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# Le trou d'ozone antarctique a atteint 25 millions de km² le 12 septembre, mais deux indicateurs restent normaux

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7638-trou-ozone-antarctique-copernicus/
Date: 2026-09-23
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Selon Copernicus, le trou d'ozone de 2026 dépasse de 5 millions de km² la moyenne de la période, après un brusque refroidissement de la stratosphère.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/06-trou-ozone-antarctique-copernicus-scaled.jpg
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Ce chiffre spectaculaire appelle pourtant une lecture prudente, car l'état de la couche d'ozone se juge sur plusieurs mesures à la fois, et la surface n'en est qu'une.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [le record de chaleur de l'Europe de l'Ouest mesuré par Copernicus](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7399-copernicus-record-chaleur-europe-ouest/).

## Le trou d'ozone de 2026 s'est élargi plus vite que la moyenne
Le service de surveillance de l'atmosphère de Copernicus, le programme européen d'observation de la Terre, a fait le point le 16 septembre 2026 sur l'état du trou d'ozone au-dessus de l'Antarctique. Ce service, appelé CAMS, est opéré par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Son constat, publié dans [le bilan de CAMS pour la Journée internationale de la couche d'ozone](https://atmosphere.copernicus.eu/protecting-earths-natural-shield-ozone-layer), est net sur un point : le trou s'est creusé tôt et vite.

Fin août, sa surface atteignait déjà 15 millions de km², soit davantage que le continent antarctique lui-même, qui couvre 14,2 millions de km². Cette étape a été franchie un peu plus tôt que la moyenne des années 1979 à 2025. Puis la surface a bondi durant la première quinzaine de septembre, jusqu'à **25 millions de km² le 12 septembre**. C'est environ **5 millions de km² de plus que la moyenne** pour cette période de l'année.

CAMS relie cette accélération à une chute soudaine de la température minimale dans la stratosphère, à environ 20 kilomètres d'altitude au-dessus du pôle Sud.

## Ce que désigne vraiment un trou d'ozone
La couche d'ozone est une zone de la stratosphère riche en ozone, une molécule formée de trois atomes d'oxygène, qui protège la planète des rayons ultraviolets nocifs du Soleil. Parler de « trou » est un raccourci : il s'agit d'une zone où la couche s'amincit fortement, sans disparaître.

![Trois personnes en tenue polaire lâchent un grand ballon transparent sur la neige, devant un bâtiment de station scientifique](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/06-trou-ozone-antarctique-copernicus-photo2.jpg)Lâcher d'une ozonosonde à la station du pôle Sud : ce ballon emporte un instrument qui mesure l'ozone à chaque altitude traversée. Crédit : NOAA Photo Library, Wikimedia Commons, domaine publicPour la mesurer, les scientifiques comptent les molécules d'ozone contenues dans une colonne verticale d'atmosphère. Le résultat s'exprime en unités Dobson (DU). Par convention, CAMS parle de trou d'ozone là où cette colonne descend sous 220 DU, au sud du 60e parallèle. Pendant la saison du trou, les valeurs peuvent tomber à moins de la moitié des niveaux habituels.

La surface n'est donc qu'un indicateur parmi d'autres. CAMS suit aussi la valeur minimale de la colonne d'ozone et le déficit de masse d'ozone, c'est-à-dire la quantité d'ozone qu'il faudrait ajouter pour remonter toute la zone concernée au seuil de 220 DU. Cet indicateur combine la taille du trou et sa profondeur.

## Le froid extrême, moteur de la destruction
Le trou s'ouvre chaque année pendant le printemps austral, entre août et novembre. Tout commence dans l'hiver polaire. Un tourbillon de vents, le vortex polaire, isole au-dessus de l'Antarctique une masse d'air très froide. En dessous de moins 78 °C se forment des nuages stratosphériques polaires, dont les cristaux de glace transforment des composés inoffensifs en substances très réactives.

Quand le Soleil revient sur le pôle au printemps, ces réactions libèrent des atomes de chlore et de brome issus des substances appauvrissant la couche d'ozone, comme les chlorofluorocarbures (CFC) et les halons. Ces atomes détruisent alors l'ozone en grande quantité à l'intérieur du vortex. C'est pourquoi un coup de froid dans la stratosphère, comme celui observé début septembre, suffit à élargir brutalement le trou.

