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# Goldorak a débarqué sur Antenne 2 le 3 juillet 1978, et six mois plus tard Récré A2 recevait près de 2 000 lettres par jour, selon Télé 7 jours

**URL:** https://lepointdujour.fr/nostalgie/8252-goldorak-recre-a2-polemique-violence/
Date: 2026-10-06
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Diffusé dès le 3 juillet 1978 dans Récré A2, Goldorak a déclenché lettres d'enfants, tracts syndicaux et procès en violence dans la presse de l'époque.
Categories: Nostalgie
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/goldorak-recre-a2-polemique-violence-scaled.jpg
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Programmé en plein été comme un simple essai, le robot japonais est devenu en quelques mois l'affaire de toute la France, des cours d'école aux colonnes de Télérama.

Lundi 3 juillet 1978, en plein milieu des vacances scolaires. Sur Antenne 2, l'animateur Gérard Chambre annonce aux enfants un « feuilleton japonais ». Le premier épisode de Goldorak commence. Pour l'émission, c'est la première tentative de diffusion d'un dessin animé japonais.

## Goldorak arrive sur Antenne 2 le 3 juillet 1978, dans Récré A2

La série a été produite par Toei Animation d'après l'œuvre de Go Nagai, et diffusée au Japon entre 1975 et 1977 sous le nom de Grendizer. Selon [l'INA](https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/goldorak-le-heros-qui-fascinait-les-enfants-en-1979), elle compte 74 épisodes de 24 minutes et débarque en France le 3 juillet 1978 dans « Récré A2 », animée par Dorothée et Gérard Chambre.

Le mémoire de master de Céline Epalle, soutenu en 2017 à l'Enssib sous la direction d'Evelyne Cohen et appuyé sur les archives de l'INA, détaille les premiers pas de la série sur la chaîne :

- le distributeur Jacques Canestrier fait acheter la série par Antenne 2 pour Récré A2, émission dirigée par Jacqueline Joubert ;

- la série passe d'abord à une heure creuse, puis glisse à 18 heures et devient bihebdomadaire, le lundi et le jeudi ;

- devant l'intérêt des enfants, Jacqueline Joubert accepte l'achat de 26 nouveaux épisodes.

D'après [ce travail universitaire](https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/67857-diffusion-et-reception-du-manga-en-france-l-exemple-de-goldorak-de-1978-a-nos-jours.pdf), cet horaire de vacances correspond à une plage « sans audimat ni enjeux importants ».

## Un succès mesuré au courrier plus qu'à l'audimat

Mesurer ce succès n'est pas simple : le mémoire rappelle que les sondages auprès des plus jeunes sont alors interdits. Le succès se lit donc ailleurs. Le magazine Télé 7 jours du 13 janvier 1979 rapporte que Récré A2 reçoit près de 2 000 lettres par jour au sujet de Goldorak, pour le célébrer ou le critiquer.

Le 19 janvier 1979, Paris Match consacre à « la folie Goldorak » un article qui fait du robot « le messie des enfants français ». L'hebdomadaire y avance un chiffre spectaculaire : dès le troisième mois, le taux d'écoute de la chaîne concurrente à la même heure serait tombé à 0 %. Le mémoire juge ce chiffre trop impressionnant pour être pris comme un fait sérieux.

Les principaux repères chiffrés de ce démarrage :

RepèreChiffreSource citée
Épisodes de la série originale74 de 24 minutesINA
Nouveaux épisodes achetés par Récré A226Télé 7 jours, 3 février 1979
Courrier reçu par Récré A2près de 2 000 lettres par jourTélé 7 jours, 13 janvier 1979
Part des 8 à 14 ans devant Récré A2 pendant Goldorak51 à 58 %Bernadette Drouet, DSA, 27 avril 1979
Disques vendus dès décembre 1978400 000Paris Match, 19 janvier 1979

Le chiffre de 51 à 58 % vient de Bernadette Drouet, dans l'article « Goldorak super-star : risque d'overdose » paru le 27 avril 1979 dans la revue DSA. En avril 1979, un film composé d'épisodes déjà diffusés sort au cinéma, et l'INA conserve un reportage d'« Aujourd'hui madame » du 17 avril 1979 tourné devant une salle des grands boulevards à Paris.

## La polémique sur la violence éclate dans la presse dès 1978

Le débat démarre vite, et il est porté par la presse écrite. Le mémoire d'Epalle en reconstitue les étapes, à partir des titres d'époque :

![Portrait du mangaka Go Nagai, lunettes rondes et veste blanche, saluant de la main devant un fond rouge](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/goldorak-recre-a2-polemique-violence-2.jpg)Go Nagai lors d'une conférence à Japan Expo, à Paris, le 4 juillet 2008. Crédit : Georges Seguin (Okki), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

- 6 décembre 1978 : Télérama s'étonne du succès du magazine tiré de la série, un « triste record » vu sa violence, et qualifie Goldorak de série « débile et volontiers fascisante » ;

- 2 janvier 1979 : Loisirs Jeunes publie « Le pacifique Goldorak », billet indigné par une publicité Mattel pour une figurine Goldorak parue dans Télérama le 6 décembre 1978 ;

- 16 janvier 1979 : Loisirs Jeunes publie « Que cesse Goldorak », lettre ouverte qui demande au conseil d'administration d'Antenne 2 d'arrêter la diffusion ;

- mars 1979 : le magazine Lui titre « Goldorakett » et fusionne en pleine page les visages du robot et d'Adolf Hitler ;

- septembre 1979 : dans Le Français aujourd'hui, Paul Lidsky rapporte ce qu'en pense son fils Julien, un article qui, selon le mémoire, montre que les inquiétudes étaient excessives.

