---
# 575 266 candidats au certificat d'études primaires en 1966, et un décret de 1989 l'a effacé du droit français

**URL:** https://lepointdujour.fr/nostalgie/7836-certificat-etudes-primaires-abrogation/
Date: 2026-09-28
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Les statistiques du ministère recensent 449 308 reçus à la session 1966, et le décret du 28 août 1989 a supprimé la base légale de l'examen.
Categories: Nostalgie
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/12-certificat-etudes-primaires-abrogation-scaled.jpg
---

Reste à mesurer ce que pesait vraiment cet examen dans la France d'après-guerre, et pourquoi il a fallu un décret pour le faire sortir du droit.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [le plan Informatique pour tous et le MO5 des écoliers de 1985](https://lepointdujour.fr/nostalgie/7642-plan-informatique-tous-thomson-mo5/).

## Le certificat d'études primaires a réuni 575 266 candidats en 1966
Le chiffre vient des statisticiens de la rue de Grenelle. Dans [le tableau des résultats du certificat d'études primaires pour 1965 et 1966](https://archives-statistiques-depp.education.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/6222/resultats-du-certificat-d-etudes-primaires-en-1965-et-1966), le service central des statistiques et de la conjoncture du ministère de l'Éducation nationale recense **575 266 candidats présentés** à la session 1966, dont 449 308 admis, soit 78,0 % de réussite. Un an plus tôt, la session 1965 comptait 561 887 présentés et 448 662 reçus, pour un taux de 79,9 %.

Le détail par sexe est instructif. En 1966, 304 357 garçons se présentent et 232 039 sont reçus, soit 76,2 %, contre 270 909 filles présentées et 217 269 admises, soit 80,1 %. L'écart n'a rien d'anecdotique : les filles réussissent mieux ce certificat d'études primaires dès le milieu des années 1960, avec près de quatre points d'avance.

## Un examen inscrit dans la loi scolaire du 28 mars 1882
Le certificat d'études primaires n'était pas une tradition officieuse : il avait sa ligne dans la loi. La loi du 28 mars 1882 sur l'organisation de l'enseignement primaire rendait l'instruction obligatoire « pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, âgés de six à quatorze ans révolus », et son article 6 instituait le certificat d'études primaires élémentaires. Aujourd'hui, cet article 6 n'apparaît plus dans la base officielle du droit français que sous la mention « article abrogé ».

![Salle de classe reconstituée avec des pupitres en bois à bancs solidaires, un tableau noir sur estrade, une carte de France murale et une affiche de dates historiques](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/12-certificat-etudes-primaires-abrogation-photo2.jpg)La salle de classe d'après-guerre reconstituée à la Maison rurale de l'Outre-Forêt, à Kutzenhausen en Alsace : carte de France, dates historiques et pupitres à encrier. Crédit : Jean-Pierre Dalbéra, via Wikimedia Commons, CC BY 2.0Concrètement, l'examen fermait la scolarité élémentaire, à un âge qui coïncidait avec la fin de l'instruction obligatoire fixée par la même loi de 1882. Pour les générations d'élèves qui n'allaient pas au-delà, il restait le seul diplôme obtenu, et souvent le seul papier encadré de la maison.

## Quatorze ans révolus, et un examen coupé en deux pendant deux ans
Les règles ont bougé plus souvent qu'on ne le croit. La note qui accompagne le relevé rétrospectif du ministère précise que, depuis l'arrêté du 30 novembre 1944, l'âge requis pour se présenter est de **quatorze ans révolus au 31 décembre de l'année de l'examen**. Auparavant, il fallait douze ans au 1er juillet, puis douze ans au 31 décembre.

La même note documente un épisode oublié. Un arrêté du 22 février 1946 divisait le certificat en deux parties, avant d'être abrogé par un arrêté du 28 mai 1947. Conséquence statistique : pour la seule année scolaire 1945-1946, les chiffres publiés ne comptent que les certificats de deuxième partie délivrés. Le relevé signale aussi que, de 1941 à 1944 inclus, l'académie de Strasbourg n'est pas comprise dans les totaux.

## Une série statistique qui remonte à 1920
La continuité de ces données fait leur intérêt. [Le relevé rétrospectif publié en février 1958 par le Bureau universitaire de statistiques](https://archives-statistiques-depp.education.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/8254/statistiques-retrospectives-concernant-les-examens-subis-et-les-diplomes-delivres-dans-l-enseignemen) suit le certificat année après année depuis 1920 en France métropolitaine. Il en ressort une courbe en dents de scie, où les guerres creusent des trous et où l'après-guerre installe un palier autour de 300 000 candidats par an.

