---
# Le nuage d'Arsia Mons se formerait sans poussière, un cas jamais vu dans une atmosphère planétaire

**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/8435-nuage-arsia-mons-nucleation-homogene/
Date: 2026-10-11
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Long de 1 800 kilomètres certains matins, le nuage d'Arsia Mons n'a été reproduit par le modèle qu'en y ajoutant la nucléation homogène.
Categories: Sciences et espace
Tags: Planète Mars
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/02-nuage-arsia-mons-nucleation-homogene-hero-scaled.jpg
---

Reste à comprendre pourquoi un processus que les manuels rangent du côté de la théorie se déclencherait chaque matin au-dessus d'un volcan martien.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [la falaise de Thyles Rupes photographiée par Mars Express près du pôle Sud](https://lepointdujour.fr/sciences/7602-mars-express-thyles-rupes/).

## Le nuage d'Arsia Mons n'apparaissait pas dans les simulations

L'Agence spatiale européenne a annoncé le 7 octobre 2026 que des scientifiques, en combinant les observations de la sonde Mars Express et un modèle météorologique de la planète, ont trouvé qu'[une physique très exotique pourrait être à l'œuvre derrière le nuage le plus curieux de Mars](https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/Mars_Express/Mars_s_oddest_cloud_may_be_even_odder_than_we_thought). L'agence emploie le conditionnel, et il est utile de le garder.

Le phénomène porte un nom et un sigle : Arsia Mons Elongated Cloud, AMEC. Selon l'agence, Mars Express l'a révélé en 2018 et l'a observé à de nombreuses reprises depuis. Les chercheurs en avaient fait un nuage orographique, défini par l'agence comme un type de nuage qu'on observe aussi sur Terre, formé quand le vent s'écoule le long du relief accidenté d'un volcan ou d'une montagne.

Le problème est venu de la modélisation. Les simulations ne reproduisaient tout simplement pas ce que montrent les images. Jorge Hernández-Bernal, du Laboratoire de météorologie dynamique rattaché au CNRS et à Sorbonne Université, à Paris, premier auteur de l'étude, explique que l'équipe a dû introduire une physique qui figure dans les manuels mais y est traitée comme théorique, et dont on pense d'ordinaire qu'elle ne se produit pas dans la nature. Une fois cette physique intégrée aux simulations, dit-il, le nuage est apparu comme espéré.

## Une traîne de glace d'eau qui se refait chaque matin

La description publiée par l'agence tient en quelques traits. Au printemps et en été de l'hémisphère sud martien, pendant la saison des poussières, cette écharpe blanche de glace d'eau se forme sous le vent du volcan Arsia Mons, haut de 20 kilomètres. Elle naît, grandit, puis s'efface au rythme d'une journée, en s'étirant jusqu'à **1 800 kilomètres**, près de deux fois la longueur du Royaume-Uni selon l'agence, avant de s'évaporer rapidement. Le cycle se répète chaque matin pendant plusieurs mois.

Les valeurs publiées autour de ce nuage se résument ainsi :

GrandeurValeur publiéeCe qu'elle désigneHauteur d'Arsia Mons20 kilomètresLe volcan sous le vent duquel le nuage se formeExtension maximale du nuagejusqu'à 1 800 kilomètresÉtirement avant évaporationLégende ESA du cliché HRSC du 24 juin 2024environ 980 kilomètresCliché de la caméra HRSC de Mars ExpressRefroidissement dans l'onde30 degrés en 10 minutesChute de température qui précède la glaceHumidité relative nécessaireplus de 100 000 fois celle de la vie quotidienne sur TerreCondition de la nucléation homogèneRévélation du nuage AMEC2018Formulation de l'agence ; le nuage avait déjà été observé en 2009, 2012 et 2015
[L'image publiée avec l'annonce](https://www.esa.int/ESA_Multimedia/Images/2026/10/Mars_Express_views_the_most_striking_cloud_on_Mars) couvre une région d'un peu moins de 1 250 kilomètres de large, soit une surface de 780 000 kilomètres carrés. C'est la première fois que l'agence diffuse une vue du nuage prise par la caméra haute résolution HRSC.

## Deux façons de fabriquer un cristal de glace

Pour comprendre l'écart, l'agence revient sur la manière ordinaire dont naissent les nuages. Sur Terre comme ailleurs, ils se forment quand de l'air humide se refroidit et que la vapeur d'eau se condense en gouttelettes ou en cristaux de glace. Cela passe d'habitude par ce que l'on appelle la nucléation hétérogène, qui exige la présence de petites particules auxquelles la vapeur vient s'accrocher pour se condenser : du sel, du pollen, de la suie ou de la poussière. Sur Mars, on pense qu'il s'agit de poussière.

