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# La banquise arctique a touché son minimum annuel le 12 septembre à 4,60 millions de km², dixième plus bas en 48 ans
**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7700-banquise-arctique-minimum-annuel/
Date: 2026-09-25
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Le minimum 2026 égale ceux de 2008, 2010 et 2025 et reste 1,62 million de km² sous la moyenne 1981-2010, soit la surface de l'Alaska.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/06-banquise-arctique-minimum-annuel-scaled.jpg
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Reste à comprendre pourquoi ce chiffre ne baisse presque plus depuis vingt ans, alors que la tendance de fond, elle, continue de pointer vers le bas.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [les 11 300 milliards de tonnes perdues depuis 1979 par les calottes du Groenland et de l'Antarctique](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7504-calottes-groenland-antarctique-glace-perdue/).
## La banquise arctique est descendue à 4,60 millions de kilomètres carrés
La NASA et le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), le centre de données américain sur la neige et la glace hébergé par l'université du Colorado à Boulder, ont annoncé le 23 septembre 2026 que **la banquise arctique avait atteint son étendue minimale annuelle le 12 septembre, à 4,60 millions de kilomètres carrés**. [L'analyse publiée par le NSIDC](https://nsidc.org/sea-ice-today/analyses/arctic-sea-ice-minimum-ties-tenth-lowest-0) classe ce minimum à la dixième place des plus bas de l'archive satellite, à égalité avec 2008, 2010 et 2025.
Un mot sur le vocabulaire. La banquise est la glace née du gel de l'eau de mer : elle s'étale pendant l'automne et l'hiver polaires, se retire au printemps et en été, et passe par son point le plus bas en septembre. L'étendue, elle, ne mesure pas la glace elle-même. Selon [la définition retenue par le NSIDC](https://nsidc.org/learn/ask-scientist/what-difference-between-sea-ice-area-and-extent), elle additionne toutes les mailles de la grille satellite qui contiennent au moins 15 % de glace, y compris quand le reste de la maille est de l'eau libre. Ce seuil de 15 % est celui qui donne le meilleur accord entre les mesures satellite et les observations faites sur le terrain.
Le calendrier, en revanche, n'a rien d'inhabituel. Entre 1981 et 2010, le minimum tombait en moyenne le 14 septembre, et une année sur deux entre le 11 et le 19 septembre. Avec le 12 septembre, 2026 se place deux jours avant cette date médiane, en plein dans la fourchette ordinaire.
## Loin du record de 2012, mais loin aussi de la normale
Deux comparaisons donnent la mesure du chiffre. La première rassure : le minimum de 2026 reste 1,21 million de kilomètres carrés au-dessus du record absolu de l'ère satellite, les 3,39 millions de kilomètres carrés relevés le 17 septembre 2012. La seconde corrige aussitôt cette impression, puisque ce même minimum se situe **1,62 million de kilomètres carrés sous la moyenne des minimums de 1981 à 2010**, un écart que le NSIDC compare à la superficie de l'Alaska.
Le brise-glace Healy traverse une banquise fragmentée en mer de Beaufort, au nord de l'Alaska, en juillet 2011, pendant la campagne ICESCAPE de la NASA. Crédit : NASA/Kathryn Hansen (domaine public)Autrement dit, la banquise arctique de septembre n'est pas revenue à son plancher de 2012, mais elle n'est pas non plus remontée vers ce qu'elle était il y a quarante ans. D'autres mécanismes travaillent dans le même sens sous la surface : [des vagues internes hautes comme des gratte-ciel accélèrent la fonte des glaciers du Groenland](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/6354-vagues-fantomes-sous-les-glaciers-du-groenland-hautes-comme-un-gratte-ciel-elles-accelerent-la-fonte/).
## Un plateau de vingt ans qui divise les spécialistes
Le point le plus discuté de l'annonce ne porte pas sur 2026, mais sur les deux décennies écoulées. Le NSIDC le formule sans détour : sur cette période, les minimums de septembre n'affichent plus de baisse statistiquement significative, et les causes de cet aplatissement font l'objet d'un débat actif dans la communauté scientifique de l'Arctique.
Une piste est avancée par Linette Boisvert, spécialiste de la glace de mer au centre de vol spatial Goddard de la NASA. Depuis une dizaine d'années, une couverture nuageuse plus abondante aurait empêché le rayonnement solaire d'accélérer encore la fonte estivale, ce qui contribuerait à la relative stabilité de l'étendue de septembre.
