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# MJ Valorisation, plus de 20 000 tonnes de déchets par an, ouvre son capital à Bpifrance pour traiter elle-même des déchets dangereux déjà collectés
**URL:** https://lepointdujour.fr/industrie/8653-mj-valorisation-capital-dechets-dangereux/
Date: 2026-10-17
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Fondée en 2005 à Sainte-Sigolène, l'entreprise de Haute-Loire vise plus de 25 millions d'euros de chiffre d'affaires organique en 2030.
Categories: Industrie et innovation
Tags: Rachats et investissements, Recyclage et matériaux
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/03-mj-valorisation-capital-dechets-dangereux-scaled.jpg
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Une opération financière annoncée en une page, et un dossier d'installation classée dont le plus ancien acte publié remonte à 2013, qui dit déjà ce que cette entreprise a le droit de faire et ce qu'il lui reste à construire.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié à [la demande d'une nouvelle installation de tri déposée par la société RECYF dans la Loire](https://lepointdujour.fr/industrie/8433-recyf-machefers-metaux-neulise/).
## Valorisation des déchets : ce que change l'entrée de Bpifrance au capital
[Le communiqué, daté du 14 octobre 2026](https://presse.bpifrance.fr/mj-valorisation-accelere-son-developpement-dans-la-gestion-des-dechets-et-le-conseil-environnemental-avec-lentree-a-son-capital-de-bpifrance-et-societe-generale-capital-partenaires/), est signé depuis Sainte-Sigolène, en Haute-Loire. MJ Valorisation y annonce l'ouverture de son capital à Bpifrance, via son fonds France Investissement Energie Environnement 2, et à Société Générale Capital Partenaires. Les deux investisseurs **renforcent les fonds propres** de la société. Ni le montant investi, ni la part du capital concernée ne figurent dans le texte.
L'entreprise a été fondée en 2005 à Sainte-Sigolène par Jonathan Jarrousse. Elle traite aujourd'hui **plus de 20 000 tonnes de déchets par an** et a réalisé un chiffre d'affaires supérieur à 10 millions d'euros en 2025. Son activité d'origine est le recyclage des déchets ferreux et non ferreux. Elle s'est élargie depuis aux déchets banals et aux déchets dangereux, et s'accompagne d'un bureau d'études en environnement, sécurité et réglementation. Les métaux de la transition énergétique attirent les investissements ailleurs, comme [l'extension lithium d'Eramet en Argentine](https://lepointdujour.fr/industrie/8076-eramet-lithium-centenario-extension/).
L'objectif affiché est double : accompagner la croissance des volumes gérés et maîtriser davantage la chaîne de valeur, avec ce que le communiqué appelle **« l'internalisation progressive de la valorisation des déchets dangereux »**. Alexis Mahieu, directeur d'investissement senior du Fonds Impact Environnement de Bpifrance Investissement, décrit une entreprise « ancrée localement, positionnée sur des métaux stratégiques essentiels à la transition énergétique et à la souveraineté industrielle française ».
## Un arrêté préfectoral de 2023 qui autorise déjà les déchets dangereux
Le site relève des installations classées pour la protection de l'environnement, et son dossier est public. [L'API des installations classées de Géorisques](https://georisques.gouv.fr/api/v1/installations_classees?code_insee=43224&page_size=60), interrogée le 15 octobre 2026, renvoie pour la commune un établissement au nom de MJ, zone industrielle des Taillas, suivi par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement d'Auvergne-Rhône-Alpes. Son régime est l'autorisation. La base le classe **hors statut Seveso** et en exploitation avec titre.
Cinq des neuf rubriques attachées à l'établissement de Sainte-Sigolène dans cette base, avec leur régime et la quantité qu'elle renseigne :
RubriqueObjetRégimeQuantité renseignée2790Traitement de déchets dangereuxAutorisationnon renseignée dans la base2710-1.aCollecte de déchets dangereux (batteries)Autorisation25 tonnes2791Traitement de déchets non dangereuxAutorisation90 tonnes par jour2713Métaux et déchets de métaux, transitEnregistrement2 000 m²2712Stockage et démontage de véhicules hors d'usageEnregistrement300 m²Ces cinq rubriques sont toutes rattachées, dans la base, à l'arrêté d'autorisation du 3 mai 2023, deux autres renvoyant à un arrêté d'enregistrement du 25 janvier 2022. Un troisième document est daté du 9 août 2013. Les trois sont consultables sous forme d'images, sans texte exploitable, mais leur contenu reste lisible. Celui de 2023 précise le périmètre exact de la rubrique 2790 : le traitement autorisé est celui des huiles de coupe, dans la limite de 5 mètres cubes par jour. Le même arrêté ouvre une seconde porte que la base ne reprend pas, la rubrique 2718, qui autorise le regroupement de 195 tonnes de déchets dangereux, dont 40 tonnes de batteries et 62 tonnes de liquides. Autrement dit, **l'entreprise collecte, regroupe et traite déjà des déchets dangereux sur titre depuis plus de trois ans**, mais pour des opérations précisément délimitées : élargir cette activité supposera de nouveaux actes préfectoraux. La question suivante est celle du débouché des matières, qu'aborde notre article sur [les métaux précieux contenus dans les appareils jetés](https://lepointdujour.fr/actualite/4181-ces-appareils-que-tout-le-monde-jettent-dans-la-poubelle-contiennent-de-l-or-22-carats-03082025/).
