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# L'alliance OceanEye réunit 211 millions d'euros pour 8 000 plateformes qui mesurent l'océan

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7830-oceaneye-alliance-observation-ocean/
Date: 2026-09-27
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Le 23 septembre à New York, l'Union européenne et le Canada ont lancé l'alliance OceanEye, rejointe par 29 pays dont la France.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/08-oceaneye-alliance-observation-ocean-scaled.jpg
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Derrière ce total se mêlent de l'argent public, des navires de recherche, des capteurs et des drones mis à disposition pour la période 2026-2028.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [l'observatoire sous-marin relié à la côte par 2,7 kilomètres de fibre optique en rade de Brest](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7505-brest-observatoire-fond-mer/).

## L'observation de l'océan reçoit 211 millions d'euros de promesses
Le 23 septembre 2026, à New York, le premier ministre canadien Mark Carney et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont lancé [l'alliance internationale OceanEye](https://www.pm.gc.ca/en/news/news-releases/2026/09/23/canada-and-european-union-help-secure-approximately-339-million) lors d'un événement de promesses de dons organisé pendant la semaine de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations unies. L'objectif tient en un nom : le GOOS, système mondial d'observation de l'océan, coparrainé par la Commission océanographique intergouvernementale de l'Unesco et l'Organisation météorologique mondiale.

À la clôture de la réunion, **les partenaires avaient promis plus de 339 millions de dollars canadiens, soit environ 211 millions d'euros**. L'Union européenne annonce 92 millions d'euros, le Canada 82 millions de dollars canadiens étalés sur cinq ans. Le reste vient des autres membres, sous des formes très variées : contributions financières, apports en nature, mise à disposition de navires de recherche, de capteurs, de drones et de moyens de traitement de données.

## Le GOOS, 8 000 plateformes pour 120 000 mesures par jour
Le système mesuré par ces promesses reste largement invisible. Le GOOS produit **environ 120 000 observations par jour, à partir de 8 000 plateformes exploitées par 64 pays et 17 réseaux d'observation**. Une plateforme désigne ici tout instrument qui envoie des relevés : une bouée ancrée en pleine mer, un flotteur qui dérive, un capteur embarqué sur un navire marchand.

Les flotteurs du programme Argo, que l'Ifremer prépare et teste à Brest, donnent une idée du principe. Ces appareils autonomes enregistrent la pression, la température et la salinité de la colonne d'eau, plongent, remontent, puis transmettent leurs relevés. Personne ne va les chercher : ils dérivent pendant des années et finissent par cesser d'émettre.

Les ordres de grandeur de l'annonce et du réseau qu'elle vise se résument ainsi :

ÉlémentChiffre annoncéPrécisionEngagement de l'Union européenne92 millions d'eurosdont 50 pour le suivi mondial, 12 pour les systèmes de données, 30 pour les jeunes entreprisesEngagement du Canada82 millions de dollars canadiensétalés sur cinq ansTotal réuni le 23 septembreplus de 339 millions de dollars canadiens, soit 211 millions d'eurosargent, apports en nature, navires, capteurs et dronesMembres de l'alliance31le Canada, l'Union européenne et 29 paysRéseau observé aujourd'hui8 000 plateformes et 120 000 mesures par jourexploitées par 64 pays et 17 réseaux
## À quoi servent ces mesures, concrètement
La liste des usages est plus large qu'il n'y paraît. Ces observations alimentent la prévision météorologique, les projections climatiques, la sécurité maritime, la protection des côtes, le suivi de la biodiversité marine et les activités économiques liées à la mer. Un modèle de prévision, quel qu'il soit, ne vaut que par les mesures qu'on lui donne à ingérer.

D'autres méthodes complètent ce réseau fixe. [Des éléphants de mer équipés de balises ont ainsi révélé un océan Austral agité jusqu'à 500 mètres de profondeur toute l'année](https://lepointdujour.fr/sciences/7696-elephants-mer-ocean-austral/), dans une zone que les navires fréquentent peu. La donnée océanique se collecte partout où c'est possible, faute de pouvoir couvrir une surface qui représente 70 % de la planète et dont 5 % seulement ont été explorés et cartographiés, selon la Commission européenne.