Walt Meier, chercheur senior au NSIDC, résume la situation en une phrase : « Nous avons atteint un plateau, mais nous restons bas par rapport au début de l'archive. » La nuance compte, parce qu'un plateau bas n'est pas un retour à la normale. La question suivante porte sur les effets de cet Arctique durablement plus chaud à nos latitudes : [le réchauffement de l'Arctique pèse déjà sur le climat de la France et de l'Europe](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/1919-rechauffement-de-larctique-ces-gros-impacts-sur-le-climat-en-france-et-en-europe-22052025/).
## Les vingt étendues les plus faibles tiennent dans les vingt dernières années
Le classement tenu par le NSIDC ne laisse pas de place au doute : les vingt minimums les plus bas de l'archive de 48 ans correspondent aux vingt dernières années, de 2007 à 2026. Plus frappant encore, chaque année depuis 2007 affiche un minimum inférieur à toutes les années mesurées entre 1979 et 2006.
Sur l'ensemble de la période, la tendance calculée par le NSIDC s'établit à **une baisse de 11,8 % par décennie** rapportée à la moyenne 1981-2010, soit environ 73 200 kilomètres carrés de banquise en moins chaque année selon la droite de tendance. Le haut du classement reste occupé par 2012, puis par 2020 et ses 3,82 millions de kilomètres carrés atteints le 16 septembre, tandis que 2024 et ses 4,25 millions de kilomètres carrés du 13 septembre occupent la sixième place. Les repères les plus parlants se lisent ainsi :
RangAnnéeÉtendue minimaleDate du minimum120123,39 millions de km²17 septembre220203,82 millions de km²16 septembre620244,25 millions de km²13 septembre1020254,60 millions de km²10 septembre1020264,60 millions de km²12 septembreLe NSIDC considère comme à égalité deux valeurs séparées de moins de 40 000 kilomètres carrés, ce qui explique que quatre années se partagent la dixième place.
## À l'autre bout du globe, l'Antarctique suit sa propre logique
La même publication donne un aperçu de l'hémisphère sud. La banquise antarctique a évolué près de ses niveaux les plus bas pendant l'essentiel de sa saison de croissance, et elle aurait atteint son maximum annuel le 14 septembre, à 17,59 millions de kilomètres carrés. Si cette date se confirme, ce sera le troisième maximum le plus faible jamais mesuré.
Un épisode du mois d'août a retenu l'attention. L'étendue a reculé d'environ 300 000 kilomètres carrés en six jours avant que la croissance saisonnière ne reprenne. Walt Meier l'attribue à des conditions météorologiques qui ont poussé et compacté la glace fine et mobile de la bordure extérieure. Ce genre d'épisode arrive tout le temps, explique le chercheur, mais son ampleur, elle, sort de l'ordinaire.
La prudence reste donc de mise. Contrairement à l'Arctique, l'océan Austral n'est pas enfermé par des terres : sa banquise répond plus librement aux vents et varie fortement d'une année sur l'autre, ce qui interdit d'y lire trop vite une tendance longue. Un autre indicateur austral a d'ailleurs été relevé le même jour que le minimum arctique, [le trou d'ozone antarctique et ses 25 millions de kilomètres carrés du 12 septembre](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7638-trou-ozone-antarctique-copernicus/).
## Un chiffre encore provisoire
Le NSIDC insiste sur un point : l'annonce est préliminaire. Des zones de faible concentration subsistaient au moment de la mesure, et une tempête de fin de saison pourrait encore compacter la couverture de glace et faire descendre l'étendue un peu plus bas, comme cela s'était produit en 2005 et en 2010. L'analyse complète de la saison de fonte arctique, et du regel antarctique, est annoncée pour le début du mois d'octobre.
Cette précision tient d'abord à la continuité de la mesure. Le suivi satellite des glaces polaires a commencé avec le satellite Nimbus-7 de la NASA, en service depuis octobre 1978, s'est poursuivi avec les instruments embarqués sur les satellites du Defense Meteorological Satellite Program à partir de 1987, puis avec le satellite Aqua de la NASA entre 2002 et 2011. La série repose aujourd'hui sur le radiomètre AMSR2, lancé en 2012 à bord du satellite GCOM-W de l'agence spatiale japonaise JAXA, comme le rappelle [le communiqué publié par la NASA](https://science.nasa.gov/science-research/earth-science/climate-science/sea-ice/arctic-sea-ice-2026-min/).
Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google reste le moyen le plus simple de retrouver, début octobre, le bilan complet de cette saison de fonte.
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