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# Le label Entreprises du patrimoine vivant compte 1 300 titulaires, soit une tous les 40 km, loin des 2 500 visés
**URL:** https://lepointdujour.fr/industrie/7574-epv-label-savoir-faire-industriel/
Date: 2026-09-21
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Selon l’étude publiée le 17 septembre 2026 par la Direction générale des entreprises, les 1 300 labellisées couvrent 98 % des départements français.
Categories: Industrie et innovation
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/04-epv-label-savoir-faire-industriel-scaled.jpg
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Reste à comprendre ce que ce label d’État change concrètement pour une entreprise qui le décroche, et pourquoi la cible affichée de 2 500 titulaires paraît encore lointaine.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [un moteur sans vilebrequin mis au point par des ingénieurs français](https://lepointdujour.fr/actualite/1078-innovation-francaise-un-moteur-sans-vilebrequin-a-lavant-garde-industrie-automobile-08032025/).
## Entreprises du patrimoine vivant : 1 300 labellisées et 98 % des départements couverts
La Direction générale des entreprises a publié le 17 septembre 2026 les enseignements du rapport d’impact du label **Entreprises du patrimoine vivant**, une étude datée de mai 2026 et réalisée par l’organisme SGS, qui instruit les candidatures pour le compte de l’État. Le constat tient en une image : les 1 300 entreprises labellisées couvrent l’ensemble des régions métropolitaines et 98 % des départements, soit une entreprise tous les 40 kilomètres environ, indique [la publication de la Direction générale des entreprises](https://www.entreprises.gouv.fr/la-dge/actualites/etude-annuelle-2026-label-epv).
Le maillage est donc dense, et surtout étalé hors des grandes métropoles. C’est l’argument central de l’étude : ces entreprises figurent parmi les employeurs stables de territoires où les activités industrielles se sont raréfiées. Elles sont souvent installées depuis plusieurs générations sur le même site, condition qui fait partie des critères du label.
Autre chiffre parlant : 65 % des entreprises labellisées ont renouvelé leur label au moins une fois. Ce taux mesure une forme de fidélité au dispositif, puisque le renouvellement suppose de repasser l’examen complet des critères. Il dit aussi que la population labellisée se renouvelle lentement.
## Un label d’État valable cinq ans, avec un avantage fiscal à la clé
Le dispositif a été créé en 2005, puis précisé par un décret et un arrêté de mai 2006. Il ne s’agit ni d’une marque commerciale ni d’une appellation d’origine : c’est une distinction attribuée par l’État à des entreprises françaises, artisanales ou industrielles, détentrices d’un savoir-faire rare. Son instruction est confiée à SGS, et le label est accordé pour cinq ans.
Les critères d’attribution se répartissent en trois familles, détaille [la fiche officielle du label](https://www.entreprises.gouv.fr/espace-entreprises/s-informer-sur-la-reglementation/le-label-entreprise-du-patrimoine-vivant-epv). La première porte sur le patrimoine économique : machines, outillages ou documentation technique rares, droits de propriété industrielle, capacité d’innovation ayant créé une clientèle significative. La deuxième vise le savoir-faire lui-même, détenu par un petit nombre d’entreprises, transmis par une formation interne faute de cursus équivalent ailleurs, et porté par des salariés titulaires de distinctions d’excellence ou d’une longue expérience.
La troisième famille concerne l’ancrage et la notoriété : implantation historique ou présence de plus de cinquante ans sur le site, notoriété de la marque, travail sur des éléments du patrimoine protégé ou sur des produits porteurs d’une identité culturelle. Autrement dit, la rareté seule ne suffit pas, il faut aussi une histoire et un lieu.
L’intérêt concret du label est en partie fiscal. Une entreprise labellisée bénéficie d’un crédit d’impôt de 15 % sur les salaires consacrés aux métiers d’art, contre 10 % pour une entreprise non labellisée. Elle accède également au programme d’accompagnement à l’export consacré aux métiers d’art. Ce sont ces avantages, plus que la plaque sur la façade, qui pèsent dans une décision de candidature.
Les principaux chiffres publiés par l’administration sur le label se résument ainsi :
IndicateurValeurCe que cela recouvreEntreprises labellisées aujourd’hui1 300Détentrices du label en cours de validitéLabellisations depuis 2005Près de 4 000Toutes les entreprises passées par le labelEmplois59 000Salariés des entreprises labelliséesChiffre d’affaires cumulé14,2 milliards d’eurosDont 53,7 % réalisés à l’exportCible affichée2 500 labelliséesObjectif fixé pour le développement du label
## Trois univers de marché pèsent près de six entreprises sur dix
Le label est souvent associé au luxe et à la décoration, et les chiffres le confirment en partie. Sur les huit univers de marché retenus par l’étude, l’ameublement et la décoration représentent 21 % des entreprises labellisées, la mode et la beauté 19 %. À eux deux, ces secteurs rassemblent déjà deux entreprises sur cinq.
