---
# Cadmium dans les engrais : la cible de 20 milligrammes par kilo de phosphore passe de 2038 à 2030 après la consultation publique

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8284-cadmium-engrais-trajectoire-sols/
Date: 2026-10-07
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Le projet soumis au public en mai visait 20 milligrammes au plus tard en 2038. La trajectoire annoncée le 2 octobre fixe cette cible à 2030.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/07-cadmium-engrais-trajectoire-sols-une-scaled.jpg
---

Entre le projet de mai et les textes du 2 octobre, il y a un métal venu de la roche, un sol qui le conserve et une consultation publique qui a tout accéléré.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [les résidus de pesticides qui persistent des décennies dans les sols et les rivières de France](https://lepointdujour.fr/actualite/6401-pesticides-des-residus-fantomes-polluent-sols-et-rivieres-en-france-pendant-des-decennies/).

## Le cadmium dans les engrais plafonné à 60 milligrammes par kilo de phosphore en 2027
Le ministère de la Transition écologique a présenté le 2 octobre 2026 [quatre nouveaux textes réglementaires sur les matières fertilisantes](https://www.ecologie.gouv.fr/presse/gouvernement-engage-trajectoire-reduction-teneurs-cadmium-matieres-fertilisantes-structure), dont un arrêté qui dessine une trajectoire de baisse du **cadmium**. Trois d'entre eux sont publiés le jour même. Première marche, le 1er janvier 2027 : la teneur maximale des engrais phosphatés sera alignée sur le seuil du règlement européen 2019/1009, soit **60 milligrammes de cadmium par kilogramme d'anhydride phosphorique**.

L'anhydride phosphorique, noté P2O5, est l'unité dans laquelle les engrais expriment leur teneur en phosphore. Rapporter le cadmium à cette unité plutôt qu'au poids total du sac revient à le mesurer par rapport à l'élément nutritif réellement apporté, et c'est le choix retenu par le règlement européen comme par l'arrêté français. Le même arrêté fixe en parallèle un plafond d'apports de 3 grammes de cadmium par hectare et par an pour les engrais minéraux.

Deux autres dates suivent : 40 milligrammes par kilo de P2O5 au 1er janvier 2028, puis 20 milligrammes au 1er janvier 2030. Ce dernier chiffre n'est pas choisi au hasard. C'est la valeur que l'Anses, l'agence de sécurité sanitaire, recommande pour les engrais minéraux phosphatés, en même temps qu'elle préconise de limiter les apports à 2 grammes par hectare et par an, tous fertilisants confondus.

## Un métal qui arrive avec la roche, pas avec la recette
Le cadmium n'est pas ajouté aux engrais. Le communiqué le décrit comme un métal lourd naturellement présent dans certaines roches phosphatées utilisées pour produire des engrais. Autrement dit, il entre dans l'usine avec le minerai et en ressort avec le produit fini, sans qu'aucune étape de la fabrication ne l'ait voulu. Le point d'entrée du métal se situe donc en amont de l'usine, dans le minerai lui-même.

C'est ce qui explique la présence d'une clause de rendez-vous dans le dispositif. Le gouvernement se réserve la possibilité d'adapter le calendrier sur la base de rapports des inspections générales, qui s'appuieront sur les données technologiques et les facteurs socioéconomiques disponibles, **y compris la sécurité d'approvisionnement en matières fertilisantes**. La mention figure noir sur blanc dans le communiqué.

Le second trait du cadmium est sa persistance. Le ministère retient deux propriétés : sa capacité à s'accumuler durablement dans les sols, et son transfert vers certaines cultures. L'Anses va dans le même sens lorsqu'elle écrit qu'une limitation de la teneur pour les engrais minéraux phosphatés à 20 milligrammes par kilo de P2O5 serait nécessaire pour ne pas entraîner d'accumulation de cadmium dans les sols. Côté santé, le communiqué indique qu'une exposition prolongée est susceptible d'entraîner des effets néfastes, notamment au niveau rénal et osseux.

## Ce que la consultation publique a déplacé
Le point le plus intéressant n'est pas dans les seuils eux-mêmes, mais dans l'écart entre ce qui était proposé et ce qui a été signé. [Le projet d'arrêté soumis au public du 26 mai au 30 juin 2026](https://agriculture.gouv.fr/consultation-publique-projet-darrete-modifiant-la-teneur-maximale-en-cadmium) prévoyait une tout autre allure. Après la marche de 2027 à 60 milligrammes, il plaçait la suivante, à 40 milligrammes, au 1er janvier 2030. La valeur de 20 milligrammes n'y était pas une échéance mais une hypothèse : un rapport devait être remis avant le 1er janvier 2032 sur la possibilité de l'atteindre, assorti d'un calendrier de mise en oeuvre courant jusqu'au 1er janvier 2038 au plus tard.

Le ministère explique ce changement par la consultation elle-même : la nouvelle trajectoire reflète le souhait émis par de nombreux citoyens, qui ont demandé une progression accélérée. Le tableau ci-dessous met les deux versions côte à côte :

ÉchéanceProjet soumis à consultation (mai 2026)Trajectoire annoncée le 2 octobre 20261er janvier 202760 mg/kg de P2O560 mg/kg de P2O51er janvier 2028aucune étape prévue40 mg/kg de P2O51er janvier 203040 mg/kg de P2O520 mg/kg de P2O5Au plus tard le 1er janvier 203820 mg/kg de P2O5, après étude d'impactcible déjà fixée à 2030Huit ans séparent donc la dernière ligne des deux colonnes. La cible de l'Anses, qui restait conditionnée à une étude d'impact et repoussée à la fin des années 2030, devient une date ferme à l'horizon 2030. L'arrêté qui porte cette trajectoire doit être notifié à la Commission européenne début octobre 2026.

