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# Fenêtres avant l'hiver : 68 % des sinistres viennent de la menuiserie, pas de sa pose
**URL:** https://lepointdujour.fr/maison-jardin/8184-fenetres-sinistres-avant-hiver/
Date: 2026-10-05
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Sur 236 rapports d'expertise analysés par l'Agence Qualité Construction, la quincaillerie pèse 16 % des cas et le seuil de fenêtre 12 %.
Categories: Maison et jardin
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/10-fenetres-sinistres-avant-hiver-une-scaled.jpg
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Avant les pluies battantes et le chauffage en continu, l'état d'une fenêtre se juge sur trois points précis, que presque personne ne regarde.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié à [l'effet des volets fermés le soir sur les déperditions](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/7702-volets-fenetres-deperditions-hiver/).
## Ce que 236 rapports d'expertise disent des fenêtres avant l'hiver
Les **fenêtres** figurent depuis plusieurs années parmi les dix postes les plus coûteux de l'Observatoire de la qualité de la construction, et même en tête pour les locaux d'activités. Pour comprendre d'où viennent réellement les dégâts, l'Agence Qualité Construction, l'organisme national qui recense les désordres du bâtiment, a fait analyser un échantillon de dossiers de sinistres. [L'étude publiée en avril 2019](https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Etude-Fenetres-Vigilance-AQC.pdf), réalisée par Pierre Jacq, expert menuiseries et façades légères à la direction technique de Saretec, porte sur plus de 600 rapports d'expertise de l'année 2017, dont 236 ont pu être exploités, ceux dont la cause était établie avec assez de précision.
Le classement surprend. Les causes liées à la fenêtre elle-même pèsent **160 cas, soit 68 %**. L'interface entre la fenêtre et le gros œuvre, c'est-à-dire la pose et son calfeutrement, n'arrive qu'en deuxième position, avec 57 cas et 24 %. L'environnement de la fenêtre, appui maçonné et ventilation du logement, ferme la marche avec 19 cas et 8 %. Autrement dit, le produit pèse plus lourd que le poseur dans la sinistralité constatée.
## La quincaillerie, première pathologie identifiée
Dans les 160 cas liés à la menuiserie, la famille la plus nombreuse reste un ensemble composite, les autres défauts d'étanchéité ou de fonctionnement, avec 72 cas et 30,5 %. Parmi les pathologies identifiées nommément, le défaut de quincaillerie vient en premier, avec 37 cas, soit 16 % de l'échantillon. Sur les châssis coulissants, les chariots, souvent en nylon, s'usent, et les poussières accumulées dans les rails finissent par bloquer les roulements. Les pênes et les gâches, fréquemment en zamak, un alliage cassant, se rompent quand le vantail est fermé trop brutalement. Sur les ouvrants à la française et les oscillo-battants, ce sont les quincailleries dissimulées dans les feuillures, de très faible section, qui concentrent les griefs.
Le phénomène a une explication mécanique simple : les fenêtres grandissent et les vitrages s'alourdissent, feuilletés pour l'acoustique ou la sécurité, alors que les ferrures n'ont pas suivi. Des vantaux de 80 kilos et plus sont aujourd'hui courants. Vient ensuite l'affaissement du vantail, 22 cas et 9,5 % : soit les cales du vitrage ont glissé, soit les paumelles ont pris du jeu, et le battant se met à frotter sur la traverse basse jusqu'à devenir impossible à manœuvrer. Le détail des familles de causes se lit ainsi :
Famille de causePart des 236 rapportsCe que l'on constateCauses propres à la fenêtre68 %160 cas, toutes familles confonduesInterface fenêtre et gros œuvre24 %calfeutrement discontinu, angles basDéfaut de quincaillerie16 %chariots, pênes et gâches, ferruresGarde à l'eau du seuil insuffisante12 %29 cas d'infiltration par le basAffaissement du vantail9,5 %frottement puis blocage de l'ouvertureDéfaut d'entretien ou d'usage4,25 %joints dégradés, manœuvres brutales
## L'eau n'entre pas par le vitrage, elle entre par le bas
Deuxième enseignement, l'insuffisance de garde à l'eau du seuil de fenêtre pèse 29 cas et 12 %. La garde à l'eau désigne la hauteur dont dispose l'eau avant de franchir un obstacle et d'atteindre l'intérieur. L'étude insiste sur une pièce peu connue, le casse-goutte, une petite nervure qui guide l'eau infiltrée vers la gorge de drainage. Sans lui, l'eau rejoint directement, par tension superficielle, la garniture d'étanchéité à l'air, qui n'est jamais parfaitement étanche par nature. Beaucoup de concepteurs, note le rapport, ont oublié qu'un joint souple ne constitue pas une barrière à l'eau.
