---
# Une amibe de Californie se divise à 63 °C, un record pour la vie complexe, mais 80 °C lui reste fatal
**URL:** https://lepointdujour.fr/sciences/7665-amibe-record-chaleur-eucaryotes/
Date: 2026-09-24
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Découverte dans les eaux chaudes du parc volcanique de Lassen, Incendiamoeba cascadensis repousse de trois degrés la limite connue des eucaryotes.
Categories: Sciences et espace
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/02-amibe-record-chaleur-eucaryotes-scaled.jpg
---
Une cellule à noyau qui se divise là où la biologie n'attendait plus que des bactéries, et une frontière du vivant complexe repoussée de trois degrés à peine.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [ce que les abysses ont déjà changé à notre définition du vivant](https://lepointdujour.fr/sciences/1374-cette-decouverte-incroyable-dans-les-abysses-interroge-notre-comprehension-de-la-vie-16042025/).
## Une amibe qui se divise à 63 °C dans un parc volcanique de Californie
Le 22 septembre 2026, la NASA a rendu publique une observation qui dérange une limite admise depuis des décennies. Dans les eaux chauffées du parc national volcanique de Lassen, en Californie, une équipe soutenue par l'agence a suivi une **amibe capable de se reproduire par division à 63 °C**. Selon [l'annonce publiée par la NASA](https://science.nasa.gov/science-research/planetary-science/nasa-funded-research-finds-complex-life-defying-record-heat/), aucun eucaryote connu n'avait jamais été vu faire mieux.
L'organisme a reçu le nom d'Incendiamoeba cascadensis, ce qui se traduit à peu près par amibe de feu venue des Cascades. Le parc de Lassen constitue la région volcanique active la plus méridionale de la chaîne des Cascades et abrite le Lassen Peak, le plus grand volcan de type dôme de lave au monde. Les résultats paraissent dans [la revue Cell](https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(26)01016-0).
Une amibe est un organisme d'une seule cellule, mais une cellule complète, avec un noyau qui renferme son matériel génétique. Elle se déplace en déformant son propre corps et engloutit ses proies. C'est cette architecture, riche et fragile, qui rendait le résultat inattendu.
## Procaryotes et eucaryotes : la chaleur ne frappe pas tout le monde pareil
Le vivant se partage en deux grandes familles. Les procaryotes, bactéries et archées, sont des cellules uniques sans noyau ni compartiments internes entourés d'une membrane. Moins de machinerie signifie moins de pièces à protéger de la chaleur, du froid, de l'acidité ou des rayonnements. Ce sont eux qui détiennent les records d'endurance, et les chercheurs les tiennent pour les premières formes de vie apparues sur Terre.
Le bassin de Bumpass Hell, la plus vaste zone hydrothermale du parc national volcanique de Lassen, en Californie. Crédit : NPS Photo, Wikimedia Commons, domaine publicLes eucaryotes, apparus plus tard, sont bâtis autrement. Leur noyau isole une information génétique fragile, et leurs organites, comme les mitochondries qui fournissent l'énergie, sont autant de petites usines délimitées par des membranes. Cette famille va des algues unicellulaires aux plantes et aux êtres humains. La chaleur, elle, casse les protéines et disloque les membranes : plus une cellule en compte, plus elle a à perdre.
D'où une idée installée dans la littérature : les membranes des organites d'eucaryotes ne pourraient pas rester stables au-delà de **62 °C**. Incendiamoeba cascadensis vit et se divise un degré plus haut, ce qui suffit à invalider l'hypothèse. L'ancienne limite supérieure des eucaryotes, 60 °C, était tenue par quelques espèces de champignons et d'algues rouges.
## Les stratégies moléculaires d'une cellule qui tient le coup
Pour comprendre comment elle encaisse, l'équipe a séquencé le génome de l'amibe et suivi l'activité de ses gènes à plusieurs températures. Sont apparus de nombreux gènes qui stabilisent l'ADN et le protègent de la dégradation, ainsi que d'autres qui servent à percevoir le milieu extérieur. Quand la température monte, l'activité des gènes chargés du bon repliement des protéines augmente nettement.
Un détail chimique retient l'attention. Certaines protéines de l'amibe portent une charge électrique positive élevée en surface, ce qui pourrait les aider à rester stables. Beryl Rappaport, doctorante à l'université de Syracuse et première auteure de l'étude, souligne que ces charges ressemblent à celles observées chez les bactéries et les archées thermophiles. Autrement dit, des solutions comparables ont été trouvées par des branches très éloignées du vivant.
La même chercheuse pense que la recherche s'était elle-même bridée. Les travaux sur les eucaryotes ont pu être limités, dit-elle, par des hypothèses sur la stabilité des membranes, et elle espère que cette découverte pousse d'autres équipes à chercher des eucaryotes de haute température. Un indice va dans ce sens : en comparant leurs données à des relevés géothermiques du monde entier, les auteurs ont retrouvé des fragments d'ADN voisins en Nouvelle-Zélande et à Yellowstone.
