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# Après 9,9 milliards de kilomètres et huit ans de route, BepiColombo doit se laisser capturer par Mercure le 21 novembre prochain

**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/7831-bepicolombo-mercure-arrivee-orbite/
Date: 2026-09-27
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: La sonde européenne et japonaise a largué son module de transfert le 3 septembre, et ne commencera ses vraies observations qu’en avril 2027.
Categories: Sciences et espace
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/01-bepicolombo-mercure-arrivee-orbite-scaled.jpg
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Reste à comprendre pourquoi cette arrivée ne se joue pas en une seule journée, mais en trois rendez-vous séparés par plusieurs mois.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [le troisième survol de la Terre par la sonde Juice avant son arrivée vers Jupiter](https://lepointdujour.fr/sciences/7633-juice-survol-terre-jupiter/).

## BepiColombo a engagé sa phase d’arrivée autour de Mercure

Le 21 septembre 2026, l’Agence spatiale européenne a ouvert [une page de suivi consacrée à l’arrivée de BepiColombo à Mercure](https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/BepiColombo/Latest_updates_BepiColombo_s_arrival_at_Mercury). Elle rassemble les étapes déjà franchies et la rediffusion d’un point presse tenu devant le congrès Europlanet, à La Haye, aux Pays-Bas. Quatre responsables y ont pris la parole : Santa Martinez Sanmartin, responsable de la mission à l’ESA, Ignacio Tanco, qui dirige l’unité des missions du Système solaire interne, Geraint Jones, responsable scientifique de la mission côté européen, et Go Murakami, son homologue à l’agence spatiale japonaise JAXA.

BepiColombo est une mission commune de l’ESA et de la JAXA, partie le 20 octobre 2018 sur une Ariane 5. L’ensemble pesait 4 100 kilogrammes au décollage, dont 1 400 kilogrammes d’ergols. Il transporte deux satellites destinés à tourner autour de Mercure : le Mercury Planetary Orbiter, européen, de 1 230 kilogrammes, et Mio, japonais, de 255 kilogrammes. Le premier regarde le sol et la composition de la planète, le second son environnement magnétique.

Le trajet a duré huit ans et couvert **9,9 milliards de kilomètres**, soit près de soixante-six fois la distance entre la Terre et le Soleil. La sonde a profité de neuf passages rapprochés près de planètes, dont six près de Mercure entre octobre 2021 et janvier 2025, pour perdre de la vitesse sans dépenser de carburant.

## Un module gros comme une voiture largué à 200 millions de kilomètres

Le 3 septembre 2026, les contrôleurs du centre des opérations de l’ESA ont séparé le module de transfert des deux orbiteurs, comme le détaille [le compte rendu de l’agence européenne](https://www.esa.int/Enabling_Support/Operations/BepiColombo_begins_Mercury_arrival_with_MTM_separation_success). Le feu vert est tombé à 12 h 00 en heure de Paris, la séparation a eu lieu à 14 h 00, un premier indice est apparu à 14 h 20 dans les mesures Doppler, et la confirmation formelle est arrivée à 15 h 49 grâce aux antennes du réseau Estrack installées à Cebreros, en Espagne, et à Malargüe, en Argentine.

![Vue rapprochée du module de transfert d’une sonde spatiale, aile solaire éclairée sur fond noir](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/01-bepicolombo-mercure-arrivee-orbite-photo2.jpg)La dernière image du module de transfert de BepiColombo, prise par sa caméra de contrôle 1 le 3 septembre 2026, juste avant le largage. Crédit : ESA/BepiColombo/MTM, CC BY-SA 3.0 IGO
Ce module de transfert avait la taille d’une voiture. Il portait deux ailes solaires de quinze mètres et quatre propulseurs ioniques, qui transforment du xénon en plasma pour produire une poussée très faible mais continue. C’est ce que les ingénieurs appellent la propulsion électrique solaire : peu de puissance à chaque instant, beaucoup d’effet sur huit ans. Elle a été coupée le 15 juin 2026, une fois sa tâche terminée.

Au moment du largage, l’ensemble se trouvait à plus de **200 millions de kilomètres de la Terre** et à plus de trois millions de kilomètres de Mercure. À cette distance, un ordre met une dizaine de minutes à parvenir à la sonde. Ignacio Clerigo, responsable des opérations du vaisseau à l’ESA, a souligné dans le communiqué de l’agence que séparer deux engins à une telle distance ne fait pas partie des gestes courants du métier. Santa Martinez Sanmartin y voit le départ idéal de la phase d’arrivée.

## Capture, arrivée, orbite scientifique : trois choses différentes

Le 21 novembre 2026, les deux orbiteurs, toujours accrochés l’un à l’autre, doivent être capturés par la gravité de Mercure. Une capture signifie simplement que la planète retient l’engin au lieu de le laisser filer. Cela ne veut pas dire que la mission est installée sur son orbite de travail.

