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# Diffuseur de parfum maison, naturel ou de synthèse : l'ANSES rattache le profil d'émission au mode de diffusion, et non à l'origine des composés

**URL:** https://lepointdujour.fr/maison-jardin/8798-diffuseur-parfum-maison-naturel-emissions/
Date: 2026-10-28
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Diffuseur de parfum maison naturel : la campagne nationale logements mesure 18,2 µg/m3 de limonène en médiane dans la chambre, et indétectable dehors.
Categories: Maison et jardin
Tags: Maison et entretien
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/04-parfum-interieur-air-sources-scaled.jpg
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Un parfum d'intérieur ne fait pas que sentir : il relâche des composés que les campagnes officielles comptent un par un.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [les odeurs de cuisson et comment les chasser](https://lepointdujour.fr/actualite/4389-dire-adieu-aux-mauvaises-odeurs-en-cuisine-astuces-et-methodes-naturelles-pour-une-piece-toujours-fraiche-11082025/).

## Diffuseur de parfum maison, naturel ou non : ce qui part dans l'air

Un diffuseur de parfum pour la maison, naturel ou de synthèse, envoie dans la pièce des composés organiques volatils. Dans son [rapport d'expertise collective](https://www.anses.fr/fr/system/files/AIR2018SA0145Ra.pdf) de mars 2020, l'ANSES décrit une huile essentielle comme un mélange de 20 à 200 composés organiques, dominé par les terpènes. La même expertise écrit que le profil d'émission dépend du mode de diffusion et non de l'origine, naturelle ou de synthèse, des composés : un aérosol manuel culmine dans l'heure puis redescend vite, un diffuseur électrique monte de la première à la deuxième heure puis décroît très lentement, un diffuseur passif monte progressivement.

Ce qui vient après ne dépend plus du flacon. Les terpènes émis réagissent avec l'ozone de l'air, surtout en été, et forment des aérosols organiques secondaires, du formaldéhyde et du peroxyde d'hydrogène, en quantités variables selon divers paramètres, dont le taux de renouvellement de l'air de la pièce, celui-là même que l'on retrouve derrière [les entrées d'air bouchées et la condensation de l'hiver](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/8341-entrees-air-vmc-condensation-hiver/). L'ANSES ajoutait en 2020 que les études sur cette réactivité employaient le plus souvent un générateur d'ozone. Le projet ESSENTIEL, mené par l'IMT Nord Europe et le CSTB et publié depuis, a refait l'essai dans une pièce de 40 m3 avec un diffuseur par capillarité et une injection d'ozone à des concentrations typiques d'un épisode estival : la réaction y forme du formaldéhyde, de l'acétone et des particules fines.

## Ce que la campagne nationale a relevé dans 571 logements

L'Observatoire de la qualité des environnements intérieurs, piloté par l'ANSES et le CSTB, a publié en 2025 le premier rapport de sa [deuxième campagne nationale logements](https://www.oqei.fr/fr/campagnes-et-etudes/campagne-nationale-logements-2). Entre novembre 2020 et février 2023, 571 logements ont été enquêtés, avec un prélèvement passif de sept jours dans la chambre de la personne de référence et un autre à l'extérieur, puis une pondération ramenant les résultats aux 29,7 millions de résidences principales. Sur les vingt composés organiques volatils suivis, ce sont deux terpènes qui portent les médianes les plus élevées : 18,2 µg/m3 pour le limonène et 11,2 pour l'alpha-pinène.

Le rapport relève un maximum de 1 145 µg/m3 pour le limonène. Dans le séjour, il a aussi cherché deux muscs polycycliques servant d'agents parfumants, le galaxolide et le tonalide, dont il écrit qu'ils n'ont aucune source naturelle : ils sont présents dans 99,8 % des logements, à 64,5 et 11,1 ng/m3 en médiane.

Les quatre composés du tableau ci-dessous ont été prélevés dans la chambre par la même méthode, au même moment :

Composé, campagne nationale logements 2
Médiane dans la chambre, moyenne sur 7 jours
Médiane à l'extérieur du logement, moyenne sur 7 jours
Valeur de référence pour l'air intérieur citée par le rapport

Limonène, un terpène
18,2 µg/m3
Sous la limite de détection
Aucune

Alpha-pinène, un terpène
11,2 µg/m3
Sous la limite de détection
Aucune

Benzène
1,18 µg/m3
0,92 µg/m3
6 µg/m3, valeur repère de gestion du Haut conseil de la santé publique

Toluène
2,87 µg/m3
1,17 µg/m3
20 000 µg/m3, valeur guide de qualité d'air intérieur de l'ANSES

