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# En 1933, l’Europe voyait 500 Draconides par minute, mais pour leur pic sans Lune du 9 octobre 2026, l’IMO n’en attend que 5 par heure

**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/8353-draconides-etoiles-filantes-octobre/
Date: 2026-10-08
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Les Draconides culminent le 9 octobre 2026 vers 1 h UT sans Lune, avec un taux attendu de 5 par heure, loin des 500 par minute vus en Europe en 1933.
Categories: Sciences et espace
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/draconides-etoiles-filantes-octobre-scaled.jpg
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D’une comète repérée à Nice aux tempêtes de 1933 et 1946, les chiffres publiés par l’IMO, le Laboratoire Temps Espace (LTE) de l’Observatoire de Paris et la NASA permettent de savoir ce que l’on peut réellement espérer voir cette année.

Le 9 octobre 1933, entre 20 h 03 et 20 h 55, une plaque photographique pointée sur l’étoile Véga enregistre 25 traînées lumineuses dans un champ de 15 degrés sur 11. Le cliché est signé de l’astronome Ferdinand Quénisset et paraît dans la revue L’Astronomie, au sein d’un article consacré à la pluie d’étoiles filantes de ce soir-là.

Au plus fort de l’averse, selon la NASA, on comptait en Europe 500 météores par minute. Ces mêmes Draconides reviennent chaque début octobre, mais la plupart des années, l’essaim reste faible.

## Draconides 2026 : un maximum le 9 octobre, vers 1 h en temps universel

Le [calendrier 2026 de l’Organisation internationale des météores (IMO)](https://www.imo.net/resources/calendar/) place l’activité des Draconides du 6 au 10 octobre, avec un maximum le 9 octobre à 1 h en temps universel (UT). La lettre d’information d’octobre du LTE, laboratoire de l’Observatoire de Paris issu en 2025 de la fusion de l’IMCCE et du SYRTE, annonce de son côté ce maximum vers 3 h du matin.

Les données clés de l’essaim, telles que publiées par l’IMO :

- période d’activité : du 6 au 10 octobre 2026 ;

- maximum : 9 octobre, 1 h UT, à la longitude solaire de 195,4 degrés ;

- radiant : ascension droite 263 degrés, déclinaison +56 degrés ;

- vitesse d’entrée dans l’atmosphère : 20 km/s ;

- taux horaire zénithal (THZ) : 5, suivi d’un point d’interrogation.

Le THZ correspond au nombre de météores visibles dans des conditions parfaites, rappelle le LTE. Avec une valeur de 5, l’essaim s’annonce modeste, et l’IMO précise que pour le retour de 2026, aucune prévision ne fait état de taux renforcés. Selon la NASA, les traînées semblent partir de la constellation du Dragon, d’où le nom de l’essaim.

## Une comète découverte à l’observatoire de Nice en 1900

Ces étoiles filantes sont des poussières laissées par la comète 21P/Giacobini-Zinner. D’après la [fiche de la NASA consacrée à la comète](https://science.nasa.gov/solar-system/comets/21p-giacobini-zinner/), elle a été découverte le 20 décembre 1900 par Michel Giacobini à l’observatoire de Nice, puis retrouvée par Ernst Zinner le 23 octobre 1913, d’où son double nom.

Le noyau est petit : 2 kilomètres de diamètre selon l’agence américaine, qui indique une période orbitale d’environ 6,6 ans. À chaque retour dans le Système solaire intérieur, il projette de la glace et de la roche dans l’espace, et ce flot de débris produit l’essaim annuel des Draconides. Le dernier passage de la comète au périhélie, le point de son orbite le plus proche du Soleil, date du 25 mars 2025 selon l’IMO.

La comète a aussi sa place dans l’histoire spatiale. En 1985, la mission ICE, un satellite réaffecté qui portait auparavant le nom d’ISEE-3, a été envoyée recueillir des données sur elle. La NASA présente ICE comme le premier engin spatial à avoir survolé une comète.

## 1933, 1946, 2011 : les années où l’essaim s’est emballé

La NASA parle de tempête de météores lorsqu’un observateur en voit au moins mille par heure. Les Draconides l’ont franchi en 1933 et en 1946. [Une étude parue en 2019 dans la revue Icarus](https://arxiv.org/abs/1904.12185), menée par A. Egal et ses collègues de l’université Western Ontario, au Canada, et du bureau de la NASA chargé de l’environnement météoroïdique, recense deux tempêtes observées à l’œil nu et aux instruments optiques, en 1933 et 1946, ainsi que des sursauts plus modérés en 1926, 1998 et 2011.

![Plaque photographique de 1933 montrant des traînées numérotées de Draconides autour de l’étoile Véga](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/draconides-etoiles-filantes-octobre-2.jpg)La pluie de Draconides du 9 octobre 1933 : 25 traînées enregistrées entre 20 h 03 et 20 h 55 dans un champ centré sur Véga. Crédit : Ferdinand Quénisset, domaine public, via Wikimedia Commons.
Les principaux épisodes documentés :

- 1933 : pic le 9 octobre vers 20 h 15 UT, pour une durée totale d’environ 4 h 30, et 500 météores par minute vus en Europe selon la NASA ;

- 1946 : pic le 10 octobre entre 3 h 40 et 3 h 50 UT, observé surtout en Europe et en Amérique du Nord, avec 50 à 100 météores par minute aux États-Unis selon la NASA ;

- 1998 : un THZ de 700 à 1 000 le 8 octobre, avec un pic vers 13 h 10 UT ;

- 2011 : un sursaut prévu par les modèles, observé le 8 octobre avec un pic entre 20 h et 20 h 15 UT et un THZ estimé entre 300 et 560 ;

- 2012 : une tempête détectée au radar le 8 octobre, d’un THZ équivalent de 9 000, que l’IMO qualifie d’inattendue.

