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# Division des vivaces : la touffe se creuse au bout de quatre à cinq ans, et une souche peut redonner des dizaines de plants

**URL:** https://lepointdujour.fr/maison-jardin/7733-division-vivaces-souche-automne/
Date: 2026-09-25
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: La Société nationale d'horticulture situe à quatre ou cinq ans le moment où une touffe de vivaces fleurit moins et se creuse en son centre.
Categories: Maison et jardin
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/07-division-vivaces-souche-automne-scaled.jpg
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Reste à comprendre à quoi se reconnaît une souche arrivée en bout de course, et pourquoi le geste se refuse à certaines plantes.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [le géranium vivace Rozanne, qui se plante en octobre et fleurit pendant six mois](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/5991-geranium-rozanne-plante-du-siecle-se-plante-en-octobre-et-offre-6-mois-de-floraison-sans-entretien/).

## La division des vivaces sert à rajeunir une souche fatiguée
Le principe tient en une opération simple. Diviser une plante, c'est la partager en deux ou plusieurs morceaux pendant la période de repos végétatif, quand la partie aérienne ne pousse plus. Sylvaine Raspaut, responsable des achats de plantes vivaces à la division des productions horticoles de la Ville de Paris, range ce geste parmi les modes de reproduction végétative, avec le bouturage et le marcottage. Son intervention figure dans [les résumés de la journée d'information de la Société nationale d'horticulture de France consacrée aux plantes vivaces](https://www.snhf.org/les-plantes-vivaces-journee-dinformation-mars-2022/), trois webinaires tenus les mardis 1er, 8 et 15 mars 2022.

La distinction avec le semis change le résultat. La reproduction sexuée part d'une graine issue d'une fécondation, et le nouveau plant hérite des caractères de ses deux parents. La reproduction végétative part d'un fragment d'un seul individu et donne une plante identique à celle dont elle provient. Autrement dit, **une touffe divisée reste fidèle à la variété d'origine**, ce qu'un semis ne garantit jamais.

## Ce que recouvre vraiment le mot vivace
Le terme ne correspond à aucune classification botanique, rappelle Noëlle Dorion, professeur honoraire à Agrocampus Ouest et membre de l'Académie d'agriculture de France, dans la conférence d'introduction. Elle propose une définition de travail : une plante majoritairement herbacée, qui fleurit plusieurs années de suite, et dont la survie repose sur des formes variées de reproduction végétative naturelle.

![Touffe d'iris arrachée posée sur une dalle, rhizome brun et racines visibles entre deux éventails de feuilles](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/07-division-vivaces-souche-automne-photo2.jpg)Une touffe d'iris arrachée avant sa division, photographiée le 24 octobre 2009 à Santa Clara, en Californie. Crédit : Dvortygirl, via Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0La définition courante des ouvrages de jardinage, des tiges qui meurent chaque hiver et repartent au printemps sur une souche durable, est jugée trop étroite : elle oublie les plantes méditerranéennes qui disparaissent en été et celles dont le feuillage reste vert l'hiver. Dans la classification de Raunkier, qui trie les végétaux selon la position de leurs organes de survie pendant la mauvaise saison, les vivaces se répartissent entre hémicryptophytes, dont les bourgeons restent au ras du sol, et cryptophytes, entièrement cachées sous forme de bulbes, de tubercules ou de rhizomes profonds. C'est cet organe enterré que la division vient partager.

## Les signaux qui disent que la touffe est prête
Ils sont visibles sans outil. La plupart des vivaces s'étalent en émettant de nouvelles tiges depuis leurs parties souterraines, décrit [la fiche de division des vivaces du Jardin botanique de Montréal](https://espacepourlavie.ca/division-des-vivaces). Avec le temps, la touffe devient trop compacte et dépérit. Dans certains cas le centre meurt, ce qui donne à la plante l'allure d'une couronne évidée. Les fleurs rapetissent, la vigueur baisse. Philippe Lepère, pépiniériste spécialisé en Indre-et-Loire, situe cet essoufflement **au bout de quatre à cinq ans** et ajoute un indice : une sensibilité accrue à l'oïdium, ce feutrage blanc qui couvre les feuilles.

Le mode opératoire varie selon les racines. La plante est sortie de terre à la bêche en conservant une motte. Les vivaces à rhizomes ou à tubercules, iris, pivoines et pavots, se tranchent en gardant trois ou quatre bourgeons par section, celles à racines fibreuses en conservant quelques bourgeons par éclat. Seules les parties saines sont replantées, sans enfouir le collet, ce point de jonction entre racines et tige, puis la terre est tassée et arrosée copieusement. Le jardin botanique conseille de travailler à l'ombre ou par journée nuageuse, pour ne pas exposer les racines nues au soleil.

## Chaque type de souche a son calendrier
La règle générale du Jardin botanique de Montréal tient en deux dates : fin avril ou début mai pour les espèces qui fleurissent après la mi-juin, début septembre pour celles qui fleurissent tôt au printemps. Ces dernières peuvent aussi se diviser dès la fin de leur floraison, au début de juin. Les exceptions sont nommées : les iris barbus passent en juillet, les pivoines et les pavots fin août.

