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# Cloque du pêcher : le champignon hiverne dans les bourgeons, et l'abri de pluie se monte à la chute des feuilles

**URL:** https://lepointdujour.fr/maison-jardin/8346-cloque-pecher-chute-feuilles-abri/
Date: 2026-10-08
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: La RHS fait poser l'abri de pluie après la chute des feuilles en novembre et le laisse jusqu'à la mi-mai, car l'infection réclame de l'humidité.
Categories: Maison et jardin
Tags: Arbres et fruitiers
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/10-cloque-pecher-chute-feuilles-abri-scaled.jpg
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Rien ne se voit sur un pêcher au mois d'octobre, et c'est pourtant maintenant que se décide la maladie du printemps prochain.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié à [la tavelure du pommier et au devenir des feuilles tombées](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/7933-tavelure-pommier-feuilles-broyage/).

## La cloque du pêcher se joue pendant que l'arbre se dépouille
La cloque est une maladie provoquée par un champignon, *Taphrina deformans*. La [fiche que lui consacre la Royal Horticultural Society](https://www.rhs.org.uk/disease/peach-leaf-curl) décrit des feuilles froissées, épaissies et déformées, souvent rouges, couvertes d'une efflorescence blanche de spores, qui tombent vite et privent l'arbre de sa vigueur. Pousses et fruits sont parfois atteints eux aussi. L'espèce ne s'attaque pas qu'au pêcher : la société savante britannique cite aussi le nectarinier et l'amandier, et plus occasionnellement l'abricotier et les *Prunus* d'ornement.

Le point décisif tient à son cycle. Le champignon passe l'hiver à l'intérieur des bourgeons, sous une forme levuriforme saprophyte, c'est-à-dire qu'il se nourrit de matière organique morte. Au débourrement, il pénètre le tissu foliaire et provoque l'hypertrophie, ce gonflement et cette déformation qui donnent à la feuille son aspect boursouflé. Il produit ensuite sa floraison de spores, et ces spores vont se loger dans les fissures de l'écorce et dans les bourgeons, où elles reconstituent la forme hivernante jusqu'au printemps suivant. La RHS précise d'ailleurs que certains détails de ce cycle restent mal connus.

## Une maladie de pluie, pas de froid
La même fiche pose une condition qui change tout le raisonnement : des conditions humides sont nécessaires pour que les infections de printemps se produisent. Ce n'est donc pas le froid qui commande la cloque, mais la présence d'eau sur de jeunes pousses au moment du débourrement. Un deuxième fait du même texte en découle : l'arbre peut produire une seconde vague de feuilles pour remplacer celles qui sont tombées, et cette seconde vague ne sera pas réinfectée par le champignon.

![Rameau de pêcher portant côte à côte des feuilles vertes saines et des feuilles rouges boursouflées](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/10-cloque-pecher-chute-feuilles-abri-2.jpg)Rameau de pêcher atteint de la cloque : certaines feuilles sont saines et vertes, d'autres cloquées et rouges. Crédit : Eiku, via Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0Au moment où les feuilles rougissent, l'infection a donc déjà eu lieu, et la seule marge qui reste porte sur ce qui sera reporté à l'année suivante. La RHS conseille sur ce point d'enlever rapidement les feuilles atteintes avant que l'efflorescence blanche n'apparaisse, afin de réduire la quantité de champignon reportée. Question suivante : quels autres soins un fruitier réclame-t-il en fin de saison ? Notre article sur [les fruitiers envahis de pucerons en fin d'été](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/4686-fin-dete-vos-fruitiers-envahis-de-pucerons-la-technique-naturelle-qui-les-protege-et-booste-vos-prochaines-recoltes-22082025/) en donne le détail.

## L'abri de pluie du jardin fruitier de Wisley
La parade non chimique que décrit la RHS tient en une bâche. Pour un pêcher conduit en palissage contre un mur ou une clôture, un abri de pluie en feuille plastique se révèle très efficace pour empêcher l'infection. La fiche en donne les cotes : il couvre le dessus de l'arbre et la face avant jusqu'à 30 centimètres du sol, mais reste ouvert aux extrémités pour laisser passer les insectes pollinisateurs. Le calendrier est tout aussi explicite : il se monte après la chute des feuilles, en novembre, et se laisse en place jusqu'à la mi-mai.

L'objectif de ce dispositif est de garder sèches les pousses au moment où elles sortent, ce qui empêche l'infection et procure en prime une protection contre le gel. La société britannique indique qu'il est employé chaque année avec succès dans le jardin fruitier modèle de Wisley. Elle ajoute, pour le contexte britannique, qu'aucun fongicide n'est disponible aux jardiniers amateurs contre la cloque du pêcher, ce qui renvoie la question vers l'abri et vers le choix du plant.