Pour le retour de 2018, l’IMO décrit un THZ d’environ 150, maintenu pendant près de 4 heures. Dans l’autre sens, en 1972, alors qu’un fort sursaut, voire une tempête, avait été annoncé, les observateurs n’ont relevé qu’une très faible activité, rapporte l’étude d’Icarus.

Pour comparer ces valeurs, un tableau récapitulatif :

IndicateurValeurSourceTHZ attendu en 20265 (avec point d’interrogation)IMOVitesse d’entrée des météores20 km/sIMO, LTETaux au pic de 1933500 par minute en EuropeNASATHZ du sursaut de 2011300 à 560Icarus, 2019THZ du retour de 2018environ 150IMONouvelle Lune10 octobre 2026, 15 h 50 UTNASA

## Une nuit sans Lune et un radiant qui ne se couche pas

Les conditions de 2026 sont favorables. La nouvelle Lune tombe le 10 octobre à 15 h 50 UT, d’après les tables de phases lunaires de la NASA. L’IMO parle de conditions d’observation parfaitement dépourvues de Lune sur toute la période d’activité, et le LTE d’une absence totale de Lune qui offrira des conditions idéales.

Autre atout, le radiant, ce point du ciel d’où semblent jaillir les traînées, est circumpolaire au nord d’environ 45 degrés de latitude, selon l’IMO. Pour le [LTE, dans sa lettre d’octobre 2026](https://lettre-info-lte.obspm.fr/archives/238), c’est le cas aux latitudes de la France métropolitaine, ce qui permet une observation continue tout au long de la nuit.

Les Draconides se distinguent enfin par leur lenteur : l’IMO les décrit comme exceptionnellement lentes, à 20 km/s. Dans le même calendrier, les [Orionides, issues de la comète de Halley et attendues le 21 octobre](https://lepointdujour.fr/sciences/7917-orionides-etoiles-filantes-halley/), entrent dans l’atmosphère à 66 km/s.

Ce que retiennent les deux organismes pour préparer la soirée :

- viser la nuit du 8 au 9 octobre, autour du maximum prévu à 1 h UT ;

- surveiller la journée qui l’entoure : l’IMO conseille de prêter attention à une période d’environ 24 heures autour de l’heure du passage, car d’anciennes traînées de poussière pourraient causer une activité détectable ;

- noter ses observations : l’IMO rappelle que les comptages visuels, la vidéo, la photographie et la radio fournissent des données utiles sur les essaims.

## Ce que les prévisions ne peuvent pas garantir

Le chiffre de 5 météores par heure est entouré de prudence, puisque l’IMO l’accompagne d’un point d’interrogation dans son calendrier. Les estimations historiques sont tout aussi incertaines : pour la tempête de 1933, l’étude d’Icarus cite des THZ allant d’environ 5 400 à 10 000, et même 30 000 selon les auteurs, et pour 1946, de 2 000 à 10 000.

Les modèles numériques ont progressé. Celui décrit dans Icarus reproduit les principaux sursauts passés avec une heure de pic juste à une demi-heure près, mais une intensité correcte seulement à un facteur 2 près pour les pluies visuelles, et 3 pour les sursauts radio. Les prévisions de cette étude portaient sur des sursauts radio en 2019, 2025 et 2029, pas sur 2026.

Enfin, un THZ décrit des conditions parfaites, rappelle le LTE, qui résume ainsi la réputation de l’essaim : les Draconides sont historiquement connues pour leurs sursauts imprévisibles et parfois spectaculaires.

## Questions fréquentes

### Quand observer les Draconides en 2026 ?

L’essaim est actif du 6 au 10 octobre selon l’IMO. Le maximum est attendu le 9 octobre à 1 h en temps universel, vers 3 h du matin selon le LTE. La nuit du 8 au 9 octobre est donc la plus indiquée.

### Combien d’étoiles filantes peut-on espérer ?

L’IMO retient un taux horaire zénithal de 5, assorti d’un point d’interrogation. Ce chiffre suppose des conditions parfaites. Aucune prévision ne fait état de taux renforcés pour 2026.

### La Lune va-t-elle gêner l’observation ?

Non. La nouvelle Lune tombe le 10 octobre 2026 à 15 h 50 UT selon la NASA. L’IMO et le LTE décrivent tous deux une période d’activité entièrement dépourvue de Lune.

### Où regarder dans le ciel ?

Les traînées semblent partir de la constellation du Dragon, selon la NASA. Le radiant est circumpolaire aux latitudes de la France métropolitaine, indique le LTE, ce qui permet de l’observer toute la nuit.

### D’où viennent les Draconides ?

Elles proviennent des débris de la comète 21P/Giacobini-Zinner, découverte à Nice le 20 décembre 1900 par Michel Giacobini. Son orbite dure environ 6,6 ans et son dernier passage au plus près du Soleil date du 25 mars 2025.

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