---
# Calculé pour le seul port de Brest, le coefficient de marée va de 20 à 120 mais ne donne aucune hauteur d'eau

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8237-coefficient-maree-brest-marnage/
Date: 2026-10-06
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Le Shom calcule un unique coefficient de marée, pour le port de Brest, puis l'applique à toutes les côtes de France métropolitaine.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/08-coefficient-maree-explication-une-scaled.jpg
---

Reste à savoir ce qui, en plus de la Lune et du Soleil, fait monter la mer au-dessus du niveau annoncé la veille.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [les 21 prénoms retenus par Météo-France pour la saison des tempêtes](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8074-nommage-tempetes-liste-meteo-france/).

## Le coefficient de marée compare le marnage du jour à une référence d'équinoxe
Le mot à retenir est le marnage : la différence de hauteur entre la pleine mer et la basse mer. C'est lui, et lui seul, que le coefficient de marée décrit. [La fiche technique du Service hydrographique et océanographique de la marine](https://refmar.shom.fr/sites/default/files/2025-01/GT-TSH_CatD_Fiche_Prediction_maree.pdf), le Shom, le définit comme un nombre sans dimension, obtenu en divisant le demi-marnage du moment par une valeur de référence appelée unité de hauteur, elle-même un demi-marnage moyen.

Cette référence remonte à Laplace. Le mathématicien avait proposé de caractériser chaque port par la hauteur moyenne de la plus grande marée suivant d'environ un jour et demi la pleine ou la nouvelle lune, aux alentours de l'équinoxe. **Par convention, ce marnage moyen des vives-eaux d'équinoxe reçoit le coefficient 100**. Un coefficient 50 annonce donc un marnage voisin de la moitié de cette valeur, et un coefficient 110 un marnage supérieur de 10 % à la référence.

Deux mots complètent le vocabulaire. Le flot désigne la marée montante, le jusant la marée descendante. Sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique, la marée est dite semi-diurne : deux pleines mers et deux basses mers chaque jour. Selon l'amplitude, les spécialistes classent les littoraux en microtidal sous 2 mètres de marnage, mésotidal entre 2 et 4 mètres, macrotidal au-delà.

## Deux astres, deux ondes et un cycle de 12 heures 25
La marée océanique vient de l'attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil sur les masses d'eau. La Lune pèse davantage dans l'affaire, non par sa masse mais par sa proximité. Comme les mouvements de ces deux astres sont connus avec précision, la marée peut se calculer longtemps à l'avance, pour le passé comme pour l'avenir.

Le signal se décompose en ondes élémentaires, chacune avec sa période propre. Les deux principales portent les noms de M2 et S2, le M pour la Lune et le S pour le Soleil, l'indice 2 signalant qu'elles reviennent deux fois par jour. **L'onde lunaire a une période de 12 heures 25, l'onde solaire de 12 heures exactement**, et tout le rythme des marées sort de cet écart de vingt-cinq minutes.

Quand la Terre, la Lune et le Soleil s'alignent, à la nouvelle et à la pleine lune, les deux ondes s'ajoutent : ce sont les vives-eaux. En quadrature, au premier et au dernier quartier, elles se contrarient et donnent les mortes-eaux. Un détail compte pour qui guette la grande marée : **les plus forts marnages arrivent avec un à deux jours de retard sur la pleine ou la nouvelle lune**, l'inertie des masses d'eau décalant la réponse.

Cette décomposition a une histoire. Newton démontre le premier l'origine astronomique du phénomène, Laplace propose à la fin du dix-huitième siècle une théorie dynamique où la force génératrice prend la forme d'ondes qui se propagent et se dissipent selon les fonds et les côtes. Lord Kelvin introduit ensuite l'analyse harmonique et construit une machine à tracer les courbes de marée. En 1921, Doodson pousse la décomposition à plus de 400 ondes. Le Shom en retient aujourd'hui 143.

## Une échelle bornée de 20 à 120, calculée pour un seul port
Les valeurs extrêmes admises aujourd'hui vont de 20 à 120. Entre les deux, quelques paliers servent de repères aux marins comme aux pêcheurs à pied, et surtout de base au calcul des niveaux de référence portés sur les cartes marines :

CoefficientType de maréeCe qu'il sert à définir20morte-eau extrêmeborne basse de l'échelle45morte-eau moyenneniveaux de pleine et de basse mer de mortes-eaux70limite entre les deux régimesen dessous morte-eau, au-dessus vive-eau95vive-eau moyenneniveaux de pleine et de basse mer de vives-eaux120vive-eau extrêmeplus hautes et plus basses mers astronomiquesCes niveaux se comptent au-dessus du zéro hydrographique, référence commune aux cartes marines et aux annuaires des marées, choisie en France au voisinage des plus basses mers astronomiques. Ce zéro n'est pas celui des altitudes terrestres de l'Institut géographique national, d'où bien des confusions quand on compare une hauteur d'eau à une altitude de quai.

Dernier point, le moins connu : **le coefficient n'est calculé que pour Brest**. Le Shom retient pour ce port de référence un degré de précision suffisant pour appliquer la même valeur à toutes les côtes de France métropolitaine, à condition de tenir compte du décalage horaire entre la pleine mer de Brest et celle du port concerné. La notion elle-même ne s'emploie guère hors de France.

