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# Premier bilan Atmosphere Watch de Copernicus : 40 % de la population mondiale exposée à un ozone de surface extrêmement élevé en 2026

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7971-copernicus-ozone-pollution-transfrontaliere/
Date: 2026-09-30
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Le service Copernicus de surveillance de l'atmosphère a publié le 30 septembre son premier bilan mondial, fondé sur les huit premiers mois de l'année 2026.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/07-copernicus-atmosphere-watch-ozone-scaled.jpg
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Derrière ce chiffre se cache un polluant que personne n'émet directement et qui voyage sur des milliers de kilomètres.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [le trou d'ozone antarctique et les deux indicateurs restés normaux](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7638-trou-ozone-antarctique-copernicus/).

## La pollution de l'air ignore les frontières, et Copernicus la suit désormais à l'échelle du globe
Le 30 septembre 2026, le service Copernicus de surveillance de l'atmosphère a publié [le premier bilan Atmosphere Watch](https://atmosphere.copernicus.eu/atmosphere-watch-new-analysis-tracks-global-air-quality-and-transboundary-pollution-2026), consacré à la pollution de l'air qui franchit les frontières. Ce service européen, connu sous le sigle CAMS, est mis en oeuvre par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme. Son système agrège des millions d'observations de satellites, de stations au sol et d'avions, et simule plus de cinquante espèces chimiques.

Le bilan porte sur les huit premiers mois de 2026. Son résultat central tient en un chiffre : **près de 40 % de la population mondiale a été exposée à des niveaux extrêmement élevés d'ozone de surface**, quand 5 % seulement ont connu des niveaux qualifiés de bons, au regard des lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé. Environ la moitié de l'humanité a respiré un air très ou extrêmement mauvais du seul fait de ce polluant.

Florian Pappenberger, directeur général de ce centre, résume l'enjeu ainsi : la pollution de l'air ne connaît pas de frontières, et fumées, ozone et poussières parcourent des milliers de kilomètres avant d'atteindre des populations très éloignées de leur source.

## Un polluant que personne n'émet directement
L'ozone de surface est un polluant secondaire : aucune cheminée, aucun pot d'échappement n'en rejette. Il se fabrique dans l'air à partir de précurseurs, surtout les oxydes d'azote issus de la combustion des énergies fossiles et les composés organiques volatils. Il faut ensuite du rayonnement solaire et de la chaleur pour déclencher les réactions : une canicule agit comme un accélérateur.

Cette molécule a deux visages. Dans la stratosphère, où se trouvent 90 % de l'ozone atmosphérique, elle filtre le rayonnement ultraviolet. Au ras du sol, elle abîme les écosystèmes et les rendements agricoles. Le même gaz, selon l'étage.

Sa durée de vie explique le reste : quelques jours au sol, quelques semaines plus haut dans la troposphère, assez pour être emporté par la circulation de l'hémisphère nord. Une concentration mesurée à Milan mélange donc des émissions locales et un fond constitué ailleurs.

Les repères existent. L'Organisation mondiale de la santé recommande de maintenir l'ozone de pointe saisonnière sous 60 microgrammes par mètre cube et fixe à 100 sa ligne directrice pour le maximum journalier de la moyenne sur huit heures. La directive européenne demande, elle, de ne pas dépasser 120 microgrammes par mètre cube plus de 18 jours par an.

## Un continent concentre l'essentiel de l'exposition
L'Asie arrive nettement en tête. [Selon le chapitre consacré à l'ozone](https://atmosphere.copernicus.eu/air-quality/atmosphere-watch/2026/ozone), neuf personnes sur dix y ont été exposées à des niveaux dangereux, et 60 % des habitants du continent à des niveaux extrêmement élevés. Industrialisation, transport, brûlage de résidus agricoles et combustion domestique y multiplient les précurseurs. Les concentrations dépassent 110 microgrammes par mètre cube dans les zones les plus émettrices et restent au-dessus de 80 jusque dans des campagnes isolées.

Le calendrier varie à l'intérieur du continent : en Asie du Sud le pic arrive avant la mousson, en début d'année, alors qu'en Asie de l'Est il tombe en été. Les villes les plus exposées relevées par le bilan sont Delhi, Le Caire, Milan, Mexico et Rio de Janeiro.

La comparaison entre continents, telle que la publie Copernicus, se lit d'un coup d'oeil :

ContinentPart de la population concernéeNiveau d'exposition à l'ozoneAsieneuf personnes sur dixniveaux dangereuxAmérique du Nordplus de deux tiersmauvais à extrêmement mauvaisEuropela moitiémauvais à extrêmement mauvaisAmérique du Sudplus de 81 %bons ou acceptablesAfriqueplus de 56 %bons ou acceptablesOcéaniela totalitébons ou acceptablesUne exposition faible à l'ozone ne signifie pas un air propre : en Afrique, le bilan pointe au contraire les fumées de brûlage agricole et domestique comme un facteur majeur de dégradation.

