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# La grêle commence au-dessus de 5 millimètres, et moins de 10 % des nuages d'orage en font tomber jusqu'au sol

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8398-grele-grelons-seuil-formation/
Date: 2026-10-09
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Météo-France fixe la limite à 5 millimètres : en dessous, ces billes de glace opaques tombées d'un cumulonimbus s'appellent du grésil, pas de la grêle.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/08-grele-grelons-formation-scaled.jpg
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Ce seuil de cinq millimètres commande aussi la lecture des radars, les dégâts attendus dans les champs et la façon dont le phénomène est annoncé.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [la façon dont Météo-France attribue un prénom aux tempêtes](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8074-nommage-tempetes-liste-meteo-france/).

## La grêle commence au-dessus de cinq millimètres de diamètre
[Météo-France décrit la grêle](https://meteofrance.com/meteo-a-z/la-grele) comme des particules de glace de diamètre supérieur à 5 mm, appelées grêlons. En dessous de ce diamètre, les particules de glace plutôt opaques qui tombent d'un cumulonimbus et rebondissent au sol sans se briser portent un autre nom, le grésil. Même nuage, même famille de phénomène, mais deux mots que Météo-France distingue nettement.Second repère, moins connu : **moins de 10 % des cumulonimbus donnent de la grêle atteignant le sol**. Les épisodes de grêle se produisent en général lors d'orages violents, à l'intérieur de ces nuages. La grande majorité des nuages d'orage ne donnent pas de grêle au sol.

Sa forme est irrégulière, quoique assez souvent circulaire, et il se compose généralement d'une alternance de couches de glace concentriques, opaques ou transparentes selon les types de croissance qu'il a subis, opaques ou transparentes selon les types de croissance qu'il a subis.

## Une fabrique de glace à l'intérieur du nuage
Le cumulonimbus est le nuage des phénomènes orageux, et [Météo-France le tient pour responsable de toutes les chutes de grêle](https://meteofrance.com/meteo-a-z/les-cumulonimbus). Large de 5 à 15 km, il peut s'élever jusqu'à 15 km d'altitude sous nos latitudes. À l’intérieur, les mouvements verticaux sont très violents : les particules d’eau et de glace y sont brassées par des vents pouvant dépasser 130 km/h.

![Pelouse entièrement recouverte de grêlons blancs mêlés aux brins d'herbe](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/08-grele-grelons-formation-2.jpg)Une pelouse couverte de grêlons. Crédit : Nerdybeng / Soon Chun Siong, Wikimedia Commons, domaine publicTout se joue entre la base du nuage, chaude et humide, et son sommet très froid. La glace se forme dans cette colonne d'ascendance autour de petites particules solides, les noyaux glaçogènes. Ces impuretés sont naturelles, poussière ou suie volcanique, ou artificielles, comme les rejets des réacteurs d'avion. Les grêlons se développent ensuite par dépôts successifs de glace sur ces noyaux, avant de tomber au sol sous forme d'averses. Il arrive souvent qu'ils fusionnent entre eux pour donner des particules encore plus grosses, ce que Météo-France appelle l'accrétion.

## La force des ascendances décide de la taille
Si les courants ascendants sont faibles, la particule qui grossit redescend très vite et se trouve éjectée du nuage. Comme elle est de petite dimension, elle fond avant d'atteindre le sol, et il ne tombe alors que de la pluie. Plus les ascendances sont fortes, en revanche, plus la particule reste longtemps en suspension, et plus elle dispose de temps pour collecter l'eau du nuage à l'état liquide et gazeux. Ce sont donc les cumulonimbus les plus violents qui génèrent les plus gros grêlons.

Selon Météo-France, les averses de grêle durent peu et ne touchent que des superficies limitées. Mais dans certains cas, plusieurs supercellules sont présentes en même temps sur une région et provoquent plusieurs orages de grêle simultanés. Sur une surface de 100 kilomètres carrés, de telles averses peuvent déverser, selon Météo-France, **en moyenne 300 milliards de grêlons en 5 à 10 minutes, soit une masse d'environ 50 000 tonnes**.

Selon Météo-France, qui s’appuie sur les observations référencées dans la base de l’European Severe Storms Laboratory (ESSL), le plus gros grêlon mesuré en France atteignait 13 cm, à Vic-en-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, le 20 juin 2022. Il cite par ailleurs des grêlons de 10 cm observés à Peyrehorade, en Aquitaine, ainsi qu'à Job et Marat, en Auvergne-Rhône-Alpes. À Paris, des grêlons d'environ 8 cm sont tombés le 8 juin 2014.

## Trois classes de taille sur l'écran du radar
Pour détecter la grêle en temps réel, l’outil est le radar météorologique au sol. Météo-France dispose d'un réseau de 39 radars en France hexagonale et en Corse, qui produisent des images des précipitations toutes les 5 minutes. Chaque radar mesure leur intensité dans un rayon d’environ 250 km. Le signal renvoyé est converti en facteur de réflectivité, en dBZ, dont la valeur dépend surtout de la taille et de la composition des précipitations : plus gros que les gouttes de pluie, les grêlons renvoient une réflectivité en général supérieure à 55 dBZ.

