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# Lancé le 25 juin 2026 selon EDF, le démantèlement de Fessenheim doit produire 405 000 tonnes de matériaux, dont 95 % non radioactifs

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8456-fessenheim-demantelement-dechets-technocentre/
Date: 2026-10-10
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Entrée en démantèlement le 25 juin 2026 selon EDF, la centrale de Fessenheim doit être déconstruite au plus tard le 30 juin 2048, en vertu du décret.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/fessenheim-demantelement-dechets-technocentre-scaled.jpg
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Du décret paru au Journal officiel au futur four de fusion des métaux, les documents d’EDF, de l’ASNR et de l’État permettent de suivre pas à pas ce que va devenir le site alsacien jusqu’en 2048.

Le 25 juin 2026, la centrale nucléaire de Fessenheim, au bord du Grand canal d’Alsace, a basculé dans de nouvelles règles d’exploitation. Selon EDF, le site est ce jour-là officiellement entré en démantèlement, six ans après l’arrêt de ses deux réacteurs.

Le premier chantier est déjà fixé : découper les trois générateurs de vapeur du réacteur n°1, des pièces de plus de 300 tonnes et de plus de 20 mètres de haut, pour les sortir du bâtiment réacteur.

## Démantèlement de Fessenheim : un décret du 1er mai 2026 et une échéance au 30 juin 2048

Mise en service en 1977, Fessenheim a été la première centrale à eau pressurisée de 900 MW à entrer en service en France, rappelle EDF. Ses deux unités ont été arrêtées définitivement le 22 février 2020 pour la n°1 et le 29 juin 2020 pour la n°2, selon EDF, le décret du 18 février 2020 ayant fixé l’arrêt de cette dernière au 30 juin.

Le chantier repose sur le [décret n° 2026-336 du 1er mai 2026](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054023265), publié au Journal officiel du 3 mai. Il prescrit à EDF de démanteler l’installation nucléaire de base n° 75 et modifie le décret du 3 février 1972 qui avait autorisé sa création. Le texte découpe les travaux en quatre étapes, dont certaines peuvent se dérouler en parallèle :

- le démantèlement électromécanique des bâtiments, des systèmes et des gros composants, dont les générateurs de vapeur, la cuve du réacteur et ses internes ;

- l’assainissement des structures et des sols ;

- la démolition des bâtiments jusqu’à au moins un mètre sous le niveau actuel du terrain, hors installations conservées pour la reconversion du site ;

- la réhabilitation du site.

Les opérations doivent être achevées au plus tard le 30 juin 2048. L’état final visé est précis. Les bâtiments ne doivent plus comporter de zone réglementée au titre de la radioprotection, et leur état, comme celui des sols, doit être au moins compatible avec une utilisation industrielle.

## Six ans de procédure entre l’arrêt des réacteurs et les premiers chantiers

EDF a déposé son dossier de démantèlement le 30 novembre 2020, puis l’a complété par des mises à jour en décembre 2021, juillet 2023 et janvier 2025, selon l’[avis n° 2026-AV-020 de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection](https://reglementation-controle.asnr.fr/content/download/209184/file/2026-AV-020.pdf). Une enquête publique s’est tenue du 25 mars au 30 avril 2024 et s’est conclue, d’après EDF, par un avis favorable sans réserve de la commission d’enquête.

Le calendrier de 2026 :

- 29 janvier : avis de l’ASNR sur le projet de décret, jugé favorable selon Techniques de l’Ingénieur ;

- 1er mai : signature du décret, publié le 3 mai ;

- 5 juin : l’ASNR autorise la modification du plan d’urgence interne du site, applicable en démantèlement ;

- 19 juin : l’ASNR approuve le rapport de sûreté et les règles générales d’exploitation, dernière autorisation nécessaire selon EDF ;

- 25 juin : bascule dans ces nouveaux référentiels et entrée officielle en démantèlement.

Entre 2020 et 2025, la phase dite de pré-démantèlement a permis d’évacuer l’ensemble du combustible et des fluides. EDF indique que cette évacuation a éliminé 99,9 % de la radioactivité issue de l’exploitation. EDF dit aussi avoir réemployé 30 millions d’euros d’équipements sur les centrales en service.

## 405 000 tonnes de matériaux, dont 95 % non radioactifs

Selon EDF, le démantèlement de Fessenheim générera 405 000 tonnes de matériaux, dont 95 % non radioactifs. Il s’agit pour l’essentiel de bétons, qui seront réutilisés sur le site comme remblais.

![Vue depuis l’aménagement hydroélectrique de Fessenheim, avec la centrale nucléaire à l’arrière-plan sur la rive du canal](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/fessenheim-demantelement-dechets-technocentre-2.jpg)Le site de Fessenheim en octobre 2020, avec la centrale nucléaire à l’arrière-plan, vu depuis la centrale hydroélectrique. Crédit : PaulT (Gunther Tschuch), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Les 5 % restants sont des déchets radioactifs. EDF précise qu’ils seront triés et orientés vers des filières dédiées selon leur nature et leur niveau de radioactivité. Le décret impose un bilan annuel des déchets produits et de leur prise en charge, ainsi qu’une information annuelle de la commission locale d’information et de surveillance (CLIS) de Fessenheim sur l’avancement, la sûreté, la dosimétrie, les déchets et l’état de l’environnement.

