVérifier que l'objet ne présente pas de failles de sécurité connuesLa prise de contrôle de l'objet ou une brèche dans l'environnement numériquePremière utilisationChanger le mot de passe généré par défautUn code trop court, facile à deviner ou publiquement connuUsage courantInstaller sans tarder les mises à jour de l'objet et de ses applicationsL'exploitation d'une faille pour prendre le contrôle ou dérober des informationsRéseau domestiqueSécuriser la connexion Wi-Fi avec un mot de passe solideLa prise de contrôle à distance des objetsEntre appareilsN'autoriser l'appairage qu'aux appareils nécessairesLe piratage par un appareil associé sans nécessitéFin d'usageEffacer les données, supprimer le compte en ligne et réinitialiser en configuration usineL'accès aux informations personnelles, dont le mot de passe Wi-Fi
Plusieurs de ces conseils se recoupent avec l'hygiène numérique ordinaire. La fiche demande ainsi un mot de passe différent de ceux des autres comptes pour le compte en ligne associé à l'objet, règle développée dans sa [page consacrée à la gestion des mots de passe](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/bonnes-pratiques/mots-de-passe). Elle conseille aussi de ne communiquer que le minimum d'informations lors de la création de ce compte, en donnant par exemple une date de naissance aléatoire ou un âge approximatif, d'utiliser le plus souvent des pseudonymes plutôt que ses nom et prénom, et de créer si possible une adresse de messagerie réservée aux objets connectés.
Deux recommandations sortent du lot parce qu'elles touchent au réseau et non à l'objet. La fiche demande de vérifier que la connexion Wi-Fi utilise le chiffrement WPA2, de mettre à jour les appareils raccordés aux objets connectés, téléphone, tablette ou ordinateur, et de redémarrer régulièrement la box Internet, puisque c'est généralement par elle que ces objets rejoignent le réseau. Le WPA2 n'est toutefois plus le dernier état de l'art : la Wi-Fi Alliance a lancé le [25 juin 2018 la certification du WPA3](https://www.wi-fi.org/news-events/newsroom/wi-fi-alliance-introduces-wi-fi-certified-wpa3-security), qui durcit l'authentification et rend obligatoires les trames de gestion protégées. Quand c'est possible, elle recommande aussi de faire fonctionner les objets connectés sur un réseau distinct des autres équipements informatiques. Pour illustrer la limitation des appairages, le dispositif prend un exemple domestique : la poupée connectée d'un enfant n'a pas forcément besoin de dialoguer avec le réfrigérateur.
## Ce que ces conseils ne règlent pas
Trois limites méritent d'être posées. La première tient au statut du document : la fiche énumère des précautions, elle ne cite ni chiffre de sinistralité ni texte de loi, et ne hiérarchise pas les dix conseils entre eux. La deuxième tient à la part qui échappe au propriétaire. Vérifier avant l'achat qu'un objet ne présente pas de faille connue suppose que l'information existe et soit publique, et l'ANSSI note de son côté que la mise à jour logicielle est parfois limitée par le matériel lui-même.
La troisième est la plus concrète. Les deux cas cités par la fiche sont datés de 2018 et 2019, sans source ni pays, et le dispositif ne dit pas combien de demandes d'assistance portent aujourd'hui sur ces objets. La question suivante est celle des réseaux conçus pour résister par construction, et notre article de fond sur [l'Internet quantique européen et la promesse d'un réseau ultrasécurisé](https://lepointdujour.fr/sciences/1518-l-europe-en-tete-de-l-internet-quantique-vers-un-reseau-ultra-securise-28042025/) montre dans quelle direction travaille la recherche. Du côté des atteintes visant les sites eux-mêmes, notre article récent sur [la défiguration de site Internet et la conduite à tenir](https://lepointdujour.fr/sciences/8427-defiguration-site-internet-parade/) complète le tableau. Pour suivre les prochaines mises à jour du dispositif national, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple de retrouver nos articles.
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