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# L'Europe va noter de A à G les centres de données de plus de 500 kilowatts, avec une première étiquette générée le 15 août 2027

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7837-centres-donnees-etiquette-europeenne/
Date: 2026-09-28
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Le 21 septembre, la Commission européenne a adopté un règlement classant de A à G les centres de données européens de plus de 500 kilowatts.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/07-centres-donnees-etiquette-europeenne-scaled.jpg
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Deux rapports de mesure, deux échelles de A à G et une base européenne encore incomplète suffisent à dresser la première photographie officielle du secteur.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [les trois voies d'accès à l'équilibrage du réseau électrique européen](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7737-equilibrage-electricite-picasso-mari/).

## Les centres de données de plus de 500 kW seront notés de A à G
Le 21 septembre 2026, la Commission européenne a adopté [un règlement délégué établissant un système de notation commun](https://energy.ec.europa.eu/publications/commission-delegated-regulation-establishing-common-union-rating-scheme-data-centres-and-annexes_en) pour les centres de données de l'Union. Le principe tient en une phrase : **chaque installation dont la puissance informatique installée dépasse 500 kilowatts recevra une étiquette**, générée automatiquement à partir des informations que son exploitant déclare déjà à une base de données européenne.

Un centre de données, au sens de ce texte, est un site qui héberge des serveurs avec leur refroidissement, leur alimentation électrique et leurs réseaux. La puissance qui sert à fixer le seuil est celle des équipements informatiques eux-mêmes : la climatisation, l'éclairage et les onduleurs n'entrent pas dans le calcul des 500 kilowatts.

En dessous de cette limite, la participation reste facultative, y compris pour un centre qui n'est pas encore en service. Le règlement complète la directive européenne sur l'efficacité énergétique du 13 septembre 2023 et modifie un règlement délégué de mars 2024, qui avait créé l'obligation de déclaration et la base de données elle-même.

## PUE et WUE, deux rapports qui résument une salle entière
L'étiquette repose sur deux indicateurs. Le premier, le PUE, pour power usage effectiveness, divise l'énergie totale consommée par le site par celle qui alimente réellement les serveurs. Un PUE de 1 décrirait une installation où rien ne serait dépensé pour le refroidissement ni perdu en route. **La classe A est atteinte à 1,15 au plus, la classe G au-delà de 1,9**, avec des paliers intermédiaires à 1,25, 1,35, 1,5 et 1,7.

Le second, le WUE, pour water usage effectiveness, rapporte la consommation d'eau au kilowattheure consommé par les serveurs. La classe A y correspond à 0,1 litre par kilowattheure au plus, la classe G à plus de 1 litre, avec des paliers à 0,2, 0,4, 0,6 et 0,8. Cet indicateur n'a rien d'anecdotique : beaucoup d'installations refroidissent leurs salles en évaporant de l'eau douce, dont la disponibilité varie fortement d'une région et d'une saison à l'autre.

L'étiquette ne se limite pas à ces deux notes. Elle affiche le nom du centre, son exploitant, sa localisation, sa catégorie de taille, sa date de mise en service et un code à réponse rapide qui renvoie vers la fiche publique correspondante. Elle détaille aussi l'origine de l'électricité consommée, en séparant les renouvelables produites sur place, celles achetées par contrat direct, celles couvertes par des garanties d'origine, l'électricité d'origine nucléaire et la part dont la source n'a pas été identifiée par le déclarant.

Les deux échelles se lisent de la même façon, mais leurs valeurs n'ont rien de comparable :

ClasseEfficacité énergétique (PUE)Efficacité de l'eau (WUE), en litres par kilowattheureA1,15 ou moins0,1 ou moinsCentre 1,25 et 1,35entre 0,2 et 0,4Eentre 1,5 et 1,7entre 0,6 et 0,8Gplus de 1,9plus de 1
## 68 térawattheures en 2024, près du double attendu en 2030
La raison de cette initiative tient dans une courbe. Les centres de données ont consommé **68 térawattheures d'électricité dans l'Union en 2024**, un volume que l'Agence internationale de l'énergie voit passer à environ 114 térawattheures en 2030, soit plus de 3 % de la demande électrique européenne. La Commission attribue cette accélération à l'essor de l'intelligence artificielle, très gourmande en calcul.

Dans le même temps, l'Union affirme vouloir tripler sa capacité de centres de données en cinq à sept ans, dans une course où [la France revendique le premier rang mondial des projets étrangers annoncés](https://lepointdujour.fr/industrie/7803-france-centres-donnees-investissements/), au nom de son indépendance technologique. Les deux objectifs se rencontrent au même endroit : le réseau électrique. Une salle machine se raccorde là où il y a de la puissance disponible, au moment où [la part des renouvelables dans l'électricité européenne progresse de façon irrégulière](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7575-eurostat-electricite-renouvelable-solaire/).