La double polarisation, dont ces radars sont équipés, mesure des variables qui aident à distinguer la pluie, la neige et la grêle. De là un diagnostic en trois classes, dont la première, dite petite, correspond en réalité au grésil. L’observation directe de la grêle au sol passe d’abord, selon Météo-France, par les signalements humains transmis par les réseaux sociaux ou l’application mobile : une taille de grêlons et une photo qui la vérifie alimentent des bases de rapports, précieuses pour évaluer et améliorer les algorithmes de détection et de prévision.

## À partir de quelle taille les dégâts commencent
Un rapport de mission de 2024 sur l'assurabilité des risques climatiques, cité par Météo-France, échelonne les dommages selon le diamètre des grêlons :

DiamètreNom employé par Météo-FranceClasse du diagnostic radarCe que le rapport de 2024 signaleMoins de 5 mmGrésilPetiteAucun seuil de dommage citéPlus de 5 mmGrêlonsMoyenne, de 5 à 20 mmLes plantes et les cultures peuvent être affectéesPlus de 2 cmGrêlonsGrosse, à partir de 20 mmDes structures légères peuvent être endommagées, vitres et plastiquesPlus de 2,5 cmGrêlonsGrosseLes personnes, les voitures et les toits en tuiles sont à risqueLa grêle constitue souvent un fléau pour les bâtiments, et plus encore pour l'agriculture. Elle produit aussi un effet moins attendu : tombée en quantité, elle peut perturber l'écoulement de l'eau de pluie en bouchant les canalisations d'évacuation, et accroître ainsi le ruissellement pendant l'épisode. Les consignes de Météo-France tiennent en trois gestes : se mettre à l'abri dans un bâtiment en dur, ne pas s'abriter sous un arbre, et à défaut d'abri proche, s'accroupir pieds joints en se couvrant la tête avec un sac ou une veste.

La grêle s’observe dans tout l’Hexagone, mais touche plus fréquemment le Sud-Ouest et le Centre-Est. Pour le matériel exposé en permanence, la question rejoint celle que pose [la protection des panneaux solaires contre la grêle](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/1153-protegez-vos-panneaux-solaires-contre-la-grele-avec-cette-solution-simple-18032025/), où le diamètre des grêlons sert là aussi de repère.

## Un phénomène qui ne se prévoit qu'indirectement
Pour prévoir la grêle, il faut d'abord prévoir les orages. Les modèles numériques ne représentent que partiellement les phénomènes de petite taille, mais ils identifient les zones qui réunissent les conditions favorables aux cumulonimbus. Leur localisation précise reste difficile, même si les modèles à plus haute résolution la font progresser. La prévision de la grêle se fait ainsi de manière indirecte, à partir de la prévision de la sévérité de l'orage. La difficulté d'échelle rappelle celle que pose [la formation du brouillard et ses seuils de visibilité](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7976-brouillard-formation-visibilite-automne/), et l'arbitrage entre alerte et silence celui de [la vigilance crues](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8289-vigilance-crues-couleurs-perimetre/).

La saison, elle, ne se lit pas sur la même carte. [Météo-France relève qu'à partir de septembre](https://meteofrance.com/meteo-a-z/quand-et-ou-se-produisent-les-orages-en-france), la fréquence des orages diminue sur terre mais se maintient encore en Méditerranée, la mer restant relativement chaude jusqu'en novembre, et qu'en automne la zone la plus orageuse va de l'Hérault aux Bouches-du-Rhône en englobant l'Ardèche. Ces repères décrivent les orages, pas la grêle : les deux cartes ne se superposent pas, et rien n'autorise à transporter l'une sur l'autre.

Reste l'avenir. L'évolution des épisodes de grêle dépend de celle des orages et demeure incertaine : ils ne seront pas forcément plus nombreux, mais dans un climat plus chaud, l'atmosphère peut contenir et transporter 7 % de vapeur d'eau en plus par degré supplémentaire, ce qui favorise une intensification des pluies extrêmes sous orage. Le sixième rapport du GIEC estime, avec un niveau de confiance faible, que les épisodes de grêle pourraient augmenter pour des réchauffements importants, faiblesse qui tient aux modèles de climat actuels, lesquels représentent mal ou pas du tout les phénomènes menant à la grêle. Les études publiées depuis annoncent plus d’événements de grêle, notamment à gros grêlons, et c’est cette hausse de la taille qui est projetée pour la France, avec potentiellement moins d’épisodes à petits grêlons par endroits.

Le seuil de cinq millimètres restera la frontière entre deux mots et deux lectures du radar. Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de suivre les prochains travaux sur ce sujet.

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