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# Escroqueries commerciales en hausse de 170 % en 2025 : un faux site qui copie une entreprise réelle expose son auteur à cinq ans de prison

**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/8075-faux-site-usurpation-professionnelle/
Date: 2026-10-03
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Cybermalveillance.gouv.fr décrit le procédé qui consiste à copier le site, le nom et le numéro SIRET d'une entreprise pour en détourner les clients.
Categories: Sciences et espace
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/03-faux-site-usurpation-professionnelle-une-scaled.jpg
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Reste à comprendre comment une adresse légèrement différente suffit à capter la clientèle d'une entreprise qui n'a parfois même pas de site.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [l'arnaque au faux support technique et sa parade](https://lepointdujour.fr/sciences/7977-faux-support-technique-parade/).

## Un faux site Internet qui rejoue l'identité d'une entreprise réelle

Le dispositif national d'assistance aux victimes a mis à jour le 25 juin 2026 [sa fiche consacrée à l'usurpation d'identité professionnelle par un site Internet frauduleux](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/fiches-reflexes/usurpation-site-internet-professionnel), publiée le 18 mai de la même année. Le procédé décrit est simple à énoncer : un escroc imite un site, une marque ou une organisation qui existent, afin de tromper les internautes qui les cherchent.

Les objectifs recensés sont au nombre de quatre. Monter une escroquerie commerciale au moyen d'un faux site de vente. Collecter des informations personnelles et bancaires, ce qui relève de l'hameçonnage. Diffuser de fausses informations attribuées à l'organisation copiée. Ou simplement détourner vers soi le trafic du site légitime, c'est à dire les visiteurs qui tapent un nom dans un moteur de recherche.

Un point mérite d'être relevé, car il surprend les professionnels concernés : **l'usurpation peut exister même quand l'organisation visée ne possède aucun site Internet**. Il suffit que son nom, son activité et ses coordonnées soient publics pour qu'un tiers en fabrique une version en ligne.

## Le mécanisme : un nom, un numéro SIRET, une adresse, et le trafic bascule

La fiche détaille les éléments repris par les escrocs. Il peut s'agir d'une copie plus ou moins fidèle du site de la victime, de son nom commercial, de sa raison sociale, de son adresse postale, de son numéro SIRET, mais aussi de ses marques, de ses logos et de ses visuels de produits. Chacun de ces éléments est public ou facile à retrouver, ce qui explique le faible coût de l'opération.

Les conséquences pour l'organisation copiée sont de trois ordres. Une atteinte à la réputation, née de la confusion entre les deux sites. Un temps considérable passé à se justifier auprès de personnes trompées. Et, quand le faux site vend réellement, un préjudice financier lié à la concurrence exercée par un acteur qui ne supporte aucune charge.

Le contexte chiffré est fourni par le [rapport d'activité et état de la menace 2025 du dispositif](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/actualites/rapport-activite-2025), présenté le 26 mars 2026. Les escroqueries commerciales y progressent de **170 %**, une hausse que le rapport relie explicitement aux sites frauduleux qui ont proliféré en 2025. Sur la même année, la plateforme a assisté plus de 500 000 victimes, soit 20 % de plus qu'en 2024.

## Quatre infractions, jusqu'à cinq ans d'emprisonnement

Selon les cas, plusieurs qualifications pénales peuvent être retenues contre les auteurs :

InfractionTexte applicablePeine maximale encourueUsurpation d'identitéArticle 226-4-1 du code pénal1 an de prison et 15 000 euros d'amendeContrefaçon de marqueArticles L.713-2 et L.713-3 du code de la propriété intellectuelle3 ans de prison et 300 000 euros d'amendeCollecte déloyale de données personnellesArticle 226-18 du code pénal5 ans de prison et 300 000 euros d'amendeEscroquerieArticle 313-1 du code pénal5 ans de prison et 375 000 euros d'amende
Ces peines sont des maximums théoriques, rarement atteints, et elles supposent que l'auteur soit identifié. C'est précisément là que le bât blesse : les hébergeurs et les bureaux d'enregistrement de noms de domaine sont souvent établis hors de France, et la chaîne des responsabilités s'allonge d'autant.

## Réserver les noms de domaine avant les escrocs

La prévention recommandée tient d'abord à la maîtrise du nom de domaine. Au delà de l'adresse principale en point fr ou en point com, la fiche conseille d'enregistrer les extensions voisines, point eu, point org, point net ou point shop, ainsi que les variantes d'écriture du nom, par exemple avec un tiret. Un escroc qui ne trouve plus d'adresse crédible disponible renonce souvent.