Les sessions de référence donnent la mesure du phénomène :

SessionCandidats présentésReçus1920249 446194 7481938454 990380 3261950313 134252 0611955311 563252 5201966575 266449 308Une session parallèle, moins connue, existait pour les adultes. En 1966, elle réunit 41 371 candidats pour 20 562 admis, soit 49,7 % de réussite, contre 39 011 présentés et 21 441 reçus en 1965. Le taux y est donc inférieur de trente points à celui des écoliers, ce qui dit beaucoup de ce que représentait le rattrapage scolaire pour des adultes entrés tôt au travail. Les métiers qui recrutaient alors ces jeunes gens ont, pour la plupart, disparu à leur tour, à l'image de [la composition au plomb sur linotype](https://lepointdujour.fr/nostalgie/7673-linotype-composition-plomb-journaux/).

## Le décret du 28 août 1989 a retiré la base légale
La disparition n'a pas fait de bruit. [Le décret n° 89-607 du 28 août 1989](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000517613/) porte simplement abrogation de l'article 6 de la loi du 28 mars 1882 modifiée relative au certificat d'études primaires élémentaires. La base officielle du droit français date l'abrogation de cet article du 2 septembre 1989, jour de publication au Journal officiel.

Un examen ne meurt pas le jour où son article de loi tombe. L'allongement de la scolarité obligatoire, puis la généralisation du collège, avaient progressivement vidé le certificat de sa fonction première, qui était de clore l'école élémentaire pour ceux qui n'allaient pas plus loin. Le décret de 1989 n'a fait qu'aligner le droit sur un usage éteint, comme d'autres textes ont enterré des habitudes que plus personne ne pratiquait, à commencer par [les points à collectionner des Carambar](https://lepointdujour.fr/nostalgie/7580-carambar-blagues-points-dh/).

## Regretté souvent, rétabli jamais
La demande revient régulièrement au Parlement. Le 22 août 2019, le sénateur Jean Louis Masson, élu de la Moselle, dépose [une question écrite demandant le rétablissement du certificat d'études à titre facultatif](https://www.senat.fr/questions/base/2019/qSEQ190812044.html), en faisant valoir qu'il représentait un socle minimum de connaissances utile à l'entrée dans la vie professionnelle.

La réponse, publiée le 19 décembre 2019, est un refus argumenté. Le ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse estime que « le livret scolaire de la scolarité obligatoire, le CFG et le DNB permettent d'attester précisément du niveau de maîtrise par les élèves des connaissances et compétences », et conclut qu'« il n'est par conséquent pas nécessaire de compléter cet ensemble en introduisant un examen supplémentaire ». Le certificat de formation générale et le diplôme national du brevet ont donc pris la place que l'ancien certificat occupait.

Une prudence s'impose enfin sur les comparaisons. Les séries citées comptent des candidats présentés, pas une classe d'âge entière : une partie des enfants ne se présentait pas, et le taux de réussite ne mesure donc pas le niveau moyen d'une génération. Question suivante : quels objets du quotidien gardent encore la trace de ces années d'école ? Réponse dans notre article sur [le chiffre gravé au fond des verres Duralex](https://lepointdujour.fr/actualite/7249-moi-jai-12-ans-ce-que-le-chiffre-au-fond-de-votre-verre-duralex-signifie-vraiment/). Pour suivre la suite de ces archives scolaires, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le geste le plus direct.

---

## Categories

- Nostalgie

---

## Navigation

- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)

---

## Footer Links

- [Accueil](https://lepointdujour.fr/)
- [Industrie et innovation](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Facebook](https://www.facebook.com/profile.php?id=61566138330419)
- [Instagram](https://www.instagram.com/lepointdujour.fr/)
- [Threads](https://www.threads.com/@lepointdujour.fr)
- [Nous contacter](https://lepointdujour.fr/contact/)
- [Plan du site](/sitemap/)
- [Politique de rédaction](/redaction/)
- [Politique de confidentialité](https://lepointdujour.fr/politique-de-confidentialite/)
- [Mentions légales](/mentions-legales/)
- [Gestion des cookies](https://lepointdujour.fr/gestion-des-cookies/)
- [Tout voir](/topics/)
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)
- [En savoir plus sur ces finalités](https://cookiedatabase.org/tcf/purposes/)