Mars a entamé le 30 septembre à 10 h 16 sa 39e année martienne, et la seconde moitié de cette orbite amène les tempêtes de poussière

L'Agence spatiale européenne rappelle qu'une année sur Mars dure 687 jours terrestres, soit 668 sols, et que ses saisons sont inégales.

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Reste à comprendre pourquoi un calendrier calé sur 1955 fait commencer l’année martienne à un instant précis, celui de l’équinoxe de printemps boréal.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : les trois passages de l’eau lus par Perseverance dans le cratère Jezero.

Une année martienne de 668 sols a commencé le 30 septembre

L’Agence spatiale européenne a signalé le 30 septembre 2026 le passage d’une année à l’autre sur la planète rouge. L’instant est daté avec précision : 10 h 16, heure d’été d’Europe centrale, soit 8 h 16 en temps universel. À cette seconde, Mars a bouclé une orbite autour du Soleil et en a entamé une autre.

Il s’agit, selon l’agence, de la 39e année martienne. La numérotation n’a rien de naturel : elle résulte d’une convention adoptée en 1955, dont la première année coïncide avec un phénomène marquant, la grande tempête de poussière de 1956. Depuis, les planétologues comptent les années martiennes comme les géologues comptent les couches, pour pouvoir comparer des observations faites à des décennies d’écart.

Un jour à peine plus long, une année presque deux fois plus longue

La première particularité tient au jour. Sur Mars, il porte un nom, le sol, et dure 24 heures et 39 minutes, un peu plus qu’un jour terrestre. Ce décalage, insignifiant à l’échelle d’une journée, oblige les équipes qui pilotent des engins à la surface à vivre sur un rythme qui glisse en permanence par rapport au leur.

Vue orbitale de dunes martiennes claires striées de traînées sombres sinueuses laissées par des tourbillons de poussière
Les traînées sombres laissées à la surface de Mars par des tourbillons de poussière, vues par la caméra HiRISE de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter. Crédit : NASA, JPL, University of Arizona (domaine public)

La deuxième particularité tient à la durée de l’orbite. Une année martienne équivaut à 687 jours terrestres, soit 668 sols, à peu près deux fois une année terrestre. L’agence propose un calcul simple pour se situer : diviser son âge par 1,88 donne son âge en années martiennes. Conséquence directe, les saisons durent deux fois plus longtemps que les nôtres, ce qui laisse à chaque phénomène saisonnier le temps de s’installer.

Des saisons inégales, faute d’une orbite bien ronde

Comme la Terre, Mars connaît quatre saisons, hiver, printemps, été et automne. La ressemblance s’arrête là. Les saisons martiennes n’ont pas la même durée les unes que les autres, parce que l’orbite de la planète est nettement plus elliptique que celle de la Terre : la distance au Soleil varie davantage au fil de l’année, et la planète ne parcourt pas son orbite à vitesse constante.

L’inclinaison de l’axe fait le reste. C’est elle qui donne les saisons, l’hémisphère nord recevant plus de lumière pendant l’été boréal, l’hémisphère sud pendant l’hiver boréal. Le nouvel an martien est précisément calé sur l’équinoxe boréal, c’est-à-dire sur le printemps au nord et l’automne au sud. Les écarts de température, eux, restent extrêmes. Le tableau ci-dessous rassemble les repères donnés par l’agence :

Repère Valeur sur Mars Précision donnée par l’agence
Durée du jour 24 heures et 39 minutes Appelée un sol, légèrement plus longue qu’un jour terrestre
Durée de l’année 687 jours terrestres Soit 668 sols, près de deux fois une année terrestre
Début de l’année Équinoxe boréal Printemps dans l’hémisphère nord, automne dans l’hémisphère sud
Midi d’un jour d’été Jusqu’à 0 degré Celsius La température de l’air chute à moins 60 degrés la nuit suivante
Nuit d’hiver Jusqu’à moins 110 degrés Celsius Les écarts entre le jour et la nuit sont extrêmes

La seconde moitié de l’année, saison des tempêtes de poussière

C’est la partie la plus spectaculaire du calendrier. La seconde moitié de l’année martienne est souvent marquée par des tempêtes de poussière violentes, qui gagnent parfois la planète entière. Le mécanisme décrit par l’agence est une boucle qui s’entretient elle-même : à mesure que Mars se rapproche du Soleil, l’atmosphère se réchauffe, les vents se lèvent et arrachent au sol des particules très fines. Une fois en suspension, ces grains brunâtres chauffent à leur tour et redistribuent une partie de cette chaleur à l’air qui les entoure, ce qui accélère le soulèvement. Le système peut ainsi injecter rapidement de grandes quantités de poussière.

À plus petite échelle, les mêmes vents engendrent des tourbillons. La caméra HiRISE de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter en a photographié les traces en 2009 : des traînées sombres et sinueuses qui balafrent un terrain clair. Ces colonnes d’air ascendant, chauffé par la surface, ressemblent à celles qui se forment dans les déserts terrestres et ne durent le plus souvent que quelques minutes. Cette poussière est aussi ce qui donne sa teinte à la planète, un sujet traité dans notre article de fond sur les vraies raisons de la couleur de Mars.

Un nuage de 1 800 kilomètres qui revient au même moment

Un autre rendez-vous saisonnier se joue au-dessus d’un volcan. Chaque année martienne, autour du solstice austral, un nuage très long et très fin se forme au-dessus d’Arsia Mons, un volcan de 20 kilomètres de haut. L’agence précise que ce panache est fait de glace d’eau et qu’il n’a rien à voir avec une activité volcanique : il naît de l’écoulement de l’air sur le versant sous le vent du relief.

Les chiffres impressionnent. Le nuage peut atteindre 1 800 kilomètres de long, revient pendant 80 jours ou davantage, et suit un cycle quotidien rapide : il grandit pendant environ trois heures en début de matinée avant de disparaître quelques heures plus tard. L’équipe scientifique de Mars Express l’a baptisé Arsia Mons Elongated Cloud. Comme le relevait Jorge Hernandez-Bernal, de l’université du Pays basque et premier auteur de l’étude en cours, l’équipe s’attendait à voir ce nuage se former à cette période. Il n’est visible que grâce à un instrument à large champ observant tôt le matin, alors que la plupart des sondes en orbite regardent l’après-midi, comme l’expliquait l’agence lors du retour du phénomène. La question suivante est celle d’un passé bien plus humide, décrite dans notre article de fond sur le climat ancien de Mars et ses précipitations.

Un calendrier de convention, pas une mesure de la nature

Trois précautions s’imposent. La première tient au calendrier lui-même : la 39e année martienne n’existe que parce que des scientifiques ont choisi en 1955 un point de départ, de la même manière que les calendriers terrestres reposent sur des conventions. Rien ne distingue physiquement le dernier sol d’une année du premier sol de la suivante.

La deuxième concerne les tempêtes. Si la seconde moitié de l’année est propice aux grands soulèvements de poussière, l’agence écrit que ces épisodes deviennent parfois planétaires, pas systématiquement. Une année martienne peut passer sans tempête globale. La troisième porte sur les températures citées : ce sont des valeurs d’air, données comme des ordres de grandeur, et elles varient selon la latitude et l’altitude. Le relief martien reste par ailleurs mal connu dans le détail, comme le rappelle notre article récent sur la falaise de Thyles Rupes vue par Mars Express, et l’ensemble de nos textes sur la planète est rassemblé dans notre dossier consacré à Mars. Pour suivre les prochaines publications des agences sur cette nouvelle année martienne, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple de retrouver nos articles.

Crédit photo © LePointDuJour

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