Le troisième bloc est moins attendu : les équipements industriels, médicaux et mécaniques pèsent 18 % des labellisées. Cette part rappelle que le dispositif ne concerne pas seulement les métiers d’art au sens strict, mais aussi des ateliers de mécanique de précision, des fabricants d’instruments ou des sous-traitants techniques dont le savoir-faire n’est pas transposable.
Rapportés au nombre d’entreprises, les agrégats nationaux donnent un ordre de grandeur utile. Les 59 000 emplois et les 14,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés correspondent, en moyenne, à environ 45 salariés et 11 millions d’euros par entreprise. La population labellisée est donc largement composée de petites et moyennes entreprises, très loin des effectifs d’un grand groupe industriel comme [les 36 000 emplois qu’Alstom dit soutenir en France](https://lepointdujour.fr/industrie/7542-alstom-france-emplois-rapport-impact/).
Un point mérite d’être souligné : 53,7 % de ce chiffre d’affaires cumulé est réalisé à l’export. Plus de la moitié de l’activité de ces entreprises dépend donc de clients étrangers, ce qui les expose autant aux taux de change et aux droits de douane qu’à la demande intérieure.
## Ce que le label change, d’après les entreprises elles-mêmes
L’étude interroge les labellisées sur les effets ressentis. Elles sont 60 % à déclarer une hausse de visibilité, 54 % à avoir noué de nouveaux partenariats et 50 % à imposer plus facilement leurs tarifs. Un tiers, soit 33 %, constate une progression de son chiffre d’affaires après la labellisation.
Les outils du maître verrier Luigi Dei Rossi et une masse de verre en fusion, lors d’une démonstration au musée du verre d’Eu, en Seine-Maritime, en août 2021. Crédit : Gzen92, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0La hiérarchie de ces réponses est instructive. L’effet le plus fréquent reste la notoriété, le plus rare la croissance du chiffre d’affaires. Entre les deux se glisse un résultat économique concret : la capacité à défendre un prix. Pour une entreprise dont le coût de production reste élevé parce que le geste est long et peu automatisable, ne pas avoir à s’aligner sur un concurrent industriel change l’équation.
Le label sert aussi de porte d’entrée au tourisme de savoir-faire. Plus de 300 entreprises labellisées sont ouvertes à la visite, ce qui transforme l’atelier en destination et crée une seconde source de revenus, tout en servant de vitrine pour le recrutement.
Le savoir-faire rare n’est pas la seule façon pour une petite structure française de se rendre difficilement remplaçable, et la question suivante porte sur l’innovation pure, comme celle de [cette jeune entreprise française qui veut rendre le chauffage solaire de l’air accessible](https://lepointdujour.fr/industrie/6515-chauffage-solaire-de-lair-une-startup-francaise-le-democratise-fait-baisser-la-facture-et-presente-sa-solution-a-la-cop30/).
## Une photographie déclarative, et une cible encore lointaine
Ces résultats appellent plusieurs réserves. Les effets mesurés reposent sur les déclarations des entreprises labellisées, pas sur une comparaison avec des entreprises semblables restées hors du label. Une société qui décroche la distinction est aussi, par construction, une société déjà reconnue : la part du label dans sa visibilité est donc difficile à isoler.
Le décompte lui-même mérite attention. Près de 4 000 entreprises ont été labellisées depuis 2005, mais seules 1 300 détiennent aujourd’hui un label en cours de validité. La différence s’explique par des non-renouvellements, des cessations d’activité et des sorties du dispositif, que la publication ne détaille pas. La cible de 2 500 labellisées suppose donc de presque doubler la population actuelle, alors qu’elle ne progresse que lentement.
Reste l’essentiel, qui n’apparaît dans aucun tableau : la transmission des gestes. Un savoir-faire rare disparaît avec les salariés qui le détiennent si personne ne prend le relais, et c’est aussi vrai pour les procédés de pointe, comme [les travaux de la chimiste Marie Perrin sur le recyclage des terres rares](https://lepointdujour.fr/actualite/1737-linnovation-de-marie-perrin-a-seulement-28-ans-va-tout-changer-sur-les-terres-rares-11052025/). Le répertoire complet des entreprises labellisées est consultable sur [le portail de données ouvertes du ministère de l’Économie](https://data.economie.gouv.fr/explore/assets/entreprise-patrimoine-vivant/view/).
Pour suivre le prochain bilan du label et les entreprises qui le décrochent, ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de retrouver ces dossiers dès leur publication.
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