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# Les Orionides entrent dans l'atmosphère à 66 km/s, et ces étoiles filantes d'octobre sont des miettes de la comète de Halley, attendue en 2061

**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/7917-orionides-etoiles-filantes-halley/
Date: 2026-09-29
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Les Orionides culminent le 21 octobre 2026, avec un taux théorique de 20 météores par heure et une Lune couchée à 3 h 43 à Paris la nuit du 21 au 22.
Categories: Sciences et espace
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/orionides-etoiles-filantes-halley-scaled.jpg
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Le calendrier 2026 de l'Organisation internationale des météores et les éphémérides lunaires permettent de dire précisément quand lever les yeux, et combien de traits de lumière espérer vraiment.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2026, à 3 h 43 à Paris, la Lune gibbeuse disparaît sous l'horizon ouest. À l'opposé, la constellation d'Orion est déjà haute dans le ciel du sud, et c'est de ce coin de ciel, juste au nord de l'étoile rouge Bételgeuse, que semblent jaillir les Orionides.

Chaque trait lumineux est un grain abandonné par la comète de Halley.

## Orionides 2026 : les dates du maximum et de la période d'activité

Selon le [calendrier 2026 de l'International Meteor Organization (IMO)](https://www.imo.net/resources/calendar/), l'essaim des Orionides est actif du 2 octobre au 7 novembre. Son maximum est fixé au 21 octobre, au moment où la Terre atteint la longitude solaire de 208 degrés sur son orbite. La NASA retient la nuit du 21 au 22 octobre comme nuit du pic.

L'IMO ne donne pas d'heure précise pour ce maximum, et pour une bonne raison. L'organisation rappelle que les Orionides peuvent présenter plusieurs maxima secondaires et que l'activité reste parfois comparable plusieurs nuits de suite autour du pic principal.

Les données clés de l'essaim, telles que publiées par l'IMO :

- période d'activité : du 2 octobre au 7 novembre 2026 ;

- maximum : 21 octobre, longitude solaire 208 degrés ;

- radiant : ascension droite 95 degrés, déclinaison +16 degrés, dans Orion ;

- vitesse d'entrée dans l'atmosphère : 66 km/s ;

- taux horaire zénithal (THZ) : 20 et plus.

## Un taux de 20 météores par heure, en théorie

Le taux horaire zénithal est un chiffre de référence, pas une promesse. Il correspond au nombre de météores qu'un observateur verrait en une heure sous un ciel parfaitement noir, avec le radiant placé exactement au-dessus de sa tête.

La [fiche de la NASA sur les Orionides](https://science.nasa.gov/solar-system/meteors-meteorites/orionids/) l'écrit sans détour : sous un ciel sombre, on peut compter sur environ 10 à 20 météores par heure. L'Observatoire royal de Greenwich, qui publie un guide pour le Royaume-Uni, avance le chiffre de 15 par heure au pic. Depuis une ville éclairée, on en verra nettement moins.

L'essaim sait pourtant surprendre. L'IMO rappelle que chaque retour de 2006 à 2009 a produit des THZ inattendus, de l'ordre de 40 à 70, sur deux ou trois dates consécutives. Une analyse des observations de 1984 à 2001 donnait un pic moyen compris entre 14 et 31 selon les années, et le THZ moyen au maximum sur la période 2012 à 2020 se situait entre 20 et 30.

Pour situer ces valeurs, un tableau comparatif :

IndicateurValeurSource
THZ retenu pour 202620 et plusIMO
Taux visible sous ciel sombre10 à 20 par heureNASA
THZ moyen au maximum, 2012 à 202020 à 30IMO
THZ observés de 2006 à 200940 à 70IMO
Vitesse d'entrée66 km/sIMO, NASA
Coucher de la Lune à Paris, 22 octobre3 h 43USNO

## La Lune gêne-t-elle en 2026 ? Surtout en début de nuit

Selon les phases publiées par l'observatoire naval des États-Unis (USNO), la Lune est au premier quartier le 18 octobre 2026 et ne sera pleine que le 26 octobre. Au moment du maximum, elle est donc gibbeuse croissante, éclairée aux trois quarts environ.

Le point décisif tient à ses horaires. Toujours d'après l'[outil d'éphémérides de l'USNO](https://aa.usno.navy.mil/data/RS_OneDay), calculé pour Paris en heure d'été :

- nuit du 20 au 21 octobre : coucher de la Lune à 2 h 30 ;

- nuit du 21 au 22 octobre : coucher de la Lune à 3 h 43 ;

- lever du Soleil le 22 octobre : 8 h 22, précédé d'un crépuscule civil qui débute à 7 h 49.

Avant ces heures, la Lune éclaire le ciel et masque les météores les plus faibles. Après, il reste une fenêtre sans Lune jusqu'aux premières lueurs de l'aube, ce qui correspond au moment où le radiant d'Orion est le plus haut. L'IMO résume la situation en notant que la Lune croissante laisse au moins quelques heures sans elle jusqu'au maximum.