Le chantier doit mobiliser 300 personnes en moyenne par an jusqu’en 2048, selon EDF. Au printemps 2026, la page de présentation de la centrale faisait état de 326 salariés d’EDF et d’entreprises partenaires sur le site.

## Un coût revu à la hausse, à 700 millions d’euros par réacteur

Le bulletin d’EDF de mai 2026 indique seulement que le coût du démantèlement est provisionné dans les comptes du groupe, comme pour chaque réacteur en France.

Le magazine Techniques de l’Ingénieur, dans un article du 21 mai 2026, cite toutefois un devis « à terminaison » de 700 millions d’euros par réacteur, tiré des comptes consolidés 2025 d’EDF. Selon le Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN), cité par le même article, EDF indiquait 560 millions d’euros en 2023.

Les principaux repères chiffrés du chantier, tels que publiés par leurs auteurs :

IndicateurValeurSourceMatériaux générés par le démantèlement405 000 tonnes, dont 95 % non radioactifsEDF, juillet 2026Fin des opérationsau plus tard le 30 juin 2048Décret n° 2026-336Effectif moyen300 personnes par anEDFCoût à terminaison700 millions d’euros par réacteurComptes 2025 d’EDF, cités par Techniques de l’IngénieurRadioactivité retirée avec le combustible99,9 %EDF

## Le Technocentre, une usine pour fondre les métaux très faiblement radioactifs

À côté du chantier de démantèlement, EDF porte un second projet : le Technocentre, une usine de recyclage des métaux très faiblement radioactifs (TFA) issus du démantèlement des installations nucléaires et de la maintenance du parc. Aujourd’hui, ces métaux partent pour stockage définitif au Cires, le centre de l’Andra situé dans l’Aube.

Les métaux seraient fondus dans un four à arc électrique à environ 1 650 °C, puis coulés en lingots d’une vingtaine de kilos pour l’industrie métallurgique. Les données d’EDF issues du débat public :

- un gisement de 500 000 tonnes de métaux TFA identifié en France par EDF, Orano et le CEA, dont des générateurs de vapeur ;

- une production annuelle de 20 000 tonnes ;

- un investissement d’environ 450 millions d’euros, aux conditions économiques de 2023 ;

- environ 200 emplois directs pérennes en exploitation ;

- une réduction du besoin de stockage de l’ordre de 450 000 m³, soit 70 % de la capacité autorisée du Cires à sa mise en service.

Le [débat public organisé par la CNDP](https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2025-05/CNDP-Fessenheim_CR-Bilan.pdf) s’est tenu du 10 octobre 2024 au 7 février 2025. Il a réuni 2 675 participants aux événements et 1 269 contributions sur le forum. Le 7 juillet 2025, EDF a publié sa décision de poursuivre le projet. Son calendrier prévoit un début de construction en 2027 et une mise en service à la fin de 2031, pour quarante années de fonctionnement.

Deux autorisations restent nécessaires : un arrêté ministériel de dérogation prévu par le code de la santé publique, et un arrêté préfectoral d’autorisation environnementale, l’usine relevant du régime des installations classées.

## Ce qui reste incertain

Plusieurs points ne sont pas tranchés. Sur le coût, les seuls montants disponibles proviennent des comptes d’EDF relayés par la presse spécialisée, et leur progression entre 2023 et 2025 montre que l’estimation peut encore bouger. Le décret fixe une date limite, mais aucune date intermédiaire pour chacune des quatre étapes.

Le Technocentre reste suspendu à ses autorisations. Le bilan de la CNDP relève que l’opportunité du projet a fait l’objet de controverses, notamment sur la banalisation du métal recyclé, et que quelques associations ont quitté le débat à mi-parcours, l’estimant biaisé en faveur d’EDF.

EDF présente Fessenheim comme la première centrale de technologie similaire au parc français en exploitation à être démantelée, Chooz A, dans les Ardennes, faisant figure de précurseur. Pour situer le poids du nucléaire dans le système énergétique actuel, nos [chiffres clés de l’énergie en France](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8069-chiffres-cles-energie-france/) donnent un ordre de grandeur.

## Questions fréquentes

### Quand la centrale de Fessenheim a-t-elle été arrêtée ?

Le réacteur n°1 a été arrêté définitivement le 22 février 2020 et le réacteur n°2 le 29 juin 2020 selon EDF, le décret du 18 février 2020 ayant fixé son arrêt au 30 juin.

### Quand le démantèlement a-t-il commencé ?

Le décret est daté du 1er mai 2026 et a été publié le 3 mai. L’ASNR a approuvé les nouvelles règles d’exploitation le 19 juin, et le site est officiellement entré en démantèlement le 25 juin 2026, selon EDF.

### Jusqu’à quand vont durer les travaux ?

Le décret impose une fin des opérations au plus tard le 30 juin 2048.

### Quelle quantité de déchets radioactifs le chantier va-t-il produire ?

Selon EDF, le démantèlement générera 405 000 tonnes de matériaux, dont 5 % de déchets radioactifs. Ils seront triés puis orientés vers des filières dédiées.

### Que deviendra le terrain après 2048 ?

Selon le décret, l’état des bâtiments et des sols devra être au moins compatible avec une utilisation industrielle.

### Le Technocentre est-il autorisé ?

Pas encore. EDF a décidé en juillet 2025 de le poursuivre, mais deux autorisations lui manquent. La mise en service est visée pour la fin de 2031.

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