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# Le virus informatique recule à la 7e place des demandes d'aide des particuliers en France, alors que son volume progresse encore de 8 %
**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/8348-virus-informatique-vecteurs-infection/
Date: 2026-10-09
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Dans le rapport d'activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, l'assistance pour virus informatique gagne 8 % en volume mais perd deux rangs.
Categories: Sciences et espace
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/03-virus-informatique-vecteurs-infection-scaled.jpg
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Reste à comprendre pourquoi une menace qui progresse peut malgré tout descendre dans un classement, et ce que ce décalage dit des portes d'entrée réellement empruntées.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [les rançongiciels et la sauvegarde débranchée présentée comme première parade](https://lepointdujour.fr/sciences/8182-rancongiciel-sauvegarde-deconnectee-parade/).
## Le virus informatique passe de la cinquième à la septième place des demandes d'assistance
Le dispositif public Cybermalveillance.gouv.fr publie chaque année le classement des menaces pour lesquelles les victimes viennent chercher de l'aide. Dans la synthèse consacrée aux particuliers, mise en ligne le 22 avril 2026 et mise à jour le 6 mai, la formule est précise : bien qu'en légère hausse en termes de volume, avec **8 pour cent de plus qu'en 2024**, l'assistance pour virus informatique passe de la 5e à la 7e place.
Un virus informatique, selon la définition retenue par le dispositif, est un programme malveillant dont l'objectif est de perturber le fonctionnement normal d'un système informatique à l'insu de son propriétaire. Le mot recouvre donc une famille très large, du programme qui ralentit un ordinateur à celui qui chiffre les fichiers pour réclamer une rançon.
Le cadre général situe l'ensemble. Cybermalveillance.gouv.fr indique avoir assisté plus de 500 000 victimes en 2025, soit 20 pour cent de plus que l'année précédente, et recense 51 formes de cybermalveillance prises en charge par son assistant de diagnostic en ligne, le service 17Cyber.
## Un recul de rang qui n'est pas un recul de volume
Les deux informations semblent se contredire, sans le faire. Un classement ordonne des menaces les unes par rapport aux autres : une menace peut croître et perdre des places si d'autres croissent plus vite. C'est exactement ce qui s'est produit en 2025.
Plusieurs des voies d'infection citées par le dispositif public supposent un geste de l'utilisateur. Crédit : Shixart1985, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
Six menaces devancent désormais le virus informatique dans le classement des particuliers. L'hameçonnage, première d'entre elles, concentre près de 33 pour cent des demandes d'assistance des particuliers, en hausse de 71 pour cent sur un an. Le piratage de compte suit avec plus de 11 pour cent, en légère baisse de 2 pour cent. Les violations de données arrivent au troisième rang, avec 6,6 pour cent des assistances et un doublement des demandes. L'arnaque au faux support technique occupe la quatrième place, avec 5,9 pour cent et 39 pour cent de progression.
Le virus, lui, n'a pas le même profil selon le public concerné. Les deux synthèses publiées par le dispositif, l'une pour les particuliers, l'autre pour les professionnels, donnent trois images distinctes :
Public concernéPlace ou part des demandes d'assistance en 2025Évolution sur un anParticuliers7e place, contre la 5e un an plus tôtHausse de 8 pour cent en volumeEntreprises et associations3,4 pour cent des assistancesÉvolution non publiéeCollectivités et administrations4,8 pour cent des assistancesHausse de 12 pour cent
Ces trois lignes ne se comparent pas directement : deux expriment une part, la première un rang. Elles indiquent en revanche la même tendance : le virus reste présent partout, sans dominer nulle part.
## Par où le virus entre, selon la fiche officielle
La fiche réflexe consacrée au sujet, publiée le 6 mai 2021 et mise à jour le 17 mars 2026, cite plusieurs voies d'infection, sans les hiérarchiser ni prétendre à l'exhaustivité : l'ouverture d'un message, courriel, message multimédia ou conversation en ligne, d'une pièce jointe ou d'un clic sur un lien frauduleux, la navigation sur un site malveillant, un appareil ou un logiciel non mis à jour, l'absence d'antivirus et l'installation d'une application piratée.
La lecture de cette liste est instructive. **Plusieurs de ces voies citées supposent un geste de l'utilisateur**, et non une intrusion purement technique. Les trois premières citées, l'ouverture d'un message, la pièce jointe et le lien frauduleux, passent d'ailleurs par les mêmes canaux que l'hameçonnage, que le dispositif compte pourtant à part dans son classement.
Les risques listés par la fiche suivent la même logique de chaîne. Un virus peut servir à prendre le contrôle du système, à espionner l'utilisateur, à voler des données personnelles ou confidentielles, à attaquer d'autres appareils depuis celui qui est infecté, ou à chiffrer des fichiers pour exiger une rançon. Les risques énumérés décrivent donc moins un point d'arrivée qu'un point de départ.