La séparation des deux satellites est attendue les 9 et 10 décembre 2026. C’est ce jalon que l’ESA présente comme l’arrivée proprement dite, et elle prévoit de l’accompagner depuis son centre des opérations spatiales de Darmstadt, en Allemagne, à partir de 22 heures le 9 décembre. Chacun des deux engins suivra ensuite sa propre trajectoire.

Le Mercury Planetary Orbiter ne rejoindra son orbite scientifique définitive que le 19 mars 2027, et les observations des deux satellites ne commenceront qu’en avril 2027. Autrement dit, entre la capture et les premières données exploitables, il reste plus de quatre mois de manœuvres.

## Mercure demande plus d’énergie qu’un voyage vers Pluton

La difficulté tient à une idée contre-intuitive. Aller vers le Soleil revient à descendre une pente : plus on approche, plus on accélère. Pour se mettre en orbite autour de Mercure, il faut donc freiner longuement, et l’ESA rappelle dans [sa fiche de mission](https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/BepiColombo/BepiColombo_factsheet) que l’exercice réclame davantage d’énergie qu’une mission vers Pluton, pourtant située à l’autre bout du Système solaire.

La chaleur ajoute sa contrainte. Si près du Soleil, les panneaux solaires ne peuvent pas lui faire face directement sous peine de surchauffer : ils restent inclinés, ce qui réduit la puissance disponible. La même logique thermique explique que les missions vers les planètes internes soient rares. La question qui vient ensuite est celle du voisinage immédiat de Mercure, et notre article de fond sur [l’absence de toute sonde en orbite autour de Vénus en 2025](https://lepointdujour.fr/actualite/6267-venus-0-mission-en-orbite-en-2025-un-trou-dobservation-qui-freine-la-science/) montre à quel point cette région du Système solaire reste peu fréquentée.

Les agences y reviennent pourtant. La NASA prépare une descente dans l’atmosphère vénusienne avec un engin qui vient de passer [six séjours à 465 degrés dans un four de Pennsylvanie](https://lepointdujour.fr/sciences/7730-davinci-sonde-venus-essai-chaleur/), preuve que la barrière n’est pas seulement mécanique mais thermique.

## Le calendrier de l’arrivée tient en six dates

Les étapes publiées par l’ESA s’enchaînent sur près de dix mois, et chacune ne fait qu’un pas :

DateÉtapeCe qui change15 juin 2026Arrêt de la propulsion électrique solaireFin de la poussée continue3 septembre 2026Largage du module de transfertLes deux orbiteurs poursuivent seuls21 novembre 2026Capture par la gravité de MercureL’ensemble cesse de filer tout droit9 et 10 décembre 2026Séparation du Mercury Planetary Orbiter et de MioDeux missions distinctes commencent19 mars 2027Orbite scientifique définitive du Mercury Planetary OrbiterRéglage final de la trajectoireAvril 2027Début des observationsLes seize instruments entrent en service

## Seize instruments qui n’ont pas encore servi à plein

Le Mercury Planetary Orbiter emporte onze instruments scientifiques, Mio en compte cinq. Caméras, spectromètres, magnétomètres et détecteurs de particules doivent décrire à la fois la surface de la planète, sa composition et la bulle magnétique qui l’entoure. Geraint Jones rappelle que la mission a déjà produit des résultats pendant la croisière, grâce aux neuf survols, mais ces données restent des instantanés pris à grande vitesse.

Une orbite change la nature du travail. Elle permet de revenir sur les mêmes régions, de comparer des mesures prises à des heures locales différentes et de suivre des variations dans le temps. C’est cette continuité qui manque encore aux connaissances sur Mercure, la planète la moins visitée du Système solaire interne.

## Une séquence d’arrivée que l’ESA décrit comme l’une de ses plus complexes

Il faut garder la mesure de ce qui a été fait. Le largage du 3 septembre s’est déroulé comme prévu, mais il ouvre seulement la phase d’arrivée, que l’agence européenne présente comme l’une des plus complexes qu’elle ait conduites autour d’une planète. Rien n’est acquis tant que la capture du 21 novembre n’a pas eu lieu.

Deux inconnues demeurent. L’ESA n’a pas publié d’altitudes définitives pour les orbites de travail des deux satellites, et le calendrier de mars et avril 2027 reste un objectif, pas une certitude : il dépendra du comportement réel des moteurs pendant les manœuvres de descente. Tant que ces étapes ne sont pas franchies, les onze instruments du Mercury Planetary Orbiter restent au repos.

Pour suivre les prochaines étapes de cette arrivée, de la capture de novembre à la séparation de décembre, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste la façon la plus simple de retrouver nos articles.

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