## Ce que le coefficient ne dit pas, c'est la surcote
Un coefficient de 115 n'a jamais inondé une route à lui seul. Ce qui déborde, c'est la différence entre le niveau réellement observé et le niveau prédit. Quand cette différence est positive, [le Shom parle de surcote](https://refmar.shom.fr/sites/default/files/fiches_data/GT_TSH_Fiche_surcotes_Version_fevrier2024.pdf), et de décote lorsqu'elle est négative. Les causes sont presque toujours météorologiques.

![Échelle de marée graduée fixée contre un quai de pierre, à côté du tube blanc d'un marégraphe, au-dessus de l'eau](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/08-coefficient-maree-explication-photo2.jpg)Le marégraphe du Shom sur la Penfeld, à Brest : l'échelle graduée donne la hauteur d'eau au-dessus du zéro hydrographique. Crédit : Ph. Saget, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0Trois mécanismes se combinent. Le premier est l'effet de baromètre inverse : la pression atmosphérique moyenne au niveau de la mer vaut 1 013 hectopascals, et **chaque hectopascal perdu fait monter le niveau d'environ un centimètre**. Le deuxième tient au déplacement de la dépression. L'onde de tempête se propage comme une onde longue, à près de 730 km/h en plein océan et à environ 80 km/h par 50 mètres de fond, et quand la dépression avance à cette même vitesse, elle amplifie l'onde par résonance. Le troisième est l'effet direct du vent, qui pousse l'eau vers la côte et devient dominant sur les petits fonds.

Les ordres de grandeur séparent nettement les situations. Sous nos latitudes, les tempêtes d'un millier de kilomètres de diamètre génèrent des surcotes de 1 à 3 mètres. Les cyclones tropicaux, plus petits mais beaucoup plus creux, avec des pressions sous 940 hectopascals et des vents dépassant 300 km/h, en produisent de 9 à 10 mètres. Dans les baies et les pertuis, la faible profondeur amplifie encore le phénomène.

Le risque de submersion naît donc d'une coïncidence : une pleine mer à fort coefficient, une dépression creuse et un vent de mer au même moment. [La question suivante est celle de la montée du niveau de la mer, dont le rythme varie fortement selon les côtes](https://lepointdujour.fr/actualite/6559-montee-du-niveau-de-la-mer-certaines-regions-paient-deja-le-prix-fort-le-rythme-varie-fortement-selon-les-cotes/), puisqu'elle relève le socle sur lequel viennent s'ajouter marée et surcote. [Le dixième bilan océanique de Copernicus](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8017-ocean-state-report-copernicus-decennie/) et [la déclaration adoptée par l'ONU sur le niveau de la mer](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7883-niveau-mer-declaration-onu/) donnent la mesure de ce déplacement de fond.

## Un repère commode, qui n'est pas une hauteur d'eau
La prédiction astronomique est très précise. Une dizaine d'ondes suffisent déjà à descendre à quelques centimètres près, ce qui est amplement assez : la météo, elle, peut décaler le niveau de plusieurs dizaines de centimètres sans qu'on puisse l'anticiper à moyenne ou longue échéance. C'est pour cette raison que l'annuaire donne un horaire et une hauteur astronomiques, jamais la hauteur d'eau que le port connaîtra ce jour-là.

La qualité du calcul dépend de la durée des observations. Le Shom demande au minimum un an de mesures marégraphiques pour un port, mais l'analyse optimale réclame 19 années, soit un peu plus que le cycle nodal de 18,6 ans sur lequel l'orbite lunaire bascule. Sur cette période, l'amplitude de l'onde lunaire principale varie de plus ou moins 4 %, un écart invisible d'une année sur l'autre mais bien réel sur deux décennies.

Ce chiffre unique masque enfin les écarts locaux. En remontant un estuaire ou en franchissant un plateau continental, l'onde de marée se déforme, se réfléchit, se réfracte, et les ondes principales interagissent au point d'en créer de nouvelles. C'est pourquoi la hauteur prédite, port par port, reste la seule donnée utilisable sur le terrain, consultable sur [le service de marées du Shom](https://maree.shom.fr/). Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de retrouver ces repères avant les prochaines grandes marées.

---

## Categories

- Énergie et environnement

---

## Navigation

- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)

---

## Footer Links

- [Accueil](https://lepointdujour.fr/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [Facebook](https://www.facebook.com/profile.php?id=61566138330419)
- [Instagram](https://www.instagram.com/lepointdujour.fr/)
- [Threads](https://www.threads.com/@lepointdujour.fr)
- [Nous contacter](https://lepointdujour.fr/contact/)
- [Plan du site](/sitemap/)
- [Politique de rédaction](/redaction/)
- [Politique de confidentialité](https://lepointdujour.fr/politique-de-confidentialite/)
- [Mentions légales](/mentions-legales/)
- [Gestion des cookies](https://lepointdujour.fr/gestion-des-cookies/)
- [Tout voir](/topics/)
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie et innovation](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)
- [En savoir plus sur ces finalités](https://cookiedatabase.org/tcf/purposes/)