Le même continent concentre d'autres signaux climatiques suivis de près, comme [les 11 300 milliards de tonnes de glace perdues par les calottes du Groenland et de l'Antarctique depuis 1979](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7504-calottes-groenland-antarctique-glace-perdue/).

## 2026 face aux saisons précédentes
La taille du trou varie beaucoup d'une année à l'autre. Les derniers bilans de CAMS, dont [celui de la saison 2025](https://atmosphere.copernicus.eu/smallest-and-shortest-lived-ozone-hole-5-years-closes), permettent de situer 2026 :

SaisonSurface marquanteFermeture du trou2020Trou large et durable28 décembre, fermeture la plus tardive jamais relevée2023Maximum de 26,1 millions de km²Saison longue2024Trou plutôt petit, apparu tardivementDans la moyenne2025Maximum de 21,08 millions de km² début septembre1er décembre, la plus précoce depuis 2019202625 millions de km² le 12 septembreSaison en coursLes années 2020 à 2023 avaient connu des trous particulièrement larges et durables. CAMS cite plusieurs causes possibles, dont l'éruption massive du volcan Hunga Tonga en 2022, qui a injecté beaucoup de cendres et de vapeur d'eau dans la stratosphère et a pesé sur le grand trou de 2023. Le changement climatique joue aussi un rôle : en réchauffant les basses couches de l'atmosphère, il refroidit la stratosphère. Cet effet sur les hautes couches de l'air rejoint une autre question déjà explorée : [quelles conséquences le réchauffement climatique a-t-il sur l'espace proche de la Terre](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/1118-les-consequences-inattendues-du-rechauffement-climatique-sur-espace-mauvaise-nouvelle-14032025/) ?

## Un traité qui tient, un gaz qui reste à surveiller
La date du bilan n'a rien d'un hasard. Le 16 septembre 1987, 47 pays signaient le protocole de Montréal, qui interdit ou encadre les substances destructrices de l'ozone. Ratifié depuis par tous les pays du monde, il a permis de réduire de 99 % leur production et leur consommation. Selon CAMS, cette interdiction devrait permettre une reconstitution de la couche d'ozone vers 2066 au-dessus de l'Antarctique.

Le 16 septembre 2026 marquait aussi les dix ans de l'amendement de Kigali. Ce texte vise à réduire de plus de 80 % en trente ans la production et la consommation d'hydrofluorocarbures (HFC), les gaz qui ont remplacé les CFC. Les HFC n'attaquent pas l'ozone, mais certains réchauffent fortement le climat. Appliqué pleinement, l'amendement pourrait éviter jusqu'à 0,5 °C de réchauffement d'ici la fin du siècle, selon les Nations unies.

## Un grand trou n'annonce pas un retour en arrière
Faut-il s'inquiéter de ces 25 millions de km² ? Pas au point d'y voir un échec du protocole de Montréal. CAMS souligne que le déficit de masse d'ozone et la valeur minimale de la colonne sont restés proches des moyennes historiques. Autrement dit, le trou s'est étendu, sans se creuser davantage que d'habitude. Laurence Rouil, directrice de CAMS à l'ECMWF, résume l'enjeu : pour elle, aucun indicateur ne peut à lui seul raconter toute l'histoire, d'où l'importance de données de qualité.

La saison, surtout, n'est pas terminée. D'après [la page de suivi de la couche d'ozone de CAMS](https://atmosphere.copernicus.eu/monitoring-ozone-layer), le trou atteint en général son maximum entre la mi-septembre et la mi-octobre, avant que le réchauffement de la stratosphère ne disperse le vortex. Les niveaux d'ozone reviennent à la normale vers la fin décembre. Le chiffre du 12 septembre est donc une mesure d'étape, pas le bilan de 2026, qui ne sera connu qu'à la fermeture du trou.

Pour connaître la taille finale du trou d'ozone de 2026 et la date de sa fermeture, il reste à ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google.

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