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# Vulkam ouvre en Isère la première usine européenne de pièces en métaux amorphes, mais une seule ligne tourne

**URL:** https://lepointdujour.fr/industrie/7736-vulkam-usine-metaux-amorphes-isere/
Date: 2026-09-25
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Inaugurée le 24 septembre, l'usine du Versoud a coûté plus de 15 millions d'euros et vise 2 millions de pièces par an sur 2 600 m².
Categories: Industrie et innovation
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/04-vulkam-usine-metaux-amorphes-isere-scaled.jpg
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Reste à comprendre ce que change un métal dont les atomes n'ont jamais eu le temps de se ranger, et pourquoi il aura fallu près de dix ans pour en sortir des pièces en série.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [la nouvelle usine d'électroaimants de Sigmaphi à Saint-Avé, dans le Morbihan](https://lepointdujour.fr/industrie/7604-sigmaphi-electroaimants-usine-saint-ave/).

## Des métaux amorphes produits en série au Versoud depuis juillet
Vulkam a inauguré le 24 septembre 2026 au Versoud, en Isère, une usine consacrée à la fabrication de pièces en métaux amorphes, que l'entreprise commercialise sous le nom de Vulkalloys. Le site tourne déjà depuis juillet 2026, dix-huit mois après la pose de sa première pierre. L'entreprise le présente comme la première plateforme industrielle européenne capable de produire en série ce type de matériau, selon [le communiqué diffusé par Vulkam](https://www.industrie-mag.com/article40657.html).

Les ordres de grandeur restent ceux d'une jeune industrie. L'usine occupe **2 600 mètres carrés**, soit un peu moins qu'un tiers de terrain de football, et représente plus de **15 millions d'euros** d'investissement, dont une part majoritaire consacrée à l'outil de production. Sa première ligne peut sortir jusqu'à 2 millions de pièces par an. Fondée en 2017 à Grenoble, l'entreprise compte quarante salariés et détient quatorze familles de brevets.

Le financement est venu d'une levée de 34 millions d'euros bouclée en 2024, décomposée en 14 millions d'euros de fonds propres et 20 millions d'euros de dette, dont 6 millions au titre des dispositifs France 2030 et 14 millions de prêts bancaires accordés via Bpifrance, précise [le communiqué publié par Bpifrance](https://presse.bpifrance.fr/vulkam-leve-34-meur-pour-construire-sa-premiere-usine-de-production-de-metaux-amorphes-une-revolution-dans-la-metallurgie-et-une-promesse-de-relocalisation-industrielle). Au tour de table figurent le fonds SPI 2, géré pour le compte de l'État par Bpifrance, Supernova Invest, UI Investissement, BNP Paribas Développement, Crédit Agricole Sud Rhône Alpes Capital, Abeille Impact Investing France, SEB Alliance et Vertech.

## Un alliage refroidi trop vite pour se ranger
Un métal ordinaire, en refroidissant, range ses atomes en réseau régulier : il cristallise. Ce réseau comporte des plans de glissement et des joints entre grains, c'est-à-dire des zones de faiblesse par lesquelles la pièce se déforme, s'use ou se corrode.

![Cylindre et cône de métal gris brillant posés sur une surface réfléchissante, à côté de deux petits disques métalliques](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/04-vulkam-usine-metaux-amorphes-isere-photo2.jpg)Des échantillons de Vitreloy 4, un verre métallique à base de zirconium, titane, cuivre, nickel et béryllium, photographiés en décembre 2010. Le cylindre mesure environ un centimètre de diamètre. Crédit : Björn Gojdka, Wikimedia Commons, CC BY 3.0Un métal amorphe, aussi appelé verre métallique, est refroidi si vite que les atomes n'ont pas le temps de se mettre en ordre. Ils restent figés dans le désordre du liquide. Résultat : plus de plans de glissement, plus de joints de grains. Le matériau gagne en élasticité, en dureté et en résistance à la corrosion, mais reste délicat à produire, car il faut à la fois la bonne composition d'alliage et une vitesse de refroidissement maîtrisée. C'est cette difficulté qui a longtemps cantonné les métaux amorphes au laboratoire et à quelques usages de niche.