Selon l'article de Lui cité par le mémoire, les syndicats des techniciens d'A2 avaient placardé des tracts anti-Goldorak qui assimilaient la série au fascisme. Dans un micro-trottoir d'Antenne 2 à la sortie du film, une mère répond pourtant qu'elle ne trouve pas la série trop violente.

En 1981, la psychologue Liliane Lurçat publie chez Syros [À cinq ans, seul avec Goldorak](https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34665622c), une enquête menée auprès d'enfants de maternelle de 4 à 6 ans. Elle y note que le robot a aussi « troublé bien des parents ». Jacqueline Joubert elle-même, selon le mémoire, s'oppose ensuite à la rediffusion d'une série qu'elle juge trop violente, avant de céder à la demande des enfants : Goldorak revient dans Récré A2 le 6 janvier 1982.

## Le générique d'Enrique remplacé par celui de Noam le 31 août 1978

La polémique touche aussi la musique. La première version française comporte deux chansons, l'une pour l'ouverture et l'autre pour la fin, interprétées par Enrique sur une musique de Shunsuke Kikuchi, avec des paroles adaptées par Pierre Delanoë. Le mémoire relève que les expressions « ennemi héréditaire » et « notre race » sont les seuls passages qui pouvaient être rapprochés du fascisme.

Le 31 août 1978, moins de deux mois après le premier épisode, un nouveau générique apparaît, commun à l'ouverture et à la fin, chanté par Noam. Ses paroles et sa musique ne dépendent plus de la version japonaise. L'accent passe des combats à un robot futuriste qui « parcourt tout l'univers ».

La vague commerciale suit dès l'hiver. Selon Paris Match, cité par le mémoire, la production lancée début décembre 1978 compte 400 000 disques, 150 000 posters et un journal tiré à 300 000 exemplaires. Mattel commercialise la figurine Goldorak Shogun, la première diffusée en France, selon le mémoire.

## Ce que la légende de Goldorak ne dit pas

Plusieurs chiffres répétés depuis 1978 résistent mal à la vérification. L'INA écrit que « dès la rentrée 1978, les audiences avoisinent les 100 % de parts de marché ». Or les sondages auprès des plus jeunes étaient interdits à l'époque, et le chiffre détaillé cité par le mémoire, publié en 1979 par Bernadette Drouet, donne 51 à 58 % des 8 à 14 ans. Ces données ne permettent pas d'établir une audience précise.

Les points qui restent débattus :

- l'heure du premier épisode : 18 heures selon l'INA, 16 heures selon le mémoire, qui s'appuie sur l'archive de l'émission ;

- la raison du changement de générique : Jacques Canestrier évoque la musique dans Télé 7 jours en février 1979, et le lien avec les tracts n'est rapporté que par un intervenant anonyme d'un colloque de 2016 ;

- le rôle de Ségolène Royal : son livre [Le Ras-le-bol des bébés zappeurs](https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb35063838x), paru chez Robert Laffont en 1989, vise surtout le Club Dorothée de TF1. Le mémoire souligne qu'il n'a que relativement peu influencé le débat autour de Goldorak, dont l'autrice évoque les débats comme un temps qui « paraît lointain ».

Goldorak revient ensuite sur TF1, dans le Club Dorothée, à partir du 23 septembre 1987. Cette nouvelle époque, et ses propres polémiques, sont racontées dans [notre article sur la fin du Club Dorothée](https://lepointdujour.fr/nostalgie/7474-club-dorothee-arret-tf1-satellite/). Sur l'équipement des foyers à cette époque, lire aussi [l'arrivée de la télévision couleur en France](https://lepointdujour.fr/nostalgie/7672-television-couleur-secam-ortf/).

## Questions fréquentes

### Quand Goldorak est-il passé pour la première fois à la télévision française ?

Le premier épisode a été diffusé le 3 juillet 1978 sur Antenne 2, dans Récré A2. La série est ensuite passée à 18 heures, le lundi et le jeudi.

### Combien d'épisodes compte Goldorak ?

La série originale de Toei Animation compte 74 épisodes de 24 minutes, diffusés au Japon entre 1975 et 1977.

### Qui chantait le générique de Goldorak ?

Enrique a chanté les premiers génériques, sur des paroles de Pierre Delanoë. Le 31 août 1978, un générique unique chanté par Noam les a remplacés.

### Pourquoi Goldorak était-il accusé d'être violent ?

Une partie de la presse, comme Télérama en décembre 1978, et des revues destinées aux parents et aux éducateurs dénonçaient une apologie de la violence. Certains titres sont allés jusqu'à accuser la série de fascisme.

### Goldorak a-t-il vraiment fait 100 % d'audience ?

L'INA évoque des audiences avoisinant les 100 % de parts de marché à la rentrée 1978. Une estimation publiée en 1979 parle plutôt de 51 à 58 % des 8 à 14 ans.

### Ségolène Royal a-t-elle lancé la polémique contre Goldorak ?

Non. Son livre paraît en 1989, plus de dix ans après les débuts de la série, et vise surtout le Club Dorothée. La polémique sur Goldorak remonte à 1978 et 1979.

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