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# La Charte espace et catastrophes majeures, activée plus de 1 052 fois depuis 2000, a reçu le World Space Award le 5 octobre à Antalya
**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/8282-charte-espace-catastrophes-activations/
Date: 2026-10-07
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Le prix World Space Award 2026 de la Fédération internationale d'astronautique récompense un dispositif fondé par le CNES et l'ESA en 2000.
Categories: Sciences et espace
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/01-charte-espace-catastrophes-activations-une-scaled.jpg
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Reste à savoir ce qui se passe entre le moment où un pays demande l'activation de ce dispositif et celui où une carte des dégâts arrive entre les mains des secours.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [la constellation italienne IRIDE et ses 39 satellites d'observation de la Terre](https://lepointdujour.fr/sciences/8178-iride-eaglet-constellation-italienne/).
## La Charte espace et catastrophes majeures reçoit le World Space Award 2026
Le CNES a annoncé le 5 octobre 2026 que la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures » s'était vu décerner [le prix World Space Award 2026 de la Fédération internationale d'astronautique](https://cnes.fr/communiques/charte-internationale-espace-catastrophes-majeures-recoit-prix-iaf-world-space-award), l'IAF. Ce prix d'équipe a été remis le même jour, lors de la cérémonie d'ouverture du Congrès international d'astronautique, à Antalya, en Turquie.
François Jacq, président du CNES, et Emilie Bronner, membre CNES du secrétariat exécutif de la Charte, ont reçu la distinction avec les autres agences membres, des mains du président de l'IAF, de son directeur exécutif et du vice-président chargé des distinctions et récompenses.
Le communiqué précise ce que récompense ce prix : **plus de 26 années de coopération internationale** destinées à mettre les ressources spatiales au service des interventions après catastrophe. Depuis sa mise en service en 2000, la Charte a été activée plus de 1 052 fois dans plus de 146 pays. Elle fournit gratuitement aux autorités de gestion des catastrophes des données satellitaires et les informations qui en sont dérivées. Le CNES et l'ESA l'ont fondée en 2000 et en restent membres actifs.
## Qui peut la déclencher, et ce qui se passe ensuite
La Charte ne s'adresse pas au public. Ses utilisateurs autorisés sont les organismes de protection civile, de sauvetage, de défense ou de sécurité des pays, indique [la page projet du CNES consacrée au dispositif](https://cnes.fr/projets/charte-espace-catastrophes). Le secrétariat de la Charte ajoute, sur [sa propre page de présentation](https://disasterscharter.org/web/guest/about-the-charter), que le service fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et qu'il ne coûte rien à celui qui le sollicite.
Crue du Rhin au Fischmarkt, à Cologne, le 3 février 2021. Crédit : Raimond Spekking, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
La chaîne qui suit est courte. Les membres assurent une veille permanente. Après avoir authentifié la demande d'activation et vérifié sa pertinence, les opérateurs de la Charte demandent aux agences la programmation des satellites les mieux adaptés au type de catastrophe survenue. Programmer un satellite signifie lui demander d'acquérir des images d'une zone précise lors d'un prochain passage.
Vient ensuite la production de cartes dites à valeur ajoutée. Le CNES les décrit comme des documents qui montrent les dégâts sur le terrain et qui sont directement exploitables, sans nécessiter de connaissances particulières en imagerie spatiale. Le secrétariat de la Charte indique que ces produits peuvent parvenir au demandeur en quelques heures ou en quelques jours.
La flotte mobilisable donne l'ordre de grandeur du dispositif. La page projet du CNES, mise à jour le 9 septembre 2025, recense **17 institutions membres, dont 7 fournisseurs de données, et 270 satellites mobilisables**. Le CNES et l'ESA y figurent aux côtés de l'ABAE, de l'ASC, de la CNSA, de la CONAE, du DLR, d'EUMETSAT, de l'INPE, de l'ISRO, de la JAXA, du KARI, de la NOAA, de Roscosmos, de l'UAESA, de l'UKSA et de l'USGS.
## Deux compteurs qui ne portent pas sur le même objet
Le communiqué du 5 octobre 2026 parle de plus de 1 052 activations dans plus de 146 pays. La page projet du CNES, plus ancienne, affiche de son côté 859 catastrophes couvertes et plus de 134 pays aidés. Les deux séries ne se lisent pas l'une à la place de l'autre : elles n'ont ni la même date d'arrêt ni le même objet, puisque l'une compte des activations et l'autre des catastrophes.