Vulkam y ajoute un procédé de mise en forme. L'entreprise combine une coulée au plus près de la forme finale et une découpe au laser femtoseconde pour la finition, appliquée seulement là où la précision compte, afin d'atteindre le micromètre sans multiplier les reprises d'usinage, décrit [sa page technique consacrée aux Vulkalloys](https://vulkam.com/vulkalloys/). Concrètement, la pièce sort presque finie du moule, au lieu d'être taillée dans un bloc.

## Ce que l'entreprise revendique, et à quel titre
Les chiffres mis en avant par Vulkam sont des promesses commerciales, pas des mesures indépendantes, et méritent d'être lus comme tels. L'entreprise annonce des alliages trois fois plus performants que les métaux traditionnels en résistance, en précision et en durabilité, une amélioration de 100 % des propriétés fonctionnelles et mécaniques des pièces, une baisse de 30 % des émissions de CO2, une baisse de 30 % de la consommation énergétique en production et une recyclabilité supérieure à 90 % en chaîne de production.

Le contexte invoqué, lui, est vérifiable dans le communiqué : la métallurgie pèse environ 10 % de la consommation énergétique mondiale et 10 % des émissions mondiales de CO2, et les trois principaux groupes du secteur, qui cumulent 150 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, consacrent 2 % de ce montant aux sujets de décarbonation, pour des gains de propriétés de l'ordre de 5 %. C'est sur cet écart que l'entreprise construit son argumentaire. Les repères publiés pour le site du Versoud tiennent en six lignes :

RepèreValeur annoncéeCe que cela représenteSurface de l'usine2 600 m²Moins que les 3 000 m² évoqués en 2024Capacité2 millions de pièces par anSur une seule ligne de productionInvestissementPlus de 15 millions d'eurosEn majorité dans l'outil productifLevée de fonds 202434 millions d'euros14 en fonds propres, 20 en detteEffectif40 salariésContre 25 au moment de la levéeBrevets14 famillesNeuf ans de recherche capitalisés
## Horlogerie, médical, spatial : où partent ces pièces
Vulkam vise les secteurs où la pièce est petite, chère et très sollicitée : horlogerie, médical, microtechnique, aéronautique, spatial et défense, avec le nautisme, les mobilités, le sport et les loisirs en cibles plus lointaines. L'intérêt industriel se résume à quatre effets attendus : miniaturiser des composants jusque-là impossibles à produire, alléger les systèmes mécaniques, allonger leur durée de vie et réduire les pertes de matière.

La question suivante est celle de l'échelle. Deux millions de petites pièces par an ne pèsent presque rien face aux millions de tonnes de la sidérurgie, où les gains se cherchent dans le procédé lui-même, comme le montre [cette méthode chinoise de fabrication de l'acier](https://lepointdujour.fr/actualite/1297-cette-methode-chinoise-revolutionnaire-pour-la-fabrication-de-acier-03042025/). Vulkam ne joue donc pas sur le tonnage, mais sur la valeur ajoutée par gramme, un terrain où l'Europe cherche des positions défendables, à l'image des travaux français sur [une séparation moins polluante des terres rares](https://lepointdujour.fr/actualite/1737-linnovation-de-marie-perrin-a-seulement-28-ans-va-tout-changer-sur-les-terres-rares-11052025/).

## Une première ligne, et l'essentiel encore devant
Trois réserves demeurent. La première tient au calendrier : le dossier de financement de 2024 annonçait une mise en service en 2025, puis 4 millions de pièces en 2026, quand l'usine a démarré en juillet 2026 avec une capacité de 2 millions de pièces sur une ligne. La deuxième tient à la taille : quarante salariés et une seule ligne, c'est une unité pilote industrialisée, pas encore une filière européenne des métaux amorphes. La troisième tient aux performances, toutes revendiquées par le producteur et non par un organisme tiers.

Reste ce qui est acquis, et qui n'est pas mince. Une technologie née de la recherche publique grenobloise a franchi le pas de la production en série, sur un site français, avec un actionnariat mêlant fonds d'État et industriels privés. Sébastien Gravier, président-directeur général et fondateur de Vulkam, résume son objectif : faire des alliages amorphes un nouveau standard industriel partout où la performance des matériaux devient un facteur de compétitivité. La suite se jugera au nombre de lignes installées et au nom des donneurs d'ordres qui signeront.

Pour suivre les prochaines étapes de ce dossier, de la deuxième ligne de production aux premiers contrats industriels, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus direct.

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