C'est ce que l'étiquette cherche à rendre visible. Au-delà des deux notes, elle indiquera si le centre contribue au fonctionnement du réseau, s'il ajoute des capacités de production bas carbone et s'il offre de la flexibilité, c'est-à-dire la possibilité de décaler une partie de ses calculs quand le réseau est tendu.

## La chaleur perdue, la ressource que presque personne ne récupère
Un serveur transforme la quasi-totalité de l'électricité qu'il consomme en chaleur. Cette chaleur part aujourd'hui dans l'atmosphère, alors qu'elle pourrait alimenter des réseaux de chauffage urbain. La Commission avance un ordre de grandeur parlant : **récupérer environ la moitié de la chaleur fatale des centres de données européens représenterait la totalité des besoins de chauffage de 4 millions de foyers**.

Le règlement introduit pour cela une notion nouvelle, celle de centre de données prêt à la valorisation de chaleur : une installation conçue ou rénovée pour capter sa chaleur et la livrer à l'extérieur, avec échangeurs, boucles hydrauliques et compteurs thermiques, même si aucun réseau de chaleur ne la raccorde encore.

[La récupération de chaleur fatale se heurte aux mêmes obstacles dans l'industrie et le bâtiment](https://lepointdujour.fr/actualite/6088-chaleur-perdue-captez-la-pour-economiser-lenergie-et-reduire-les-emissions-dans-lindustrie-et-le-batiment/), où la difficulté n'est pas de produire la chaleur mais de trouver, à quelques centaines de mètres, quelqu'un qui en ait besoin toute l'année.

## Une base européenne encore jeune, et des exemptions
Le dispositif ne part pas de zéro. La base de données européenne fonctionne depuis septembre 2024 et deux campagnes de déclaration ont déjà été menées, en 2024 et en 2025. Ces premiers exercices ont surtout servi à repérer les faiblesses du système : la Commission a ajouté des contrôles logiques dans l'interface de saisie et des messages d'alerte destinés à limiter les erreurs.

![Bâtiment de béton et de tôle d'un centre de données isolé derrière une clôture, avec ses cheminées de ventilation sur le toit](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/07-centres-donnees-etiquette-europeenne-photo2.jpg)Un des centres de données de l'armée suisse, entré en service en 2022 : les installations dédiées à la défense sont exemptées de déclaration. Crédit : Kecko, Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0Des trous subsistent. Les centres de données exclusivement consacrés à la défense ou à la protection civile d'un État membre sont dispensés de déclaration, quel que soit le pays où ils se trouvent. Les États disposent par ailleurs d'une fenêtre de surveillance : à partir de 2026, ils doivent indiquer chaque année, au plus tard le 15 août, si les déclarations des centres situés sur leur territoire sont complètes.

La question suivante est celle du réseau qui accueille ces installations, et [le débat sur le raccordement des nouvelles capacités de production éclaire le même problème](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/1755-les-experts-tres-cash-sur-le-defi-du-reseau-electrique-face-a-lessor-des-panneaux-solaires-12052025/) : une puissance disponible sur le papier ne l'est pas toujours là où on en a besoin.

## Une étiquette qui informe, sans rien interdire
Il faut mesurer ce que ce texte ne fait pas. Il n'interdit rien, ne fixe aucun seuil de performance minimal et ne prévoit aucune sanction pour un centre classé G. Il oblige seulement les exploitants à tenir leur étiquette à disposition de qui la demande, sans imitation. Le règlement doit encore passer un examen de deux mois devant le Parlement européen et le Conseil, qui peuvent s'y opposer sans le modifier.

Le calendrier est connu. **La première étiquette sera générée automatiquement le 15 août 2027**, puis chaque année, et restera valable jusqu'au 15 août suivant. Elle sera consultable publiquement, sous forme électronique, dans toutes les langues officielles de l'Union. Un premier réexamen est prévu avant le 31 décembre 2028, puis tous les trois ans, avec la possibilité d'élargir les critères ou d'introduire une note globale de durabilité.

La suite se joue ailleurs. Le même jour, la Commission a lancé [une consultation publique sur des exigences de performance minimales](https://energy.ec.europa.eu/news/minimum-performance-standards-data-centres-europe-public-consultation-launched-2026-09-21_en) pour les centres de données européens, ouverte jusqu'au 14 décembre 2026 et destinée à préparer une proposition législative. Pour Dan Jørgensen, commissaire chargé de l'énergie et du logement, comprendre la consommation d'énergie et de ressources du secteur est le premier pas avant de l'intégrer au système énergétique. Teresa Ribera, vice-présidente exécutive chargée de la transition propre, juste et compétitive, le formule autrement : tripler la capacité ne doit pas revenir à tripler la pression sur les réseaux et sur l'eau. Tant que ces exigences n'existent pas, l'étiquette restera un thermomètre, pas un traitement.

La suite se jouera sur le contenu de ces exigences. Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de suivre ce dossier européen.

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