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# La France a produit sur son sol 63 % de l'énergie consommée en 2025, mais elle importe la quasi-totalité de ses fossiles
**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/8069-chiffres-cles-energie-france/
Date: 2026-10-02
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Publiés le 30 septembre par le service statistique du ministère, les chiffres clés de l'énergie placent le nucléaire à 74 % de la production nationale.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/10/07-chiffres-cles-energie-france-une-scaled.jpg
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Derrière ce taux de 63 % se cache une comptabilité très particulière, qui ne raconte pas la même histoire que la facture payée aux fournisseurs étrangers.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [le calcul de l'Agence internationale de l'énergie sur le coût de l'électrification mondiale](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7878-electrification-mondiale-rapport-aie/).
## L'indépendance énergétique de la France atteint 63 % en 2025
Le service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique a publié le 30 septembre 2026 [les chiffres clés de l'énergie, édition 2026](https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/chiffres-cles-de-lenergie-edition-2026). Le document porte sur l'année 2025 et livre d'abord un rapport : **la production nationale a couvert 63 % de la consommation primaire du pays**. C'est ce rapport que l'on appelle couramment indépendance énergétique.
Un mot d'abord sur l'unité de mesure. L'énergie primaire désigne l'énergie contenue dans les produits tirés de la nature, avant toute transformation. Elle recouvre aussi bien ce qui est utilisé tel quel par le consommateur final que ce qui est transformé en une autre forme d'énergie, l'électricité par exemple, consommé dans le processus d'acheminement, ou employé à des usages non énergétiques, comme la fabrication de plastique à partir de pétrole. Le taux de 63 % compare donc deux volumes bruts, pas deux factures.
Cette production nationale progresse encore en 2025, de 2,0 % sur un an. Le SDES attribue cette hausse à deux causes nommées : une meilleure disponibilité des réacteurs nucléaires et la progression des capacités photovoltaïques installées. Autrement dit, le parc n'a pas changé de nature, il a mieux tourné.
## Le piège du mot production : 74 % de nucléaire, 1 % de fossiles
La répartition de cette production primaire est très déséquilibrée. Le nucléaire en représente **74 %**, les énergies renouvelables thermiques et les déchets 17 %, les renouvelables électriques, c'est-à-dire l'hydraulique, l'éolien et le photovoltaïque réunis, 9 %, et les énergies fossiles extraites sur le territoire, pétrole et gaz, 1 %.
Ce dernier chiffre explique tout le reste. La France n'extrait presque plus d'hydrocarbures, donc elle importe la quasi-totalité des énergies fossiles qu'elle consomme, en ayant progressivement diversifié la provenance géographique de ces achats. Elle est en revanche exportatrice nette d'électricité. Un pays peut ainsi afficher une indépendance énergétique élevée tout en restant entièrement tributaire de l'étranger pour le carburant de ses camions.
Les grandes masses de l'année 2025 tiennent en cinq lignes :
Indicateur 2025ValeurPrécision donnée par le SDESProduction nationale primaire63 % de la consommation primaireen hausse de 2,0 % sur un anPart du nucléaire dans cette production74 %devant les renouvelables thermiques et les déchets, à 17 %Part des renouvelables dans la production primaire24 %le bois-énergie en fournit à lui seul 32 %Facture énergétique du pays45,8 milliards d'eurosen recul de 21 % sur un an et de 64 % par rapport à 2022Émissions liées à la combustion d'énergieen baisse de 2 %une décrue engagée depuis 2005, en France métropolitaine
## Ce que la France consomme ne ressemble pas à ce qu'elle produit
La consommation finale à usage énergétique dessine un portrait inverse. Le pétrole y pèse 38 %, l'électricité 27 %, le gaz naturel 18 %, les renouvelables thermiques et les déchets 14 %, la chaleur commercialisée 3 %, le charbon moins de 1 %. Le produit presque absent de la production nationale arrive donc en tête de ce qui est réellement consommé.
Par secteur, les transports absorbent 33 % de cette consommation finale, le résidentiel 30 %, l'industrie 18 %, le tertiaire 15 % et l'agriculture 4 %. Le SDES souligne que l'électricité et le gaz naturel, moins émetteurs de gaz à effet de serre que le pétrole et le charbon, se sont progressivement substitués à ces derniers dans les principaux secteurs économiques, mais que le pétrole demeure prépondérant dans les transports.