## La comète de Halley, source des Orionides et des êta-aquarides

Les Orionides n'ont rien d'étoiles. Ce sont des poussières semées par la comète 1P/Halley, qui boucle un tour du Soleil en 76 ans environ. Deux fois par an, la Terre traverse ce ruban de débris. En mai, cela donne les êta-aquarides ; en octobre, les Orionides. La [page de la NASA consacrée aux êta-aquarides](https://science.nasa.gov/solar-system/meteors-meteorites/eta-aquarids/) décrit ce double rendez-vous avec le même corps parent.

![La comète de Halley et sa longue queue bleutée sur un fond de ciel étoilé, photographiée en mars 1986](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/orionides-etoiles-filantes-halley-2.jpg)La comète de Halley le 8 mars 1986, depuis l'île de Pâques, lors de son dernier passage près du Soleil. Crédit : NASA / W. Liller, domaine public.
Le noyau de la comète mesure 16 kilomètres sur 8 sur 8, et il compte parmi les objets les plus sombres du Système solaire, avec un albédo de 0,03 : il ne renvoie que 3 % de la lumière qu'il reçoit. Sa dernière apparition date de 1986 et son prochain retour est attendu en 2061. La NASA rappelle que la comète figure déjà sur la tapisserie de Bayeux, qui relate la bataille d'Hastings de 1066.

Les grains qui produisent les Orionides sont minuscules. L'Observatoire royal de Greenwich les compare à des grains de sable. C'est leur vitesse, 66 km/s selon l'IMO et la NASA, qui les rend visibles : en freinant dans la haute atmosphère, ils chauffent l'air et laissent une traînée lumineuse. La NASA précise que ces météores rapides peuvent laisser des traînées qui persistent quelques secondes à quelques minutes, et donner parfois des boules de feu.

Les deux essaims entrent dans l'atmosphère à la même vitesse de 66 km/s, mais les êta-aquarides, attendues à leur pic le 6 mai, affichent un THZ plus élevé, de 50 selon l'IMO.

Ces poussières ne menacent personne au sol : elles se consument entièrement en altitude. Les impacts qui marquent durablement un astre viennent d'objets bien plus gros, comme celui qui a creusé [le cratère McGetchin de 222 mètres apparu sur la Lune en 2024](https://lepointdujour.fr/sciences/7466-cratere-mcgetchin-lune-lro/).

## Où et quand regarder depuis la France

L'IMO indique que le radiant atteint une hauteur utile vers minuit local, un peu avant dans l'hémisphère Nord. Depuis la France, le meilleur créneau des nuits du 20 au 21 et du 21 au 22 octobre se situe donc après le coucher de la Lune et avant l'aube. Inutile de fixer Orion : les météores traversent tout le ciel.

Pour mettre toutes les chances de son côté :

- s'éloigner des éclairages urbains, dans un lieu dégagé et sûr, comme le recommande l'Observatoire royal de Greenwich ;

- laisser ses yeux s'habituer à l'obscurité, sans rallumer l'écran de son téléphone, qui éblouit ;

- s'allonger sur un transat ou un tapis de sol, pour embrasser une large portion du ciel sans se tordre le cou ;

- prévoir des vêtements chauds, car l'observation demande de la patience ;

- oublier jumelles et télescope, inutiles pour des objets qui traversent le ciel en une fraction de seconde.

La météo reste l'inconnue principale. Un ciel couvert le 21 octobre ne ruine pas tout, puisque l'activité se prolonge plusieurs nuits autour du maximum et que l'essaim reste actif jusqu'au 7 novembre, avec des taux plus faibles.

## Ce que les prévisions ne disent pas

Le chiffre de 20 météores par heure est un repère, pas un décompte garanti. Les THZ de l'IMO reposent sur des moyennes d'années précédentes, et l'organisation reconnaît que les Orionides varient d'une année à l'autre, parfois nettement.

Une hypothèse de cycle d'environ 12 ans dans les retours les plus forts circule depuis le début du XXe siècle. L'IMO indique qu'elle n'apparaît pas dans les données visuelles, mais semble se dessiner dans les mesures radar du réseau canadien CMOR depuis 2002. Elle conclut que les données disponibles ne permettent pas de trancher. Enfin, les horaires lunaires cités valent pour Paris.

## Questions fréquentes

### Quelle est la meilleure nuit pour voir les Orionides en 2026 ?

La nuit du 21 au 22 octobre, selon la NASA, le maximum étant fixé au 21 octobre par l'IMO. Les nuits voisines restent intéressantes.

### À quelle heure regarder ?

Après le coucher de la Lune, soit vers 3 h 43 à Paris la nuit du 21 au 22 octobre, et jusqu'aux premières lueurs de l'aube.

### Combien d'étoiles filantes peut-on espérer ?

La NASA parle de 10 à 20 météores par heure sous un ciel sombre. Le THZ de 20 de l'IMO est un maximum théorique.

### La pleine Lune va-t-elle gâcher le spectacle ?

Non, la pleine Lune n'arrive que le 26 octobre 2026. Au maximum, la Lune est gibbeuse et gêne surtout la première partie de la nuit, avant son coucher.

### D'où viennent les Orionides ?

Des poussières laissées par la comète de Halley sur son orbite. La Terre croise ce même courant de débris en mai, ce qui produit les êta-aquarides.

### Faut-il des jumelles ou un télescope ?

Non. Les météores se voient à l'œil nu et traversent le ciel trop vite pour un instrument.

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