Pour les iris de jardin, Sylvaine Raspaut décrit une méthode plus précise : soulever les rhizomes, les nettoyer, puis les couper en tronçons de cinq à dix centimètres posés sur un substrat très drainant. Le rendement, lui, dépend de l'espèce. Une seule souche peut fournir **jusqu'à plusieurs dizaines de plants**, ce qui est le cas des graminées comme le miscanthus, mais aussi du géranium vivace Endressii, des agapanthes et des rudbeckias. Le waldsteinia et les joubarbes échappent à l'exercice : ils produisent des stolons qu'il suffit de prélever, comme chez le fraisier. Les repères des deux sources se résument ainsi :

Type de soucheCe que l'on prélèvePériode indiquéeRacines fibreuses en touffeÉclats portant quelques bourgeonsFin avril à début mai si floraison après la mi-juinRhizome d'iris barbuTronçons de 5 à 10 cm, trois ou quatre bourgeonsJuillet, après la floraisonSouche de pivoine ou de pavotSections de trois ou quatre bourgeonsFin aoûtGraminée en touffe, agapanthe, rudbeckiaJusqu'à plusieurs dizaines d'éclatsPériode de repos végétatifWaldsteinia, joubarbeStolons enracinés, sans découpeAu fil de la végétation
## L'automne ouvre une fenêtre, mais elle dépend du sol
Longtemps, la plantation des vivaces a été réservée au printemps, de mars à mai. Philippe Lepère élargit cette période au nom de trois facteurs. Le climat local d'abord : sur le littoral breton, des plantations réussies se font en octobre. Le dérèglement climatique ensuite, avec des hivers plus doux et des printemps parfois chauds et secs. La nature du sol enfin, facteur décisif : la rusticité d'une vivace dépend de la teneur en eau du sol au moment des fortes gelées. Dans un terrain léger et filtrant, le risque est faible. Dans un sol lourd et sous climat froid, mieux vaut attendre la sortie de l'hiver.

Le reste du chantier suit les règles d'une plantation ordinaire. La majorité des vivaces se contentent d'un travail du sol sur trente centimètres, soit la profondeur d'un fer de bêche. Le pépiniériste insiste sur un point négligé : après une division, il faut refaire des apports d'amendements et renouveler le paillage. Celui-ci, **de six à huit centimètres**, ne doit pas s'accumuler au collet des plantes dans les terres lourdes et froides, sous peine de pertes après de fortes pluies. Un paillis de saison suffit, [les feuilles mortes ramassées en octobre jouant ce rôle sans rien coûter](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/5972-feuilles-mortes-le-paillis-naturel-et-gratuit-qui-rend-la-terre-fertile-des-lautomne/). La question suivante porte sur le sort des parties aériennes : [ce que la taille d'automne change sur des pieds de géranium avant l'hiver](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/6063-geraniums-la-taille-dautomne-des-pros-sauve-vos-plants-et-garantit-la-floraison-au-printemps/). Pour les vivaces qui ne se divisent pas, le bouturage reste la voie de secours, [le romarin se multipliant ainsi à l'entrée de la saison froide](https://lepointdujour.fr/actualite/6049-romarin-en-octobre-bouturez-maintenant-pour-des-massifs-parfumes-et-resistants-tout-lhiver/).

## Ce que la division ne peut pas faire
Le premier angle mort tient à la plante elle-même. Toutes les vivaces ne supportent pas d'être arrachées puis recoupées, en particulier celles à grosses racines charnues et profondes. Le rythme n'est pas le même pour toutes, la période non plus, et Philippe Lepère juge impossible d'en dresser une liste utilisable. La bonne pratique repose sur l'observation : importance du chevelu racinaire, présence de nouvelles pousses à la périphérie de la touffe. Ce sont ces parties périphériques, les plus jeunes, que l'on replante, en laissant de côté le centre épuisé.

Le calendrier canadien demande lui aussi d'être relu. Le Jardin botanique de Montréal raisonne sous un climat nettement plus froid que la France métropolitaine : ses dates donnent un ordre de marche, pas un agenda transposable tel quel. Reste le nettoyage des massifs, sur lequel deux écoles s'affrontent. La première coupe dès la fin des floraisons, pour limiter les semis spontanés des asters. La seconde conserve tiges et inflorescences fanées, qui protègent la souche du gel et atténuent l'effet des vents d'est et du nord. Pour les graminées, une règle ne souffre pas d'exception : ne pas intervenir après la fin février, sous peine de couper les jeunes pousses avec les anciennes. Le détail figure dans [le document de synthèse mis en ligne par la Société nationale d'horticulture](https://www.snhf.org/wp-content/uploads/2022/03/2022_Re%CC%81sume%CC%81-plantes-vivaces.pdf).

Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de retrouver ces repères de saison au moment de sortir la bêche.

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