## Ce que la loi punit, et de combien
La même fiche rappelle les qualifications pénales applicables, ce qui permet de situer la gravité telle que le législateur l'a fixée.
Les atteintes à un système de traitement automatisé de données, définies aux articles 323-1 à 323-7 du code pénal, couvrent l'accès frauduleux, la suppression, la modification et l'extraction de données, et l'altération du fonctionnement d'un système. Les peines encourues citées par le dispositif vont de trois à sept ans d'emprisonnement et de 100 000 à 300 000 euros d'amende selon les cas. Lorsque l'attaque prend la forme d'une demande de rançon, c'est l'extorsion de l'article 312-1 qui s'applique, punie de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende. L'usurpation d'identité, à l'article 226-4-1, est punie d'un an et de 15 000 euros d'amende.
Ces montants ne sont pas des sanctions prononcées mais des maximums prévus par les textes. La question suivante est celle des infrastructures censées rendre les échanges moins vulnérables par construction, et notre article de fond sur [les travaux européens sur un internet quantique](https://lepointdujour.fr/sciences/1518-l-europe-en-tete-de-l-internet-quantique-vers-un-reseau-ultra-securise-28042025/) montre que la réponse technique se joue sur un tout autre pas de temps que celle du droit.
## Les gestes que l'État met en avant
Les mesures de prévention citées par la fiche tiennent en quelques lignes et ne coûtent rien : utiliser un antivirus à jour, maintenir le système d'exploitation et les logiciels à jour, éviter les logiciels et applications piratés, ne pas ouvrir les messages suspects, éviter les sites non sûrs, ne pas naviguer avec un compte administrateur, sauvegarder régulièrement, employer des mots de passe complexes et se méfier des supports amovibles d'origine inconnue.
La page des dix mesures essentielles du dispositif, publiée le 6 janvier 2021 et mise à jour le 5 octobre 2026, reprend plusieurs de ces points sous forme de consignes courtes. Sa dixième mesure est intitulée Évitez les réseaux WiFi publics ou inconnus, et recommande, en mobilité, de privilégier la connexion de son abonnement téléphonique aux réseaux WiFi publics, décrits comme souvent mal sécurisés et susceptibles d'être contrôlés ou usurpés.
En cas d'infection avérée, la fiche décrit une marche à suivre en douze étapes ordonnées : cesser les opérations sensibles, déconnecter l'équipement infecté d'Internet ou du réseau, alerter en entreprise son service ou prestataire informatique, identifier la source de l'infection, en évaluer l'impact et l'étendue, conserver les preuves, déposer plainte, lancer une analyse antivirale complète, changer les mots de passe, restaurer le système, réinitialiser ou réinstaller complètement l'appareil, et se faire assister au besoin par des professionnels qualifiés.
## Un classement qui mesure des demandes, pas des infections
Trois réserves s'imposent à la lecture de ces chiffres. La première est la plus importante : les données publiées comptent des recherches et des demandes d'assistance adressées à une plateforme publique, pas des infections constatées. Une personne qui nettoie son ordinateur seule, ou qui ne se rend compte de rien, n'apparaît nulle part.
La deuxième tient aux frontières entre catégories. Un rançongiciel est aussi un programme malveillant, et le dispositif le traite comme une menace distincte. Le partage entre les rubriques dépend donc de la manière dont la victime décrit sa situation au moment où elle demande de l'aide, ce qui introduit une part d'appréciation.
La troisième porte sur l'interprétation du rang. Descendre de la cinquième à la septième place ne signifie pas que le risque diminue, mais que d'autres procédés se sont développés plus vite, au premier rang desquels ceux qui s'adressent à la personne plutôt qu'à la machine, comme [les appels en absence laissés par des numéros surtaxés](https://lepointdujour.fr/sciences/8238-spam-telephonique-numero-surtaxe/) ou [l'alerte de faux support technique qui bloque un écran](https://lepointdujour.fr/sciences/7977-faux-support-technique-parade/). Les chiffres cités ici proviennent de [la synthèse 2025 pour les particuliers](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/actualites/top-10-cybermalveillances-particuliers-2025), les définitions et les peines de [la fiche réflexe sur le virus informatique](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/fiches-reflexes/virus-informatiques/6a7d13d6-ff13-4289-b24a-37e52eb7526a), et les consignes de prévention de [la page des dix mesures essentielles](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/bonnes-pratiques/10-mesures-essentielles-assurer-securite-numerique). Pour retrouver nos prochaines analyses du classement annuel, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le chemin le plus court.
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