---
# Diffusés dès le 29 avril 1968, les Shadoks ont suscité tant de lettres que l'ORTF a consacré une émission à lire le courrier des téléspectateurs

**URL:** https://lepointdujour.fr/nostalgie/8304-shadoks-ortf-courrier-telespectateurs/
Date: 2026-10-07
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Lancés le 29 avril 1968 sur l'ORTF, les Shadoks de Jacques Rouxel ont divisé le public au point qu'une émission de Jean Yanne lisait les lettres reçues.
Categories: Nostalgie
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/shadoks-ortf-courrier-telespectateurs-scaled.jpg
---

Comment une série de dessins animés de deux minutes a déclenché assez de lettres pour que l'ORTF consacre une émission entière à ce courrier.

Le 1er février 1969, Jean Yanne s'installe derrière un bureau planté devant la Maison de la radio, à Paris. Deux postiers arrivent à bicyclette et déversent des sacs de lettres autour de lui. Selon la notice conservée par l'Institut national de l'audiovisuel (INA), l'humoriste explique que le premier passage des Shadoks a provoqué tant de courrier qu'une émission entière sera consacrée aux réactions du public pendant la rediffusion.

## Les Shadoks arrivent sur la première chaîne de l'ORTF le 29 avril 1968

La première diffusion des Shadoks date du 29 avril 1968, rappelle l'INA dans son article consacré à [Jacques Rouxel et Claude Piéplu](https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/les-shadoks-de-jacques-rouxel-a-claude-pieplu). Elle a lieu la veille du début de Mai 68, relève l'institut. Rouxel n'y voyait aucun lien : à ce moment-là, disait-il, tout le monde regardait la même chose à la même heure.

Selon l'Encyclopædia Universalis, la première série compte 52 épisodes, programmés à 20 h 30, et chacun se termine par la même phrase : « C'est tout pour aujourd'hui ». L'ensemble de la série, toutes saisons confondues, totalise 208 épisodes de 2 à 3 minutes, diffusés de 1968 à 1973 puis à nouveau en 2000 sur Canal+, d'après l'INA.

Le principe en bref :

- les Shadoks, des bestioles qui tentent d'aller vers une planète inconnue, selon les mots de Claude Piéplu ;

- les Gibis, leurs adversaires, portent un nom tiré des initiales GB, pour Great Britain, selon le récit de Jacques Rouxel repris par l'INA ;

- la voix off de Claude Piéplu commente leurs aventures sur un ton sentencieux, selon l'Universalis ;

- à partir du cinquième épisode, la musique de Robert Cohen-Solal ajoute des bruits de carton, de boîtes en fer et de ruban adhésif transformés au magnétophone.

## Un publicitaire de Cherbourg au service de la recherche

Jacques Rouxel naît à Cherbourg le 26 février 1931, indique l'[Encyclopædia Universalis](https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-rouxel/). Après des débuts dans la publicité, il entre au service de la recherche de l'ORTF, que l'encyclopédie décrit comme un espace de liberté et d'invention. Ce service, créé par Pierre Schaeffer en 1960 pour promouvoir la musique concrète, commence alors à s'intéresser à des projets visuels pour le cinéma et la télévision, selon l'INA.

Rouxel y crée les Shadoks grâce à l'animographe, que l'Universalis présente comme une machine à faire des dessins animés. Selon la fiche musicale de l'INA, les épisodes de 1968 et 1969 mobilisent trois groupes du service : image, technique et recherches musicales.

D'après cette même fiche, c'est le directeur des programmes de l'ORTF qui suggère d'en faire un feuilleton avec des bons et des méchants. Rouxel baptise alors Shadok un oiseau bizarre tiré de ses tiroirs, parce que le mot ne voulait rien dire.

