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# Décarbonation maritime : SMARTDEC retient trois priorités, dont des sites d'essai sur navires et dans les ports

**URL:** https://lepointdujour.fr/industrie/8745-smartdec-decarbonation-maritime-brest/
Date: 2026-10-22
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Réuni à Brest le 8 octobre, le consortium européen SMARTDEC a hiérarchisé une vingtaine de recommandations politiques et en a retenu trois comme priorités.
Categories: Industrie et innovation
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/03-smartdec-decarbonation-maritime-brest-scaled.jpg
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Reste à savoir ce que vaut un classement de recommandations quand le projet qui le produit s’achève en décembre.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [le montage par blocs du paquebot MSC World Asia à Saint-Nazaire](https://lepointdujour.fr/industrie/8521-msc-world-asia-construction-blocs/).

## Trois priorités retenues pour la décarbonation maritime à l’issue d’un atelier brestois
Le 8 octobre 2026, le consortium européen SMARTDEC a tenu un atelier consacré à la décarbonation du transport maritime pendant [la Sea Tech Week](https://www.seatechweek.eu/), à Brest. Le Pôle Mer Bretagne Atlantique, qui coordonne le projet, en a publié [le compte rendu le 15 octobre](https://www.pole-mer-bretagne-atlantique.com/agenda-actualites/decarbonation-maritime-smartdec-installe-cap-brest).

Les participants ont été invités par [la Conférence des régions périphériques maritimes](https://cpmr.org/fr/) à débattre et à hiérarchiser **une vingtaine de recommandations politiques** issues du projet. Trois d’entre elles ont été retenues comme priorités.

La première demande que les recettes du système européen d’échange de quotas d’émission appliqué au maritime soient affectées à la décarbonation du secteur. La deuxième veut faire des ports des « hubs de la transition énergétique ». La troisième porte sur le soutien aux start-up et aux PME par des living labs et par la création de vallées de l’industrie maritime. D’autres recommandations ont recueilli un fort soutien sans être classées en tête, notamment sur la stabilité de la réglementation, sur des financements alignés sur les réalités économiques, sur le soutien aux ports de petite et moyenne taille, sur les corridors verts et sur le suivi des émissions.

## Deux solutions sorties de l’appel à innovations
L’atelier a mis en avant deux lauréats du programme d’accélération, choisis parmi les **onze innovations retenues** par l’appel à innovations du projet. Le premier, Pure Glide, s’attaque au biofouling, c’est-à-dire à l’accumulation d’organismes marins sur les coques de navires.

![Coque d’une petite embarcation échouée à marée basse, couverte d’algues et de coquillages](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/03-smartdec-decarbonation-maritime-brest-photo2.jpg)Photo d’illustration : la coque d’une embarcation côtière atteinte par le biofouling, à marée basse dans la rade de Brest. Crédit : Olivier Dugornay, Ifremer, Wikimedia Commons, CC BY 4.0L’enjeu, écrit le pôle, est loin d’être anecdotique : « l’encrassement des carènes augmente la traînée hydrodynamique, force les navires à consommer davantage de carburant et donc à émettre plus de CO2, tout en favorisant le transfert d’espèces invasives d’un écosystème à l’autre ». La solution est présentée comme une manière de retirer ce dépôt sans endommager les revêtements. Aucun chiffre de gain de consommation n’est donné.

Le second, SOLARPACK, vise l’approvisionnement énergétique des zones portuaires, avec un système qui combine production et stockage d’énergie solaire pour alimenter les opérations à quai. Là encore, le texte ne donne ni puissance, ni capacité, ni site d’essai. Les deux solutions bénéficient d’un accompagnement destiné à préparer leur démonstration auprès de ports et d’armateurs de l’espace atlantique.

## Le goulot d’étranglement : des navires et des ports pour tester
Pour la troisième priorité, le pôle décrit un « goulot d’étranglement majeur » : la disponibilité de navires et de ports pour des démonstrations à pleine échelle. Les navires en exploitation commerciale, écrit-il, « peinent à accueillir des tests de technologies susceptibles de perturber leur fonctionnement courant ».