## Un réseau qui tient à quelques contributeurs
La raison d'être de l'alliance est moins glorieuse que son lancement. Le GOOS reste exposé aux à-coups budgétaires et aux tensions géopolitiques, parce qu'il repose lourdement sur un nombre limité de grands contributeurs. Sans base de soutien plus large et plus stable, prévient le communiqué canadien, des trous pourraient réapparaître dans les données océaniques, au détriment des prévisions météorologiques, des projections climatiques et de la conservation marine.

Les sommes promises ont donc des affectations précises : entretenir les plateformes existantes, combler les lacunes critiques de données, renforcer le secrétariat du GOOS, ses pôles de coordination et le centre OceanOPS, qui centralise la remontée des mesures. Rien dans cette liste ne relève du spectaculaire, et c'est cohérent avec la nature du problème. La question suivante est celle de ce que ces données finissent par montrer, et [le réchauffement qui vide l'océan de certaines de ses espèces en donne une illustration directe](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/6319-ocean-le-rechauffement-le-vide-de-ses-especes-des-forets-sous-marines-disparaissent-dans-le-monde/).

## Trente et un membres, dont la France
L'alliance compte **31 membres : le Canada, l'Union européenne et 29 pays**. La France en fait partie, aux côtés de l'Allemagne, de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal, de la Belgique, des Pays-Bas, de l'Irlande, de la Croatie, de Chypre, de la Grèce, de Malte et de la Slovénie pour l'Europe de l'Union, mais aussi de la Norvège, de l'Islande, du Royaume-Uni et des îles Féroé.

![Flotteurs profileurs cylindriques alignés sur un parvis de hangar portuaire, devant des techniciens au travail](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/08-oceaneye-alliance-observation-ocean-photo2.jpg)Des flotteurs du programme Argo sur le parvis du bassin d'essais de l'Ifremer à Brest, avant leur phase de test. Crédit : Stephane Lesbats, Ifremer, Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0La liste déborde largement l'Atlantique nord. Elle inclut l'Angola, le Brésil, le Cap-Vert, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, Madagascar, Maurice, le Mexique, la Namibie, les Palaos et la Corée du Sud. Cette géographie n'a rien d'anodin : les lacunes d'observation se concentrent dans l'hémisphère sud, en Arctique, dans les grands fonds et le long des côtes, c'est-à-dire précisément là où vivent une partie de ces pays.

La démarche s'inscrit dans un mouvement plus large de décisions nationales sur l'océan, comme [la décision norvégienne sur la protection de ses fonds marins](https://lepointdujour.fr/actualite/6550-fonds-marins-la-norvege-prend-une-decision-historique-pour-les-proteger-la-france-doit-suivre/), prises elles aussi sur la base de connaissances encore partielles.

## Des promesses annoncées, des budgets encore à trouver
Il reste à tenir l'exercice à distance. Une promesse n'est pas un versement, et le total de 211 millions d'euros mélange des natures d'engagement difficilement comparables : de l'argent frais, des heures de navire, des instruments. Les 92 millions d'euros européens proviennent de programmes déjà existants, Horizon Europe et le Conseil européen de l'innovation, et non d'une enveloppe nouvelle.

L'événement du 23 septembre ouvre d'ailleurs une mobilisation prévue pour durer. De nouvelles promesses seront sollicitées lors de rendez-vous internationaux à venir, dont la COP31 et la douzième conférence Our Ocean, prévue à Halifax, en Nouvelle-Écosse. L'alliance prolonge [l'initiative OceanEye adoptée par la Commission européenne en juin 2026](https://oceans-and-fisheries.ec.europa.eu/science-observation-and-data/oceaneye_en), qui vise à faire de l'Union le premier fournisseur mondial de données océaniques d'ici 2035, avec une cible de 35 % de la donnée mondiale, et à ouvrir gratuitement son jumeau numérique de l'océan d'ici 2030.

Le vrai test ne sera pas le montant affiché, mais le nombre de plateformes encore en service dans cinq ans, et la part de l'hémisphère sud dans ce total. [La réunion de New York](https://www.eeas.europa.eu/delegations/un-new-york/oceaneye-international-alliance-stronger-together-ocean-observation_en) n'a fait que poser le cadre. Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de suivre les prochaines annonces de ce chantier océanique.

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