À climat corrigé, la consommation finale recule légèrement en 2025, de 1,1 %. Les émissions de gaz à effet de serre liées à la combustion d'énergie en France métropolitaine baissent quant à elles de 2 %, poursuivant un mouvement engagé depuis 2005. [La question suivante est celle du réseau électrique](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/1755-les-experts-tres-cash-sur-le-defi-du-reseau-electrique-face-a-lessor-des-panneaux-solaires-12052025/), dont la capacité à absorber des productions intermittentes conditionne la poursuite de cette substitution.
## Les renouvelables pèsent 24 % de la production, et le bois arrive en tête
Les énergies renouvelables représentent 24 % de la production primaire d'énergie en France en 2025, une part que le SDES décrit comme croissante dans le bouquet national. Leur composition surprend : le **bois-énergie en fournit 32 %**, loin devant l'hydraulique hors pompage, à 15 %, et la chaleur produite par les pompes à chaleur, à 14 %.
Le parc photovoltaïque de Massangis, dans l'Yonne : le solaire pèse 8 % de la production primaire renouvelable française. Crédit : Christophe.Finot, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0Viennent ensuite l'éolien, à 13 %, le solaire photovoltaïque, à 8 %, le biogaz, à 7 %, les biocarburants, à 5 %, les déchets renouvelables, à 4 %, et un reliquat de 2 %. Les deux filières les plus visibles dans le paysage, l'éolien et le solaire, pèsent donc ensemble 21 % du renouvelable français, moins que le seul bois de chauffage.
Ces parts bougent chaque année au gré de la pluviométrie et de l'ensoleillement. [La production hydraulique de l'été 2026 l'a rappelé](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7699-rte-ete-hydraulique-secheresse/), et la comparaison avec [la part des renouvelables dans l'électricité européenne](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7575-eurostat-electricite-renouvelable-solaire/) rappelle que la France part d'un mix déjà très peu carboné, ce qui change la portée de chaque point gagné.
## Une facture énergétique divisée par près de trois depuis 2022
Le deuxième enseignement du document est commercial. La facture énergétique du pays, c'est-à-dire le solde de ses échanges d'énergie avec l'étranger, s'établit à **45,8 milliards d'euros en 2025**. Elle recule de 21 % sur un an et de 64 % par rapport au pic atteint en 2022.
Le détail par énergie éclaire ce mouvement. Le pétrole et les biocarburants pèsent 34,9 milliards d'euros, en baisse de 21 %. Le gaz naturel compte pour 15 milliards, en baisse de 14 %. Le charbon et le bois-énergie ajoutent 1,4 milliard, en baisse de 22 %. L'électricité, elle, apporte un solde positif de 5,5 milliards d'euros, contre 5,24 milliards en 2024 : c'est la trace comptable du statut d'exportateur net. La détente des prix sur les marchés de gros, poursuivie en 2025, explique l'essentiel du reflux.
Rapportée à l'économie, la branche énergie représente 1,7 % de la valeur ajoutée nationale en 2025. En 2024, dans un contexte de prix toujours élevés, ménages, entreprises et administrations avaient dépensé 219 milliards d'euros pour satisfaire leurs besoins en énergie. [La version numérique de la publication](https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-energie/) détaille chacun de ces postes.
## Un taux élevé qui ne protège pas de tout
Le chiffre de 63 % mesure un rapport de volumes, pas une sécurité d'approvisionnement. Il monte quand les réacteurs tournent mieux et quand les panneaux se multiplient, il reculerait si la disponibilité du parc nucléaire se dégradait, puisque cette seule filière porte 74 % de la production. Il ne dit rien non plus du carburant des transports, premier poste de consommation finale et presque entièrement importé.
À l'échelle mondiale, le SDES rappelle que la consommation finale d'énergie a progressé de 63 % depuis 1990, portée principalement par la croissance de la demande asiatique. La trajectoire française, faite d'une consommation qui s'érode et d'émissions qui reculent depuis vingt ans, reste donc minoritaire dans le paysage énergétique mondial, et son indépendance énergétique se mesure à l'aune d'un marché qui, lui, continue de croître.
La prochaine édition dira si la hausse de la production nationale se confirme ou si elle tenait à une année nucléaire favorable. Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de retrouver ces bilans dès leur parution.
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