## L'été 2026 a relié les incendies et l'ozone
Les incendies illustrent le mieux le caractère transfrontalier de la pollution de l'air. [Le chapitre consacré aux feux](https://atmosphere.copernicus.eu/air-quality/atmosphere-watch/2026/wildfires) rappelle que le 22 juillet 2026, de grands feux se sont déclarés en Gironde et dans les Landes. **Près de 50 000 hectares ont brûlé et 40 000 personnes ont été évacuées**, l'une des plus importantes évacuations en France depuis la Seconde Guerre mondiale, avec des effets mesurés à plusieurs centaines de kilomètres.

Presque au même moment, en Espagne, un incendie parti d'Ávila a rejoint un autre feu près de Madrid : plus de 50 000 hectares parcourus, 56 000 évacuations et près de 30 000 personnes confinées, avec des émissions de carbone inédites depuis au moins 2003. En Belgique, le feu des Hautes Fagnes d'août 2026 a envoyé ses colonnes de fumée jusqu'en Pologne.

La chaîne ne s'arrête pas aux particules : en vieillissant, un panache de fumée produit lui-même des précurseurs d'ozone. Des panaches nord-américains ont traversé l'Atlantique jusqu'en Europe, d'autres ont atteint le Groenland. [Météo-France a déjà placé seize départements français en risque élevé de feux de forêt](https://lepointdujour.fr/actualite/4358-meteo-france-alerte-sur-un-risque-eleve-de-feux-de-foret-dans-16-departements-10062025/).

Pour chiffrer tout cela, Copernicus estime les émissions de biomasse heure par heure, à partir de la puissance de rayonnement des feux vue par satellite.

## Deux milliards de tonnes de poussière chaque année
Le troisième volet du bilan porte sur les poussières désertiques. [Copernicus reprend l'estimation de l'Organisation météorologique mondiale](https://atmosphere.copernicus.eu/air-quality/atmosphere-watch/2026/dust) : **environ 2 milliards de tonnes de sable et de poussière entrent dans l'atmosphère chaque année**. Elles viennent surtout d'une ceinture qui court du désert de Gobi à la péninsule Arabique puis au Sahara, complétée par les déserts du centre de l'Australie.

![Ciel orange et route déserte pendant un épisode de poussière saharienne dans la plaine de Grenade, en Espagne](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/07-copernicus-atmosphere-watch-ozone-photo2.jpg)La vega de Grenade sous la calima de mars 2022 : la poussière saharienne teinte le ciel et atténue la lumière du soleil. Crédit : Feranza, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0Le Sahara alimente les transports les plus suivis. En février 2026, le système a capté un mouvement massif de poussière et de fumée parti d'Afrique de l'Ouest vers l'Atlantique nord, jusqu'au Cap-Vert et aux Canaries. En juillet, d'autres épisodes ont traversé l'Atlantique jusqu'aux Caraïbes, où ces arrivées sont documentées depuis des décennies.

L'Europe n'est pas épargnée. Aux Canaries, le mot calima désigne ces journées de ciel voilé. En classant les villes européennes de plus de 250 000 habitants selon le nombre d'alertes poussière de 2026, Copernicus place les cités canariennes en tête, devant La Valette et Cordoue, et fait aussi apparaître Vigo et Porto, sur la façade atlantique.

Réduire ces concentrations suppose d'agir sur les précurseurs, donc sur la combustion. [La question suivante est celle du rythme de l'électrification mondiale](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7878-electrification-mondiale-rapport-aie/), que l'Agence internationale de l'énergie juge désormais rentable, et qui déterminera en partie le volume d'oxydes d'azote rejetés dans les prochaines décennies.

## Un premier bilan, et ce qu'il ne tranche pas encore
La prudence s'impose sur trois points. Le document couvre huit mois et non une année pleine : des incendies étaient encore actifs au Canada à sa clôture. Et la part exacte des feux dans les concentrations d'ozone relevées en France, en Espagne et en Belgique reste une recherche en cours, que Copernicus suit sans la chiffrer.

Le troisième point contrarie les politiques publiques. L'exposition mondiale à l'ozone reste à peu près stable depuis des années malgré les réductions d'émissions. Le rapport d'évaluation européen du service pour 2025 relève une amélioration nette pour les particules, le dioxyde d'azote et le dioxyde de soufre, mais aucune baisse pour l'ozone. À Bergame, lors de la canicule du 28 juillet 2026, le transport hémisphérique pesait autant que toutes les sources humaines européennes réunies.

Autrement dit, un pays peut réduire ses rejets et voir ses concentrations stagner, parce qu'une partie de sa pollution de l'air est fabriquée ailleurs. De quoi relativiser les dispositifs de captage local, [comme ces aspirateurs géants censés purifier l'air urbain](https://lepointdujour.fr/actualite/1678-aspirateurs-geants-une-innovation-pour-purifier-et-ameliorer-la-qualite-de-l-air-08052025/).

Les données qui portent ce bilan restent librement accessibles, et la prochaine édition dira si 2026 marque un palier ou une rupture. Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de retrouver la suite de ce dossier.

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