## Un public partagé entre les « pour » et les « contre »

Jacques Rouxel l'expliquait à l'INA : c'était inspiré du non-sens anglais, et le public n'était pas habitué à cet humour. La [fiche des Fresques de l'INA](https://fresques.ina.fr/artsonores/fiche-media/InaGrm00017/robert-cohen-solal-les-shadoks.html) résume la situation en une phrase : il y avait les « pour » et les « contre ».

![Vue aérienne de la Maison de la Radio, bâtiment circulaire au bord de la Seine à Paris](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/shadoks-ortf-courrier-telespectateurs-2.jpg)La Maison de la Radio vue depuis le deuxième étage de la tour Eiffel, en janvier 2007. Crédit : Cyberjunkie, CC BY 2.5, via Wikimedia Commons.
L'Encyclopædia Universalis, sous la plume de Christian Bosseno, avance une proportion : les Shadoks auraient exaspéré deux téléspectateurs sur trois et inspiré un volumineux courrier. Le même texte refuse pourtant d'y voir une nouvelle affaire Dreyfus divisant les familles.

Les traces de cette querelle conservées par l'INA sont nombreuses :

- l'ORTF se retrouve inondée de courriers de téléspectateurs, selon l'institut ;

- l'ORTF en tire une émission dédiée, Les Français écrivent aux Shadoks, présentée par Jean Yanne, avec Les Charlots et Daniel Prévost ;

- dans un numéro de courrier intitulé Cocorico, diffusé le 7 mars 1969, Jean Yanne, juché par trucage sur un coq, lit des lettres dont la notice de l'INA indique qu'elles sont en majorité très critiques ;

- une rumeur, rapportée comme telle par la fiche de l'INA, prête à Yvonne de Gaulle d'avoir insisté pour que la série reprenne parce que ses petits-enfants l'aimaient beaucoup.

La télévision publique a donc fait du courrier lui-même un programme. La même année, la première chaîne diffusait une autre nouveauté moquée par la presse : [la première publicité de marque, diffusée le 1er octobre 1968 juste avant le journal](https://lepointdujour.fr/nostalgie/7549-premiere-publicite-television-boursin/).

## Les maximes qui ont survécu à la série

Les formules des Shadoks sont nées d'une intention précise. Selon l'INA, Jacques Rouxel voulait leur attribuer des slogans, à la manière des comic strips américains, et ces formules ont convaincu la direction de la télévision.

Parmi les plus connues :

- « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? », présentée comme la devise shadok par la fiche des Fresques de l'INA ;

- « S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème », mise en avant par l'INA ;

- « Pour qu'il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes », également citée par l'INA ;

- « Je pompe donc je suis », reprise par l'INA dans la présentation de l'intégrale.

Retrouver l'épisode exact d'une maxime n'est pas toujours simple. En 2021, un internaute a demandé au [Guichet du Savoir de la Bibliothèque municipale de Lyon](https://www.guichetdusavoir.org/question/voir/69045) d'où venait la formule sur les mécontents. Après avoir visionné sans succès l'1 h 33 de la première saison mise en ligne par l'INA, où « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » s'entend vers 37 minutes 40, les bibliothécaires ont localisé la phrase sur les mécontents dans la deuxième saison, 1 minute 39 après le début du montage, dans une séquence consacrée au retour du marin shadok.

Les chiffres clés de la série, tels que les donnent les sources citées :

RepèreDonnéeSourcePremière diffusion29 avril 1968INAPremière série52 épisodes programmés à 20 h 30Encyclopædia UniversalisRéceptionDeux téléspectateurs sur trois exaspérés, proportion avancée sans méthode préciséeEncyclopædia UniversalisSacs de lettres devant la Maison de la radio1er février 1969INANuméro Cocorico, lettres en majorité très critiques7 mars 1969INAEnsemble de la série208 épisodes de 2 à 3 minutesINA

## Claude Piéplu, une voix devenue un personnage

Les téléspectateurs suivent les aventures à raison de deux minutes par jour, accompagnées des commentaires de Claude Piéplu, écrit l'INA. Le comédien a fini par incarner à lui seul, par sa voix, les fameux oiseaux. Il disait avoir dû rappeler qu'il avait aussi un corps, des yeux et un regard.

