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# Les nappes phréatiques baissent encore sur 81 % des points suivis, et deux massifs restent à des niveaux très bas

**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7607-nappes-phreatiques-vidange-septembre/
Date: 2026-09-22
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: Au 15 septembre, le BRGM classe 62 % des points sous les normales, avec des niveaux très bas dans le socle du Massif central et le karst du Jura.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/06-nappes-phreatiques-vidange-septembre-scaled.jpg
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Ces pourcentages paraissent presque identiques d'une quinzaine à l'autre, mais la carte de France qu'ils résument se recompose, avec des perdants et des gagnants bien identifiés.

Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [la campagne du BRGM qui cherche l'eau douce du Roussillon sous la mer](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7545-aquimer-roussillon-eau-douce-mer/).

## Les nappes phréatiques toujours en vidange à la mi-septembre
Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le service géologique national, a publié le 18 septembre 2026 son bulletin sur l'état des nappes phréatiques au 15 septembre. Le constat tient en deux chiffres. **81 % des niveaux sont en baisse**, et 62 % des points d'observation se situent sous les normales du mois. Le BRGM parle d'une situation globale qui s'est stabilisée.

Une nappe phréatique est une réserve d'eau contenue dans les pores ou les fissures des roches du sous-sol, suffisamment proche de la surface pour alimenter les sources, les rivières et une partie de l'eau potable. On suit son niveau grâce à des piézomètres, des forages étroits dans lesquels on mesure la hauteur de l'eau.

Le mot vidange désigne la baisse naturelle de ces réserves quand elles ne sont plus alimentées par la pluie. Elle est attendue en fin d'été, période d'étiage, c'est-à-dire des plus basses eaux de l'année. Le bulletin précise d'ailleurs que la fin de cet étiage se rapproche.

## Pourquoi les orages d'août ont si peu rechargé
La clé tient dans une notion technique : la pluie efficace. Il s'agit de la part des précipitations qui reste une fois servis les besoins des plantes et l'évaporation. Seule cette part peut s'infiltrer jusqu'aux nappes ou ruisseler vers les rivières.

![Tube métallique gris marqué d'un point bleu, planté dans l'herbe sèche et les feuilles mortes en lisière de forêt](https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/06-nappes-phreatiques-vidange-septembre-photo2.jpg)Un piézomètre près d'Annecy, en Haute-Savoie : ce tube donne accès à la nappe pour en mesurer le niveau, et c'est sur ce type de points que repose le bulletin du BRGM. Crédit : Pyrog, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0Or, selon [le bulletin du BRGM au 15 septembre](https://www.brgm.fr/fr/actualite/actualite/nappes-eau-souterraine-au-15-septembre-2026), les sols étaient secs et les pluies localisées d'août ont d'abord profité à la végétation. Elles sont aussi souvent tombées lors d'orages, qui favorisent le ruissellement au détriment de l'infiltration. Autrement dit, beaucoup d'eau en peu de temps glisse sur un sol dur au lieu d'y pénétrer. Enfin, les prélèvements, plus importants quand il fait chaud, ont accentué la baisse naturelle.

Pour les nappes phréatiques, ce déficit ne date pas de l'été. Dans [son bulletin au 1er septembre](https://www.brgm.fr/fr/actualite/communique-presse/nappes-eau-souterraine-au-1er-septembre-2026), le BRGM le fait remonter au mois de mai sur tout le territoire, avec une sécheresse plus marquée et des températures élevées depuis juin.

## Deux familles de nappes phréatiques, deux rythmes
Pour lire ces bulletins, il faut distinguer deux familles. Les nappes inertielles réagissent lentement : leur niveau dépend des pluies de tout un hiver, voire de plusieurs années. Les nappes réactives, au contraire, montent et descendent vite au gré des pluies du moment, ce qui les rend fragiles en cas de sécheresse prolongée.

Côté inertiel, rien n'a bougé depuis le 1er septembre. Les nappes des calcaires de Beauce et de l'Armagnac restent modérément hautes. Celles de la craie de l'Artois et de Normandie ou du Bassin parisien sont modérément basses. Les grès vosgiens et calcaires triasiques de Lorraine affichent toujours des niveaux bas. Seules les nappes des calcaires du Sundgau se stabilisent, tandis que les autres continuent de se vider.