## Un record qui se joue à quelques degrés
Le mot thermophile a une définition précise : pour mériter ce qualificatif, un organisme doit se répliquer, se déplacer, se nourrir et survivre au-dessus de **45 °C**. L'amibe de Lassen dépasse ce seuil de près de vingt degrés. Au-delà de 63 °C elle cesse de se diviser, mais continue de se déplacer pour chercher sa nourriture jusqu'à 64 °C, et reste partiellement active à 66 °C.
Le comportement de l'amibe change par paliers, degré par degré :
TempératureCe que fait la celluleRepère45 °CSeuil d'entrée dans le club des thermophilesIl faut y vivre, s'y nourrir, s'y déplacer et s'y reproduire60 °CAncienne limite des eucaryotesTenue par quelques champignons et algues rouges63 °CSe reproduit par divisionNouveau record pour une cellule à noyau64 °CSe déplace encore pour chercher sa nourritureLa reproduction, elle, s'est arrêtée70 °CRécupère après cinq minutes d'expositionRésistance ponctuelle, pas un lieu de vie80 °CNe revient pasLe mur trouvé par l'équipe en laboratoireCes trois degrés gagnés peuvent paraître modestes. Ils déplacent pourtant une frontière que la biologie tenait pour physique, liée à la tenue des membranes, et non pour un simple manque d'observation. Question suivante : existe-t-il des règles générales qui encadrent ces limites ? Notre article sur [la règle universelle tirée de 30 000 espèces étudiées](https://lepointdujour.fr/actualite/6450-30-000-especes-etudiees-revelent-la-regle-simple-et-universelle-de-la-vie-sur-terre/) montre à quel point le vivant obéit à des contraintes récurrentes.
## Ce que la chaleur enseigne sur la recherche de vie ailleurs
Les organismes qui tiennent aux marges de l'habitable, température, acidité, rayonnement, portent un nom : les extrémophiles. Les étudier sert directement [les programmes d'astrobiologie de la NASA](https://science.nasa.gov/astrobiology/), puisque cela délimite ce dont la vie telle que nous la connaissons est capable. Alison Olcott, responsable du programme d'exobiologie au siège de la NASA, résume l'enjeu : élargir l'éventail des conditions où la vie pourrait se maintenir.
Jusqu'ici, la chasse aux extrémophiles portait surtout sur les bactéries et les archées. En montrant que des cellules complexes résistent mieux que prévu, l'étude élargit la question : il ne s'agit plus seulement de savoir où la vie peut exister, mais à quel degré de complexité. Le froid extrême réserve d'ailleurs des surprises comparables, comme le rappelle notre article sur [les animaux capables de revenir à la vie après la congélation](https://lepointdujour.fr/actualite/1512-lincroyable-survie-des-creatures-congelees-les-secrets-de-la-renaissance-dun-amphibien-27042025/).
Ces protéines très stables intéressent aussi l'industrie. Les extrémophiles fabriquent des molécules recherchées en biotechnologie, des procédés industriels jusqu'à la médecine, parce qu'elles fonctionnent là où les nôtres se défont.
## Un record de laboratoire, pas un certificat d'habitabilité
Les chiffres les plus spectaculaires demandent d'être lus dans le bon ordre. Se reproduire à 63 °C n'a rien à voir avec survivre cinq minutes à 70 °C : le premier chiffre décrit un lieu de vie, le second une résistance ponctuelle obtenue en poussant la cellule dans ses retranchements. À 80 °C, l'amibe ne revient pas.
L'équipe elle-même refroidit les conclusions. La survie dépend d'un écosystème entier, pas d'un seul curseur. Beryl Rappaport rappelle qu'un milieu doit aussi offrir la bonne acidité, le bon niveau d'oxygène, la bonne pression, de l'eau et de la nourriture, et que l'amibe ne survivrait pas seule, puisqu'elle a besoin d'autres formes de vie pour se nourrir. La Terre reste la seule planète connue à réunir tout cela.
Enfin, un record n'est qu'un record du moment. Les fragments d'ADN repérés en Nouvelle-Zélande et à Yellowstone suggèrent des cousines encore non décrites, dont personne ne connaît la température maximale. Il faudra les isoler et les cultiver avant de savoir si 63 °C est un plafond ou une simple étape.
Pour suivre les prochaines descriptions d'organismes de l'extrême et leurs conséquences sur la recherche de vie ailleurs, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le geste le plus simple.
---
## Categories
- Sciences et espace
---
## Navigation
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
---
## Footer Links
- [Accueil](https://lepointdujour.fr/)
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Facebook](https://www.facebook.com/profile.php?id=61566138330419)
- [Instagram](https://www.instagram.com/lepointdujour.fr/)
- [Threads](https://www.threads.com/@lepointdujour.fr)
- [Nous contacter](https://lepointdujour.fr/contact/)
- [Plan du site](/sitemap/)
- [Politique de rédaction](/redaction/)
- [Politique de confidentialité](https://lepointdujour.fr/politique-de-confidentialite/)
- [Mentions légales](/mentions-legales/)
- [Gestion des cookies](https://lepointdujour.fr/gestion-des-cookies/)
- [Tout voir](/topics/)
- [Industrie et innovation](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)
- [En savoir plus sur ces finalités](https://cookiedatabase.org/tcf/purposes/)