Le CNES donne aussi une répartition par type d'événement. Depuis novembre 2000 et à la date du 3 février 2025, la Charte avait été activée près de mille fois dans le monde entier, **pour moitié à la suite de phénomènes d'inondation** et pour environ 25 % pour des catastrophes liées à des phénomènes météorologiques : tempêtes, ouragans, typhons et cyclones, feux après sécheresse, glissements de terrain après pluies diluviennes ou épisodes neigeux extrêmes. Aucun continent n'est épargné et près de la moitié des pays du monde ont déjà sollicité son aide.
## De la conférence de Vienne au congrès d'Antalya
Les étapes publiées par le CNES résument ce parcours :
DateÉtapePrécisionJuillet 1999Idée lancée à la conférence des Nations unies UNISPACE III, à ViennePar le CNES et l'ESASeptembre 2000Création de la Charte internationaleL'Agence spatiale canadienne adhère le 20 octobre 20001er novembre 2000Démarrage opérationnelPremière activation le même mois, après un glissement de terrain en Slovénie2012Accès universelTous les pays du monde peuvent devenir utilisateur autorisé2017Prix William Thomas PecoraDistinction remise à la Charte5 octobre 2026Prix World Space Award de l'IAFRemis à Antalya, à l'ouverture du congrès IAC
Parmi ces étapes, celle de 2012 est celle qui change le périmètre : l'accès universel permet à tous les pays du monde de devenir utilisateur autorisé à déclencher la Charte, selon la formulation du CNES. La Charte situe cette ouverture en 2012 dans ses dates clés.
## Ce que la France apporte au dispositif
Côté français, les satellites SPOT, Pléiades et Pléiades Neo sont présentés par le CNES comme les fers de lance de la Charte. L'agence indique que, ces dernières années, **environ 30 % des cartes de dégâts post-catastrophes ont été produites à partir des données acquises par les satellites Pléiades**. Le service régional de traitement d'images et de télédétection ICube-SERTIT, partenaire du CNES et spécialisé en cartographie rapide depuis vingt ans, réalise les produits à valeur ajoutée à partir des images prises sur le lieu des catastrophes : estimation des dégâts, intensité des phénomènes, rassemblements spontanés de population, praticabilité des réseaux routiers.
La présidence de la Charte est tournante entre ses membres et couvre la coordination opérationnelle des activations ainsi que celle des organes de gouvernance. La France l'a assurée pour la septième fois d'octobre 2025 à avril 2026. La question suivante est celle de ce que ces mêmes satellites savent mesurer en dehors des crises, et notre article de fond sur [la mission Biomass qui doit peser les forêts depuis l'orbite](https://lepointdujour.fr/actualite/1591-laudacieuse-mission-du-satellite-biomass-qui-va-peser-les-forets-02052025/) en donne un autre exemple.
## Une aide d'urgence, pas une reconstruction
Le périmètre de la Charte est la phase de gestion de crise, et le CNES décrit un dispositif distinct pour la suite. L'Observatoire de la Reconstruction, né dans le cadre du Comité sur les satellites d'observation de la Terre, fournit des images pendant plusieurs mois afin d'accompagner les décideurs locaux dans les phases de relèvement. Il a été mis en application sur cinq grandes catastrophes : l'explosion du port de Beyrouth en 2020, le tremblement de terre en Haïti en 2021, les ouragans Eta et Iota en Amérique centrale, les inondations au Pakistan en 2022 et celles de Libye en 2023.
Le communiqué du 5 octobre, lui, ne chiffre ni délai d'intervention ni effet au sol : il compte des activations, des pays et des années. Il rappelle enfin que la Charte travaille avec le Bureau des affaires spatiales des Nations unies, le centre satellitaire UNOSAT, Sentinel Asia et l'Asian Disaster Reduction Center, et que des experts travaillent en coulisses pour garantir sa disponibilité 365 jours par an.
Pour suivre les prochaines activations et les programmes d'observation de la Terre qui alimentent ce type de dispositif, comme [les trois candidats retenus par l'ESA pour son douzième Earth Explorer](https://lepointdujour.fr/sciences/7973-earth-explorer-trois-candidats/), ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple de retrouver nos articles.
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