Le texte désigne donc la mise à disposition de sites réels d’expérimentation comme « une condition clé de l’adoption des solutions innovantes ».

La deuxième priorité décrit un blocage de même nature, que le pôle appelle le dilemme « de l’œuf et de la poule » : les ports doivent anticiper leurs choix techniques, carburants alternatifs ou électrification, dans un environnement incertain, tandis que les armateurs dépendent de la disponibilité de ces infrastructures pour engager leurs propres investissements. La question suivante est celle des carburants eux-mêmes, un terrain que nous avons exploré à propos de [la fabrication de carburant d’aviation durable à partir de déchets](https://lepointdujour.fr/actualite/6392-carburant-pour-avions-vos-epluchures-deviennent-un-carburant-durable-qui-reduit-les-emissions/).

## Un projet de 2,06 millions d’euros qui s’arrête en décembre
SMARTDEC, pour Smart Clusters for Maritime Decarbonisation, réunit depuis janvier 2024 des acteurs de l’industrie, de la recherche, des pouvoirs publics et de la société civile d’Irlande, de France, du Portugal et d’Espagne. Il est cofinancé par [le programme Interreg Espace Atlantique](https://www.atlanticarea.eu/). Le site du projet, [smartdec.eu](https://smartdec.eu/), consulté le 20 octobre 2026, fournit les données ci-dessous.

ÉlémentCe que disent les sourcesOù la donnée est publiéeDurée36 mois, de janvier 2024 à décembre 2026Site du projetBudget2,06 millions d’eurosSite du projetPartenaires13, dans 4 paysSite du projetFinancementProgramme Interreg Espace Atlantique 2021-2027Site du projetInnovations retenues11 retenues par l’appel à innovationsPôle Mer Bretagne Atlantique, 15 octobre 2026Atelier de Brest8 octobre 2026, pendant la Sea Tech WeekPôle Mer Bretagne Atlantique, 15 octobre 2026Le site annonce une durée de 36 mois, un budget de 2,06 millions d’euros, 13 partenaires et 4 ateliers régionaux. Elle liste huit partenaires principaux, dont le Pôle Mer Bretagne Atlantique, l’université d’Aveiro, Atlanpole, le Marine Institute irlandais, la Conférence des régions périphériques maritimes, le cluster maritime d’Andalousie, Fórum Oceano et Bilbao PortLab, les treize se répartissant, selon la page consortium du projet, entre huit partenaires principaux et cinq associés.

La même page résume l’objectif poursuivi : créer et développer un réseau atlantique du secteur du transport maritime, chargé de fournir les outils, les connaissances et la structure nécessaires pour réduire les émissions polluantes du transport par voie d’eau dans cette zone. Elle annonce aussi quatre productions attendues, dont une carte des acteurs et des priorités de la décarbonation maritime.

Le budget finance un réseau, des outils et des recommandations, d’après les productions listées sur le site du projet. Sur un tout autre registre, celui des infrastructures, on peut lire notre article sur [le chantier du canal Seine-Nord Europe](https://lepointdujour.fr/industrie/8453-canal-seine-nord-europe-chantier/).

## Ce qu’une recommandation ne fait pas
Le consortium prépare un événement de restitution européen en décembre 2026, dernier mois du projet selon son site. Les trois priorités sont adressées, selon le pôle, « à destination des décideurs publics », sans que le texte nomme lesquels.

Le compte rendu ne précise pas non plus combien de personnes ont participé à la hiérarchisation, ni selon quelle méthode de vote les trois recommandations ont été détachées des autres. Un classement établi par des acteurs d’un secteur dit d’abord ce que ce secteur considère comme prioritaire, et non ce qui sera fait. Les décisions publiques, elles, suivent d’autres calendriers, comme le montre [la labellisation de treize sites industriels clés en main en quatre mois](https://lepointdujour.fr/industrie/8689-label-sites-cles-en-main-foncier/).

Il restera, après décembre, les outils que le consortium annonce vouloir laisser derrière lui, dont une plateforme coopérative et un catalogue de bonnes pratiques. Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de suivre la restitution finale et le sort réservé à ces trois priorités.

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