## Le contrôle incendie du 10 septembre 2026 et ses quatre demandes
Un mois avant l'annonce, l'inspection des installations classées est passée. [Le rapport, daté du 10 septembre 2026 et publié sur Géorisques](https://www.georisques.gouv.fr/webappReport/ws/installations/inspection/CZInhEwWVdCjZU7hbOCGbwjaYcvr0x7d), précise que la visite s'inscrit « dans le cadre d'une opération nationale de contrôle des centres de tri transit déchets à la suite d'accidents survenus lors de l'été 2026 ». Elle avait été annoncée le 27 août et portait sur deux thèmes, les déchets et le risque incendie.
Photo d'illustration : un parc à ferrailles en bord de quai, chargé par grue mécanique selon la notice de l'image, qui ne précise ni le pays ni l'exploitant. Crédit : Digitura, CC0 (domaine public).Six points de contrôle ont été examinés. Deux ne donnent lieu à aucune suite : l'accessibilité et les voies engins, la détection et la surveillance. **Quatre font l'objet d'une proposition de suites administratives**, qui sont ici des demandes adressées à l'exploitant et non des sanctions : un justificatif sous trois mois sur les points d'eau incendie, une action corrective sous un mois sur les extincteurs du hangar de déchets dangereux, jugés « peu accessibles » parce que cachés par des caisses ou des fûts, une action corrective sous un mois sur les rondes du samedi, qui n'avaient pas été consignées dans le registre, et un justificatif sous trois mois sur les consignes d'exploitation.
L'inspection relève un poteau incendie installé par l'exploitant, testé en mars 2025 à environ 60 mètres cubes par heure, et deux réserves disponibles dans la zone industrielle. La prescription citée dans le rapport, tirée de l'arrêté ministériel du 6 juin 2018, demande un débit qui ne soit pas inférieur à 60 mètres cubes par heure pendant deux heures. L'étude de dangers du site, rappelle l'inspection, avait estimé ce besoin à 22 mètres cubes par heure pour un incendie du local de déchets dangereux, besoin porté ensuite à 60 pour répondre aux exigences de la règle Apsad D9.
Le même rapport garde la trace d'un épisode antérieur : un poste incendie additivé installé après « un dégagement exothermique lors d'un chargement d'un camion en septembre 2025 », et un protocole de tri des déchets dangereux formalisé fin 2025. Une visite réactive avait eu lieu le 23 septembre 2025 après un échauffement de déchets, et [son rapport, publié lui aussi sur Géorisques](https://www.georisques.gouv.fr/webappReport/ws/installations/inspection/2bcL17nekadNadZCwWgxaEU9Rd1aG9Oj), proposait au préfet plusieurs suites, dont deux mises en demeure. L'une visait la prescription qui interdit de mélanger des déchets dangereux de catégories différentes : l'exploitant a reconnu pendant la visite que des déchets reçus d'un autre industriel n'auraient pas dû être mélangés à des emballages souillés. Le même rapport note qu'aucun impact sur l'environnement n'a été remonté à l'inspection et décrit un site approprié à ce genre d'intervention, avec dalle et mur coupe-feu. Le dossier public ne dit pas quelle décision a été prise ensuite.
## Ce que l'expression « à terme » recouvre à Monistrol-sur-Loire
La société a ouvert fin 2025 un nouveau site à Monistrol-sur-Loire, dans le cadre du projet Velay'Valo. Il est destiné, écrit le communiqué, à renforcer les capacités de tri, de valorisation et de traitement des déchets banals « puis, à terme, des déchets dangereux ». La formule est prudente. Au 15 octobre, la base des installations classées ne recense aucun établissement de l'entreprise à Monistrol-sur-Loire, alors que les rapports d'inspection y mentionnent un site en construction : une absence dans cette base ne vaut pas absence d'activité.
Le rapport d'inspection en donne un indice. Il note qu'un système d'astreinte hors heures ouvrées, **commun aux sites de Sainte-Sigolène et de Monistrol-sur-Loire**, était « en cours de mise en place » à la date de la visite. Le bureau d'études de l'entreprise voisine avec le métier des laboratoires d'analyses, comme [celui qu'AGROLAB construit dans l'Eure](https://lepointdujour.fr/industrie/8632-agrolab-heudebouville-laboratoire-analyses/). Ces sujets se retrouvent dans notre dossier [recyclage et matériaux](https://lepointdujour.fr/tag/recyclage-materiaux/).
## Un objectif 2030 qui reste un objectif
À l'horizon 2030, l'entreprise vise un chiffre d'affaires organique supérieur à 25 millions d'euros, tout en étudiant des opportunités de croissance externe. C'est une cible, pas un résultat, et le communiqué ne détaille ni le calendrier des investissements, ni les capacités supplémentaires financées. D'autres mouvements figurent dans notre dossier [rachats et investissements](https://lepointdujour.fr/tag/rachats-investissements/).
Reste un dossier en trois temps : une autorisation acquise en 2023, un second site ouvert fin 2025 et encore en construction, des fonds propres renforcés en 2026. Les prochaines étapes se liront dans les actes préfectoraux et les rapports d'inspection publiés sur Géorisques. Pour les suivre dès leur parution, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple.
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