![Arrière de serveurs en baie, nappes de câbles réseau de couleurs différentes branchées sur des ports](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/03-faux-site-usurpation-professionnelle-photo2.jpg)Câblage à l'arrière des serveurs du centre de données de l'École polytechnique. Crédit : École polytechnique, J. Barande, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)
Viennent ensuite des mesures techniques. L'Afnic, l'association qui gère les extensions françaises, recommande le verrou de registre, commercialisé sous le nom .FR Lock pour les adresses en point fr, et DNSSEC, un mécanisme qui signe les réponses de l'annuaire du web pour empêcher qu'elles soient falsifiées. S'y ajoute une politique de gestion interne : alertes avant les dates d'expiration, suivi des contacts titulaires et administratifs, sécurisation des accès au compte du registre.

Le volet juridique passe par l'Institut national de la propriété industrielle, où le dépôt du nom de domaine sous forme de marque ouvre des moyens d'action que la simple réservation ne donne pas. L'institut propose aussi un service payant de surveillance des marques, des logos et des noms de société. Enfin, la fiche conseille une veille régulière sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, en cherchant son propre nom, ses produits, son numéro SIRET et son adresse postale, et un contrôle des liens entrants dans les statistiques du site, qui révèlent parfois des pages recopiées ailleurs.

## Ce qu'il reste à faire quand le faux site existe déjà

La première étape est la conservation des preuves : adresse du site frauduleux, mentions légales et coordonnées affichées, captures d'écran, témoignages d'internautes trompés. Un commissaire de justice, nom donné depuis 2022 à la profession qui regroupe les anciens huissiers, peut faire constater l'usurpation.

Vient ensuite l'identification des intermédiaires. Les services Whois et RDAP, deux annuaires publics qui indiquent qui héberge un site et qui a enregistré son nom de domaine, permettent de saisir les services de signalement d'abus de ces sociétés pour demander la fermeture du site et le blocage du nom. Une plainte, déposée au commissariat, à la brigade de gendarmerie ou par écrit auprès du procureur de la République, est souvent demandée à l'appui du dossier.

Deux signalements complémentaires existent, auprès de Phishing Initiative et de Signal Spam : une fois confirmée, l'adresse est transmise aux principaux navigateurs, qui en bloquent l'accès. S'y ajoutent la demande de déréférencement auprès des moteurs de recherche et une information directe des clients et partenaires. La question suivante est celle des moyens techniques de sécuriser durablement les échanges en ligne, et notre article de fond sur [les travaux européens sur un internet quantique](https://lepointdujour.fr/sciences/1518-l-europe-en-tete-de-l-internet-quantique-vers-un-reseau-ultra-securise-28042025/) montre à quelle échéance ces chantiers se jouent.

## Une parade longue, et pas toujours gratuite

Trois limites méritent d'être rappelées. La récupération d'un nom de domaine frauduleux passe par des procédures spécifiques, Syreli et PARL Expert pour les extensions françaises, la procédure UDRP gérée par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle pour les extensions génériques. La fiche le précise sans détour : l'ensemble de ces démarches sont payantes.

La deuxième limite est statistique. Le dispositif ne publie pas de compteur dédié aux faux sites d'entreprises : la hausse de 170 % concerne l'ensemble des escroqueries commerciales, dont ces sites ne sont qu'une partie. Le dispositif recense par ailleurs 51 formes de cybermalveillance prises en charge par son outil d'assistance en ligne, et [les chiffres clés mis à jour le 30 septembre 2026](https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/a-propos/faits-chiffres-cles) font état de 504 000 parcours d'assistance réalisés en 2025.

La troisième tient au décalage entre la menace et les moyens. Jérôme Notin, directeur général du dispositif, a déclaré que le marché de la donnée volée a gagné en maturité et que la perspective de 2026 laisse attendre de fortes vagues d'arnaques nourries par les piratages de comptes. Pour suivre les prochaines alertes et les évolutions de ces procédés, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple de retrouver nos articles, aux côtés de nos publications récentes comme celle consacrée à [la part des Français prévenus d'une fuite de données en 2026](https://lepointdujour.fr/sciences/7931-fuite-donnees-hameconnage-personnalise/).

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