## Le mot naturel ne décrit pas une émission

C'est là que la recherche d'un parfum maison naturel bute. Le rapport de l'ANSES le formule ainsi : « l'origine naturelle de ces différents COV ne signifie pas qu'ils n'ont pas d'effet néfaste sur la santé. En effet, la toxicité d'une substance, qu'elle soit d'origine naturelle ou bien synthétique, est intrinsèquement liée à sa nature chimique et non à son origine. » La même expertise écrit que les sprays et diffuseurs de synthèse sont « autant émetteurs de concentrations élevées en COV » que ceux à base d'huiles essentielles, tout en relevant, pour les aérosols manuels de l'étude du CSTB, 99 204 µg/m3 en moyenne avec huiles essentielles contre 5 077 sans.
![Rangées de flacons de verre cylindriques remplis d'huiles ambrées et jaunes, posés sur une vitrine blanche.](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/04-parfum-interieur-air-sources-photo2.jpg)Des flacons d'huiles d'eucalyptus exposés au Powerhouse Museum de Sydney en août 2022, distillés entre 1900 et 1940. Crédit : Mx. Granger, Wikimedia Commons, CC0.
[Le projet PRESSENS](https://www.oqei.fr/sites/default/files/2025-07/rapport-pressens.pdf), mené par le CSTB, l'Ineris et le Laboratoire de chimie de l'environnement d'Aix-Marseille, a comparé pour quinze désodorisants non combustibles la composition du liquide et la fraction organique volatilisable. Dans un diffuseur passif, le liquide contient 19 % de bêta-citronellal et 16 % de limonène, mais la fraction volatilisable est dominée à plus de 85 % par le citral et ses isomères. Dans les essais menés en maison expérimentale, aucun limonène n'a été quantifié pour trois diffuseurs passifs, alors qu'il figurait dans leur composition, parfois en majorité. Les auteurs jugent parcellaire l'information fournie aux utilisateurs. Ce constat porte sur des produits du commerce, et non sur les recettes maison comme [le bicarbonate associé au romarin](https://lepointdujour.fr/actualite/4393-bicarbonate-et-romarin-une-astuce-maison-meconnue-pour-un-nettoyage-ecologique-11082025/).

Ces produits ont ensuite été mis en œuvre dans une chambre de 32 m3 vide de meubles, à ventilation maîtrisée, de la maison expérimentale MARIA du CSTB, lors de 34 essais. Les diffuseurs électriques à chaleur ou à ultrasons y ont été les plus émetteurs de benzène, et les auteurs estiment que le mode d'application, c'est-à-dire chauffer un mélange parfumé, « semble être responsable de cette émission » puisqu'elle ne peut être associée à la composition du parfum.

## Un étiquetage obligatoire, sur une catégorie bien délimitée

Un étiquetage s'impose depuis le 1er janvier 2019 aux désodorisants à combustion mis en vente en France, sauf à ceux déjà légalement commercialisés dans un autre État de l'Espace économique européen avec un niveau d'information équivalent. Le [décret du 10 mai 2017](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034674812) définit ce produit comme un matériau combustible parfumé qui dégage dans l'air, sous l'action de la combustion, les substances odorantes qu'il contient. L'étiquette doit porter des informations sur les précautions à prendre, portant sur la ventilation de la pièce après l'utilisation et sur l'absence d'inhalation directe de la fumée. Le rapport de la campagne nationale résume ce décret comme visant les bougies et l'encens. Un appareil qui ne brûle rien n'entre pas dans la définition qu'il pose.

L'étiquetage portant sur les émissions de composés organiques volatils relève d'un autre texte : le décret du 23 mars 2011 vise les produits de construction, les revêtements de mur et de sol, les peintures et les vernis. Ni l'un ni l'autre de ces deux décrets ne soumet un parfum d'ambiance non combustible à une étiquette d'émissions. Deux précisions évitent un contresens dans ce [dossier entretien de la maison](https://lepointdujour.fr/tag/maison-entretien/) : l'ANSES rappelle qu'un produit qui masque les odeurs sans détruire les micro-organismes n'est pas un biocide, et elle écrit qu'une [valeur guide de qualité d'air intérieur](https://www.anses.fr/system/files/AIR2020MPEX0184Ra.pdf) est destinée aux pouvoirs publics afin qu'ils fixent des valeurs de gestion du risque.

## Ce que ces mesures ne disent pas

Ces ordres de grandeur ne sont pas interchangeables. Les plus fortes concentrations citées par l'ANSES viennent d'une étude du CSTB de février 2017 menée en chambre d'essai d'émission de 1 m3 : sur cinq heures, trois diffuseurs électriques d'huiles essentielles y atteignent 35 535, 60 808 et 87 149 µg/m3 de composés organiques volatils totaux en moyenne. Un mètre cube clos n'est pas une pièce : ces valeurs comparent des produits entre eux.

À l'inverse, les 18,2 µg/m3 de limonène de la campagne nationale sont une moyenne sur sept jours, dans une chambre, toutes sources confondues : entretien, cosmétiques, mobilier, cuisine, parfums d'ambiance. Le rapport ne retient aucune valeur de référence pour l'air intérieur applicable aux terpènes. Et l'ANSES n'avait retenu, en 2020, que cinq études mesurant ces émissions. Rien de cela ne renseigne sur les [plantes d'intérieur dites dépolluantes](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/3709-ces-5-plantes-ultra-courantes-purifient-l-air-de-votre-maison-sans-que-vous-le-sachiez-17072025/).

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