Sept mois avant les Shadoks, la deuxième chaîne avait lancé ses premières émissions en couleurs, et il a fallu attendre 1978 pour que 30 % des foyers soient équipés, comme nous l'avions raconté à propos de [l'arrivée de la télévision couleur le 1er octobre 1967](https://lepointdujour.fr/nostalgie/7672-television-couleur-secam-ortf/).

## Ce que les archives ne tranchent pas

Plusieurs points restent flous, et les sources ne concordent pas toujours :

- l'horaire : l'Universalis parle d'une programmation à 20 h 30, la fiche des Fresques de l'INA d'une diffusion juste avant le journal de 20 heures ;

- la durée : l'Universalis évoque des épisodes d'une minute pour la première série, l'INA des épisodes de 2 minutes ;

- le décompte : la fiche musicale de l'INA mentionne 156 épisodes réalisés en 1968 et 1969, quand l'article de l'INA parle de 208 épisodes pour l'ensemble de la série, saison de 2000 comprise ;

- la proportion de deux téléspectateurs sur trois exaspérés est avancée par l'Universalis sans que le texte précise comment elle a été établie.

Le nombre exact de lettres reçues n'apparaît pas dans les notices de l'INA consultées, et l'intervention d'Yvonne de Gaulle reste, selon l'INA elle-même, une rumeur. Jacques Rouxel s'est éteint en 2004.

## Questions fréquentes

### Quand les Shadoks ont-ils été diffusés pour la première fois ?

Le 29 avril 1968, sur la première chaîne de l'ORTF, selon l'INA.

### Qui a créé les Shadoks ?

Jacques Rouxel, né à Cherbourg en 1931 et passé par la publicité avant d'entrer au service de la recherche de l'ORTF.

### Pourquoi les Shadoks ont-ils divisé les Français ?

La série reposait sur un humour inspiré du non-sens anglais, auquel le public n'était pas habitué, expliquait Jacques Rouxel. L'Encyclopædia Universalis avance, sans préciser sa méthode, qu'elle aurait exaspéré deux téléspectateurs sur trois, et l'INA rapporte que l'ORTF a été inondée de courriers.

### Qu'était l'émission Les Français écrivent aux Shadoks ?

Une émission courte de l'ORTF, présentée par Jean Yanne avec Les Charlots et Daniel Prévost, qui lisait et commentait les lettres des téléspectateurs.

### D'où vient « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » ?

C'est la devise shadok, selon la fiche des Fresques de l'INA. Elle s'entend dans la première saison, selon les bibliothécaires de Lyon.

### Combien y a-t-il d'épisodes des Shadoks ?

L'INA compte 208 épisodes de 2 à 3 minutes, diffusés de 1968 à 1973 puis en 2000 sur Canal+.

Pour retrouver nos articles dans votre fil Google, ajoutez Le Point du Jour à vos sources préférées.

---

## Categories

- Nostalgie

---

## Navigation

- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)

---

## Footer Links

- [Accueil](https://lepointdujour.fr/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Facebook](https://www.facebook.com/profile.php?id=61566138330419)
- [Instagram](https://www.instagram.com/lepointdujour.fr/)
- [Threads](https://www.threads.com/@lepointdujour.fr)
- [Nous contacter](https://lepointdujour.fr/contact/)
- [Plan du site](/sitemap/)
- [Politique de rédaction](/redaction/)
- [Politique de confidentialité](https://lepointdujour.fr/politique-de-confidentialite/)
- [Mentions légales](/mentions-legales/)
- [Gestion des cookies](https://lepointdujour.fr/gestion-des-cookies/)
- [Tout voir](/topics/)
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie et innovation](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)
- [En savoir plus sur ces finalités](https://cookiedatabase.org/tcf/purposes/)