Côté réactif, la tendance était plutôt à la stabilisation en août, un mois moins sec que les précédents, avec des disparités locales. Le BRGM signale dix secteurs qui ont changé de classe, dont une sélection figure ci-dessous :

SecteurNiveau précédentNiveau au 15 septembreSocle du Morvan, du Livradois, du Forez et du VivaraisBasTrès basAlluvions du Rhône supérieur et de ses affluentsModérément basBasAlluvions de l'Hérault et de l'OrbModérément hautAutour de la moyennePlaine nord d'AlsaceTrès basBasNappe alluviale de l'AudeModérément basAutour de la moyenneSables astiens de Valras-AgdeHautTrès hautAu total, cinq secteurs se dégradent et cinq s'améliorent. Parmi les dégradations figurent aussi les nappes du Bas-Rhône et de la Durance, ainsi que celles du socle des Cévennes, de Margeride, de Ségala et de la Montagne noire, passées d'autour de la moyenne à modérément bas.

## Le Massif central et le Jura, points noirs de la carte
Deux zones concentrent l'inquiétude. D'un côté, les nappes de socle du Massif central : Morvan, Livradois, Forez et Vivarais, rejointes par leurs voisines du plateau du Limousin et de la Châtaigneraie. De l'autre, **les calcaires karstifiés du Jura**. Toutes affichent des niveaux très bas.

Le socle désigne ici des roches anciennes, granites ou schistes, où l'eau ne circule que dans des fissures. Ces réservoirs sont peu profonds et se vident vite. Un karst, lui, est un calcaire creusé par l'eau en galeries et en conduits. L'eau y transite rapidement, ce qui laisse peu de réserve quand la pluie manque.

À l'autre bout du spectre, le littoral méditerranéen fait figure d'exception. La nappe des sables astiens de Valras-Agde atteint des niveaux très hauts, celle de la Vistrenque des niveaux hauts. Les nappes alluviales du littoral de la plaine du Roussillon et du Rhône inférieur restent modérément hautes.

## Moins grave qu'en 2022, plus tendu qu'en 2025
Le bulletin du 1er septembre offrait une comparaison sur un an. À cette date, 61 % des points se trouvaient sous les normales, contre **44 % au 1er septembre 2025**. La situation de 2026 apparaît nettement moins préoccupante qu'en 2022, sauf dans le Massif central, le Jura, les Vosges et le nord de l'Alsace. Elle reste en revanche moins favorable qu'en 2023, qu'en 2024, année exceptionnelle avec un été humide, et qu'en 2025.

Pour la suite, les indices divergent. Météo-France prévoit à court terme des conditions anticycloniques et généralement sèches, ce qui devrait maintenir la baisse. Les températures moins élevées réduisent en revanche les prélèvements pour l'irrigation et l'eau potable, et soulagent la ressource. Pour les nappes lentes, le BRGM juge probable un niveau autour de la normale ou modérément bas dans les semaines à venir, en gardant un œil sur les grès vosgiens et les calcaires de Lorraine.

La mécanique de ces réserves renvoie à une question suivante, celle du lien entre le climat et l'eau souterraine : [comment les variations d'eau liées au climat peuvent jusqu'à modifier l'activité des failles](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/6426-changement-climatique-une-etude-montre-comment-il-declenche-des-seismes-via-leau-et-la-glace/). Et pour comprendre l'été qui a précédé ce bulletin, un retour s'impose sur [le record de chaleur mesuré par Copernicus en Europe de l'Ouest](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7399-copernicus-record-chaleur-europe-ouest/).

## Une carte nationale qui lisse les écarts locaux
Ces chiffres doivent être lus pour ce qu'ils sont. Un niveau bas ne signifie pas que les nappes phréatiques sont vides : l'indicateur compare le mois en cours aux mêmes mois des années passées, sur au moins 15 ans de données et parfois plus d'un siècle, en sept classes. Les indicateurs globaux, rappelle le BRGM, ne tiennent pas compte des disparités locales, et [la carte de situation](https://www.brgm.fr/sites/default/files/documents/2026-09/communique-nappes-eau-souterraine-2026-09-15-carte.pdf) grise les secteurs sans nappe libre étendue ou sans point de suivi.

Surtout, la prévision reste fragile. Pour les nappes très réactives déjà très basses, tout dépendra des pluies des prochaines semaines : un faible cumul, ajouté aux besoins de la végétation et à des prélèvements encore soutenus par endroits, pourrait les dégrader davantage. Les prochains bulletins diront si la recharge d'automne a commencé. Pour les suivre, le plus simple est d'ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google.

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