## La variété pèse autant que le geste
Ce choix a été mesuré. Un [travail d'évaluation de variétés de pêchers pour l'agriculture biologique](https://www.grab.fr/wp-content/uploads/2024/02/choisir_peches_enAB.pdf), signé François Warlop et Christelle Gomez du Groupe de recherche en agriculture biologique d'Avignon et Thierry Pascal de l'unité Génétique et amélioration des fruits et légumes de l'INRA, a suivi une collection d'anciennes variétés et de géniteurs sur huit implantations, dont cinq exploitations biologiques, et noté leur réaction à la cloque sur les saisons 2001 à 2005. La référence de sensibilité, Summergrand, ressort comme la variété la plus touchée, avec une note moyenne de 2,06 sur une échelle de 0 à 4, où 0 vaut immunité et où la note 2 correspond à des feuilles complètement hypertrophiées sur 6 à 30 % du feuillage.

À l'autre bout, le semis d'amateur enregistré sous le nom 5745², venu de l'île d'Oléron, confère selon les auteurs une excellente résistance à la cloque quelles que soient les conditions environnementales, et des variétés anciennes comme Reine des Vergers n° 3, Bénoni ou Madame Guilloux présentent une tolérance à valoriser. L'essai met en garde sur un autre front : en zone favorable à l'oïdium, Tournier, Surpasse Amsden et Madame Guilloux sont déconseillées à la plantation. Reine des Vergers cumule, elle, une résistance à l'oïdium et à la cloque. Pour comprendre ce que la saison froide exige par ailleurs d'un fruitier, notre article sur [les besoins en froid des arbres fruitiers](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/8233-besoins-froid-arbres-fruitiers/) complète le tableau.

Les notes moyennes de réaction à la cloque relevées sur ces cinq saisons se résument ainsi :

VariétéComportement face à la cloqueAutre observation de l'essaiSummergrandla plus touchée du lot, note moyenne de 2,06sert de référence de sensibilité, et semble la plus appréciée du panel de consommateurs, de peu devant Véraud, Sanguine-St-Laurent et Belle de Montélimar5745²excellente résistance quelles que soient les conditionssemis d'amateur venu de l'île d'OléronReine des Vergerstolérance à valoriser, pour le clone n° 3résiste à la fois à l'oïdium et à la cloqueBénonitolérance à valorisersemble présenter une faible qualité gustative malgré son bon comportement à la cloque et à l'oïdiumMadame Guillouxtolérance à valoriserdéconseillée à la plantation en zone favorable à l'oïdium
## Pourquoi aucune variété moderne n'y échappe encore
La recherche travaille sur le levier génétique, mais lentement. Le compte rendu de la rencontre technique pêche-nectarine du 11 septembre 2025, tenue au centre CTIFL de Balandran avec SudExpé et [publié dans Infos CTIFL n° 410 sous la signature de Julien Ruesch](https://www.ctifl.fr/media/contentmanager/content/editions/edition_file_pub-900_1767222070.pdf), rapporte la présentation de Clotilde Nigon, de l'unité INRAE GAFL d'Avignon, dont la thèse vise à mobiliser la génétique contre *Taphrina deformans*. Huit zones génétiques, appelées QTL, ont déjà été repérées, réparties sur quatre des huit chromosomes du pêcher. La difficulté tenue pour principale consiste à cumuler plusieurs résistances partielles sur un même individu, pour limiter le risque que le champignon les contourne.

Le même document donne l'ordre de grandeur qui remet les choses en place : la création et l'évaluation de nouvelles variétés demandent 10 à 15 ans. En attendant, l'évaluation en bas intrants conduite en 2025 par SudExpé sur sa station de Saint-Gilles, dans le Gard, conclut que des solutions alternatives existent pour maîtriser la cloque lorsque la pression est modérée, mais que la maîtrise devient très complexe en forte pression, et que, sur le volet maladies de cet essai, une protection par stratégie alternative revient à près du double d'une protection avec des produits conventionnels.

## Ce que ces repères ne garantissent pas
Trois réserves accompagnent ces éléments. D'abord leur origine : l'abri de pluie, ses cotes et son calendrier viennent d'une société britannique, pour un climat et un mode de conduite donnés, le pêcher palissé contre un mur, et non pour un arbre de plein vent. La mention de l'absence de fongicide pour amateurs vaut pour le Royaume-Uni et ne dit rien de la réglementation française.

Ensuite leur ancienneté : les notes de comportement variétal portent sur les saisons 2001 à 2005 et sur un réseau d'essais limité à huit sites, les auteurs précisant eux-mêmes que le comportement des variétés peut varier selon le terroir de plantation. Enfin, les résultats de SudExpé relèvent d'un verger professionnel conduit en bas intrants, pas d'un jardin, et les deux situations ne se comparent pas directement. Reste un point sur lequel les trois sources convergent, le moment : l'arbre qui perd ses feuilles n'est pas un arbre au repos, c'est un arbre en train de loger son parasite pour l'hiver. La même attention vaut d'ailleurs pour [le figuier avant les premiers froids](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/8094-figuier-hiver-gel-protection/). Pour suivre les repères de saison au verger, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple.

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