## Deux verrous qui ne font pas le même travail
La réglementation française joue désormais sur deux leviers distincts, et la nuance mérite d'être posée. Le premier est une teneur : une concentration maximale autorisée dans le produit, exprimée par kilogramme de P2O5 ou par kilogramme de matière sèche selon les cas. C'est l'objet de l'arrêté dit composition.

![Front de taille d'une mine de phosphorite à ciel ouvert, avec ses gradins et ses pistes dans un paysage désertique](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/07-cadmium-engrais-trajectoire-sols-photo2.jpg)Mine de phosphorite près d'Oron, dans le Néguev, en Israël. Crédit : Wilson44691, Wikimedia Commons, licence CC0Le second est un flux : la quantité maximale de contaminant qui peut arriver sur une parcelle en un an, exprimée en grammes par hectare. C'est l'objet de l'arrêté dit flux. Les deux sont complémentaires : un engrais peu chargé épandu en grande quantité peut apporter autant de métal qu'un engrais plus concentré utilisé avec parcimonie. [La question suivante est celle du partage des terres agricoles](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/6519-biodiversite-lagriculture-depasse-le-dilemme-partager-ou-epargner-les-terres/), entre surfaces intensives et surfaces épargnées, qui conditionne les volumes réellement épandus.

Le projet soumis à consultation détaillait d'ailleurs ces flux par famille de produits : 3 grammes par hectare et par an pour les engrais minéraux et organo-minéraux comme pour les autres matières fertilisantes, et 10 grammes pour les déchets relevant des régimes ICPE et IOTA, c'est-à-dire des installations classées et des activités soumises à la loi sur l'eau, valeur que le projet ramenait à 5 grammes en 2030.

## Le cadmium n'est que la partie visible
Les quatre textes du 2 octobre dépassent de loin ce seul métal. Un décret publié en mai 2026 est complété par un second décret et deux arrêtés qui fixent, pour l'ensemble des fertilisants, les limites maximales de contaminants autorisées et les quantités maximales pouvant être apportées aux sols. Jusqu'ici, rappelle le ministère, les exigences dépendaient principalement de la nature des matières utilisées.

Le périmètre des contaminants visés est large : éléments traces métalliques comme le chrome ou le cadmium, composés traces organiques comme les PCB, les dioxines et les furanes, matières inertes comme les plastiques, le verre et les métaux, et certains micro-organismes pathogènes.

La raison de ce chantier tient en une loi. La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire encourage le recyclage des déchets en fertilisants agricoles. Transformer des boues ou des résidus traités en produits épandables suppose de garantir qu'ils n'apportent pas autre chose que des éléments nutritifs. [Un rappel utile : certains produits domestiques finissent eux aussi dans les rivières et dans la mer](https://lepointdujour.fr/actualite/3639-ce-produit-pour-chien-pollue-les-rivieres-et-la-mer-et-personne-ne-vous-le-dit-15072025/), par des chemins que personne n'avait anticipés.

## Prometteur sur le papier, mais rien n'est encore épandu
Trois réserves tempèrent l'annonce. La première est le calendrier lui-même, que le gouvernement s'autorise à adapter si les rapports des inspections générales concluent à un risque sur l'approvisionnement. La deuxième tient à l'écart qui subsiste avec l'avis de l'Anses sur les flux : l'agence recommande 2 grammes par hectare et par an, le plafond retenu pour 2027 est de 3 grammes.

La troisième est la plus structurelle. Baisser la teneur d'un engrais agit sur ce qui entre dans le sol, pas sur ce qui s'y trouve déjà, et le ministère comme l'Anses insistent tous deux sur le caractère durable de cette accumulation. Les effets d'une trajectoire 2027-2030 se mesureront donc sur des décennies, pas sur des campagnes agricoles. [Le même décalage temporel se retrouve dans les forêts françaises](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8141-forets-puits-carbone-mortalite/), dont le puits de carbone met des années à réagir aux décisions prises aujourd'hui.

Reste à voir ce que la Commission européenne dira de la notification annoncée pour début octobre, et ce que contiendront les rapports des inspections générales. Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de ne pas manquer la prochaine étape de ce dossier.

---

## Categories

- Énergie et environnement

---

## Navigation

- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)

---

## Footer Links

- [Accueil](https://lepointdujour.fr/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Facebook](https://www.facebook.com/profile.php?id=61566138330419)
- [Instagram](https://www.instagram.com/lepointdujour.fr/)
- [Threads](https://www.threads.com/@lepointdujour.fr)
- [Nous contacter](https://lepointdujour.fr/contact/)
- [Plan du site](/sitemap/)
- [Politique de rédaction](/redaction/)
- [Politique de confidentialité](https://lepointdujour.fr/politique-de-confidentialite/)
- [Mentions légales](/mentions-legales/)
- [Gestion des cookies](https://lepointdujour.fr/gestion-des-cookies/)
- [Tout voir](/topics/)
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie et innovation](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)
- [En savoir plus sur ces finalités](https://cookiedatabase.org/tcf/purposes/)