D'où l'importance des orifices de drainage, ces petites fentes percées en partie basse du dormant. Leur absence figure parmi les défauts de fabrication relevés, et leur obstruction par un platelage bois de terrasse monté trop haut est citée parmi les interventions extérieures qui déclenchent un sinistre. En automne, feuilles et poussières s'y ajoutent, au même titre que dans [les chéneaux et les gouttières qu'il faut vider avant les pluies](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/8070-toiture-gouttieres-entretien-automne/).
## Ce que la menuiserie réclame vraiment
Les défauts d'entretien et d'usage ne pèsent que 10 cas, 4,25 % de l'échantillon, mais ce sont les seuls sur lesquels un occupant agit directement. L'étude cite le défaut de renouvellement de finition sur les menuiseries bois, la dégradation progressive ou accidentelle des garnitures d'étanchéité, les manipulations trop brutales, l'obstruction des entrées d'air, et les infiltrations par des fenêtres simplement mal fermées.
Une fenêtre à ouvrant à la française : l'entrée d'air est logée en traverse haute, les paumelles sur le montant. Crédit : Silassouille, via Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0Deux pièges se cachent derrière cette liste. Les entrées d'air, le plus souvent placées en traverse haute, assurent l'apport d'air neuf depuis que les menuiseries sont devenues très étanches. Les boucher revient à supprimer la moitié du circuit. Le vitrage, lui, supporte mal les écarts brutaux de température, qui peuvent le fissurer : la plaquette de conseils aux particuliers publiée par [l'Agence Qualité Construction avec l'Institut national de la consommation](https://www.inc-conso.fr/sites/default/files/pdf/Guide-AQC-Changer-Vos-Fenetres-Conseils.pdf) déconseille de plaquer un meuble contre une fenêtre ou de laisser une protection solaire à moitié fermée. Et percer un profilé pour y fixer un accessoire dégrade les performances et fait tomber les garanties.
## Un an, deux ans, dix ans
La même plaquette rappelle le calendrier des garanties légales : parfait achèvement pendant un an, bon fonctionnement pendant deux ans, décennale pendant dix ans, le niveau applicable dépendant de la gravité du désordre, de ses conséquences et de sa date d'apparition. Une poignée qui durcit ou un oscillo-battant mal réglé relèvent typiquement des éléments d'équipement, et donc des deux premières années après la réception des travaux.
L'étude va plus loin et propose d'inscrire une visite de réglage dans la prestation du menuisier, après la période de rodage. La raison est technique : la prise de jeu des pièces neuves en mouvement est inévitable, et modifie le fonctionnement de la fenêtre dans les mois qui suivent la pose. Cette visite pourrait être prescrite lors de la révision de la norme de mise en œuvre NF DTU 36.5. En attendant, un contrôle annuel à l'entrée de l'hiver reste le seul filet de sécurité, comme pour [les canalisations exposées au gel](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/8124-canalisations-gel-purge-hiver/).
## Un échantillon éclairant, mais pas un recensement
Ces chiffres méritent une précaution. Les 600 rapports analysés représentent moins de 5 % des déclarations de sinistre enregistrées en France sur des fenêtres et portes-fenêtres, et seuls 236 ont été exploitables. Les dossiers dont la réparation dépassait environ 130 000 euros échappent au flux de déclarations utilisé, ce qui exclut vraisemblablement des pathologies lourdes. Les auteurs considèrent l'échantillon comme représentatif, parce qu'il couvre la totalité des déclarations sur des périodes courtes mais bornées, sans prétendre à un recensement complet. Les données datent par ailleurs de 2017.
La question suivante est celle des courants d'air que l'on sent sans savoir d'où ils viennent, abordée dans notre article sur [le test de la feuille de papier pour repérer une fenêtre qui fuit](https://lepointdujour.fr/actualite/5276-fenetres-qui-laissent-passer-le-froid-le-test-de-la-feuille-de-papier-08092025/). Pour suivre les prochaines publications de l'Agence Qualité Construction sur ce sujet, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple.
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