![Vue oblique de la planète Mars montrant une longue traînée blanche étirée depuis un volcan, avec son ombre portée au sol](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/02-nuage-arsia-mons-nucleation-homogene-photo2.jpg)Le nuage allongé d'Arsia Mons vu par Mars Express, à partir de données de l'orbite 18627 du 21 septembre 2018. Crédit : ESA/DLR/FU Berlin, traitement J. Cowart (CC BY-SA 3.0 IGO)
Pour l'AMEC, poursuit Jorge Hernández-Bernal, il semble que la formation du nuage se passe de ces particules. La vapeur d'eau se transforme directement en particules de glace, sans étape intermédiaire. Il compare la scène à des gouttes de condensation qui apparaîtraient au milieu d'une pièce plutôt que sur une vitre. C'est ce que les physiciens nomment la **nucléation homogène**, et le chercheur précise qu'on ne l'avait jamais vue à l'œuvre dans une atmosphère planétaire.

## Trente degrés perdus en dix minutes au-dessus du volcan

Le mécanisme proposé repose sur une conjonction locale. Le nuage occupe une position singulière, où l'atmosphère ténue de Mars et la hauteur du volcan voisin se combinent pour créer les conditions de ce processus rare. Quand les vents contournent Arsia Mons, la masse du volcan déclenche une onde puissante qui soulève de plusieurs kilomètres, en quelques minutes, des paquets d'air humide.

Ce soulèvement refroidit l'atmosphère très vite : la température chute de 30 degrés en 10 minutes et l'humidité relative grimpe brutalement. La vapeur d'eau gèle alors spontanément en particules de nuage. L'agence rappelle que des scientifiques avaient envisagé ce processus dans les hautes atmosphères de la Terre et de Vénus, sans jamais l'y repérer, sa rareté tenant aux circonstances exceptionnelles qu'il réclame. Il ajoute que ces conditions n'avaient pas été observées sur Mars jusqu'ici, mais que le résultat suggère fortement que l'humidité de la planète peut bien atteindre ces niveaux extrêmes.

## Ce que la sonde apporte, et ce que le modèle ne rend pas encore

La modélisation s'appuie sur les données de trois caméras embarquées sur Mars Express : la caméra de surveillance visuelle, la caméra stéréo haute résolution HRSC et l'instrument OMEGA. L'agence souligne que la sonde peut photographier de larges portions de la surface martienne en haute résolution, et qu'elle fait partie des rares engins en orbite autour de Mars, avec l'orbiteur européen ExoMars Trace Gas Orbiter, capables d'observer le matin, au moment où le nuage est présent.

Colin Wilson, responsable scientifique de la mission Mars Express à l'ESA, insiste sur un autre atout : la sonde suit l'évolution du nuage à l'échelle de quelques heures, ce qui donne une vue sans équivalent des phénomènes brefs de la planète. Il y voit un accomplissement pour la mission, qui a découvert le nuage, l'a suivi pendant des années et aide désormais à comprendre sa formation. La question suivante est celle du climat martien dans son ensemble, et notre article de fond sur [le passé climatique de Mars, entre pluie et chutes de neige](https://lepointdujour.fr/sciences/1666-a-la-decouverte-du-passe-climatique-de-mars-pluie-et-chutes-de-neige-intenses-07052025/) rappelle que l'eau y a laissé d'autres traces.

Le premier auteur pose lui-même la limite : certains aspects du nuage modélisé ne correspondent pas exactement aux observations. Il juge tout de même le résultat remarquable, en rappelant que l'atmosphère de Mars est bien moins documentée que celle de la Terre. L'étude, intitulée Homogeneous ice Nucleation from Water Vapour Suggested by Elongated Clouds on Mars, est parue dans Nature Geoscience sous le numéro d'identification 10.1038/s41561-026-02089-9. L'agence en tire une morale de méthode : il ne faut pas écarter les processus improbables quand on explore les planètes de l'Univers, exoplanètes comprises. Pour suivre les prochaines images de la sonde, à retrouver dans [notre dossier consacré à la planète Mars](https://lepointdujour.fr/tag/mars/), ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus direct, aux côtés de nos publications récentes comme celle sur [le rover d'essai piloté depuis Turin dans le désert de Tabernas](https://lepointdujour.fr/sciences/8343-rover-rosalind-franklin-desert-tabernas/).

---

## Categories

- Sciences et espace

---

## Navigation

- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)

## Tags

- Planète Mars

---

## Footer Links

- [Accueil](https://lepointdujour.fr/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Facebook](https://www.facebook.com/profile.php?id=61566138330419)
- [Instagram](https://www.instagram.com/lepointdujour.fr/)
- [Threads](https://www.threads.com/@lepointdujour.fr)
- [Nous contacter](https://lepointdujour.fr/contact/)
- [Plan du site](/sitemap/)
- [Politique de rédaction](/redaction/)
- [Politique de confidentialité](https://lepointdujour.fr/politique-de-confidentialite/)
- [Mentions légales](/mentions-legales/)
- [Gestion des cookies](https://lepointdujour.fr/gestion-des-cookies/)
- [Tout voir](/topics/)
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie et innovation](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)
- [En savoir plus sur ces finalités](https://cookiedatabase.org/tcf/purposes/)