---
# Rade de Brest : 2,7 km de fibre optique relient un observatoire sous-marin à la côte pour tester de futurs capteurs
**URL:** https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7505-brest-observatoire-fond-mer/
Date: 2026-09-19
Author: Christophe Cohen
Post Type: post
Summary: L'Ifremer et l'École navale ont posé les 9 et 10 septembre devant Lanvéoc l'observatoire EMSO Poulmic, un investissement de plus de 4 millions d'euros.
Categories: Énergie et environnement
Featured Image: https://lepointdujour.fr/wp-content/uploads/2026/09/06-brest-observatoire-fond-mer-scaled.jpg
---
Ce banc d'essai discret, invisible depuis la côte, dit beaucoup de la façon dont on apprendra demain à ausculter la mer sans y envoyer de navire.
Pour aller plus loin, lire notre article dédié : [comment l'Ifremer tente de relancer des coraux d'eau froide](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/7437-coraux-eau-froide-restauration/).
## Un observatoire sous-marin posé au sud de la rade de Brest
Les 9 et 10 septembre 2026, une plateforme d'essais a été déposée sur le fond, au sud de la rade de Brest, devant l'École navale, à Lanvéoc Poulmic. Cet **observatoire sous-marin** est relié à la terre par un câble électro-optique de 2,7 kilomètres, c'est-à-dire un câble qui transporte à la fois du courant électrique et des données par fibre optique. L'Ifremer l'a annoncé le 15 septembre dans [son communiqué de presse](https://www.ifremer.fr/fr/presse/brest-bay-base-une-station-d-essais-sous-marine-pour-tester-de-nouvelles-technologies).
L'installation comprend le câble, un connecteur et une boîte de jonction, sorte de multiprise étanche où viennent se brancher les instruments. Alimentés et reliés à la côte, ces instruments peuvent transmettre leurs mesures en continu. Scientifiques et entreprises pourront y tester de nouveaux instruments et étudier certains phénomènes marins.
L'ensemble représente un investissement de **plus de 4 millions d'euros**. Il est financé par l'Union européenne, l'État, la Région Bretagne, le Département du Finistère et Brest Métropole, dans le cadre du contrat de plan État-Région 2021-2027.
## Un nouveau maillon d'un réseau européen
Depuis le 10 septembre, l'observatoire porte le nom d'EMSO Poulmic. Il a rejoint EMSO, le réseau européen des observatoires du fond de mer et de la colonne d'eau, c'est-à-dire de toute l'épaisseur d'eau entre la surface et le fond. Ce consortium de recherche a été créé par la Commission européenne en 2016. Selon [le site d'EMSO](https://emso.eu/), il rassemble 11 observatoires, 3 sites de test et 27 institutions partenaires, avec une mission affichée : suivre les paramètres physiques et biogéochimiques de l'océan pour mieux anticiper les risques environnementaux et naturels.
La boîte de jonction de l'observatoire, qui abrite une série de capteurs océanographiques développés par l'Ifremer, sur le fond de la rade de Brest. Crédit : Ifremer, Michel RépécaudCinq partenaires portent le volet scientifique : l'Ifremer, l'École navale, l'ISEN-Yncréa et deux composantes du laboratoire Lab-STICC, à l'Université de Bretagne occidentale et à l'Université Bretagne Sud. Le câble a été posé par Orange Marine, avec l'appui des entreprises T.S.M. Iroise Mer et Tétis.
« Cette station fournira des données précieuses aux physiciens pour mieux comprendre l'évolution du milieu marin », explique Michel Répécaud, ingénieur à l'Ifremer et coordinateur du projet Brest Bay Base. Il inscrit ce travail dans un contexte de changement climatique et de pression croissante sur les écosystèmes côtiers.
## Quand la fibre optique devient elle-même un capteur
L'une des pistes les plus originales concerne la fibre elle-même. L'Ifremer prévoit de la tester pour mesurer en continu la température de l'eau, les courants et la houle. La technique s'appelle en anglais Distributed Acoustic Sensing, que l'on peut traduire par détection acoustique distribuée : depuis l'extrémité du câble restée à terre, un appareil mesure grâce à la fibre les vibrations que subit le câble sous l'eau.
Le principe a déjà fait ses preuves ailleurs en France. En 2023, des chercheurs du laboratoire Géoazur, à Sophia Antipolis, ont montré qu'un câble de télécommunication posé à 2 390 mètres de fond, à 30 kilomètres au large de Toulon, permettait d'estimer l'intensité des courants profonds à partir de ses vibrations, comme le rapporte [l'Institut national des sciences de l'Univers du CNRS](https://www.insu.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/des-cables-optiques-qui-permettent-letude-des-courants-marins-profonds). L'avantage est de taille : tout se mesure depuis l'extrémité du câble à terre, sans campagne en mer ni maintenance sous l'eau.
La marine y voit aussi son intérêt. Pour Yann Vachias, directeur recherche et innovation de l'École navale, ces propriétés permettent de tester des algorithmes d'acoustique sous-marine passive, c'est-à-dire d'écoute sans émission, pour détecter, suivre, classer et identifier des cibles potentielles sous l'eau ou en surface.
## Un tracé dessiné autour du maërl et des coquilles Saint-Jacques
Poser un câble sur le fond n'est jamais neutre. Le tracé a donc été choisi pour contourner les zones à protéger. Il évite les bancs de maërl, des algues rouges calcaires qui forment de véritables tapis vivants, les herbiers de zostères, des plantes marines à fleurs, ainsi que les zones de pêche à la coquille Saint-Jacques.
Ce souci rejoint une préoccupation plus large. Les écosystèmes côtiers subissent le réchauffement de l'eau, comme le montre [le recul des forêts sous-marines observé dans le monde](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/6319-ocean-le-rechauffement-le-vide-de-ses-especes-des-forets-sous-marines-disparaissent-dans-le-monde/), et les observatoires permanents servent justement à documenter ces évolutions dans la durée.
## L'autre rive : un site dédié aux énergies marines
Brest Bay Base ne se limite pas à Poulmic. Le projet fait le lien entre les deux rives de la rade. Au nord du goulet, le site expérimental de l'Ifremer à Sainte-Anne-du-Portzic, dédié aux énergies marines renouvelables, doit être modernisé. D'après [la fiche de l'Ifremer consacrée à ce site](https://www.ifremer.fr/en/research-infrastructures/sainte-anne-du-portzic-test-site), on y immerge des équipements par 20 mètres de fond, avec un marnage, l'écart entre marée haute et marée basse, de 7 mètres en vives-eaux et des courants qui atteignent 1,75 mètre par seconde. Des prototypes d'éoliennes flottantes, comme ceux d'Eolink et de Windquest, et de systèmes houlomoteurs, qui tirent leur énergie des vagues, comme PH4S et Dikwe, y ont été éprouvés.
Les deux sites en chiffres :
SiteCaractéristiqueDonnéeEMSO Poulmic, LanvéocCâble électro-optique vers la côte2,7 kmEMSO Poulmic, LanvéocPose sur le fond9 et 10 septembre 2026EMSO Poulmic, LanvéocInvestissementPlus de 4 millions d'eurosSainte-Anne-du-PortzicProfondeur d'immersion20 mSainte-Anne-du-PortzicMarnage en vives-eaux et courant7 m et 1,75 m/sLe site du Portzic est aussi l'une des plus anciennes stations d'observation côtière de la façade atlantique française, avec un suivi hydrologique commencé en 1998. Une bouée instrumentée, COAST-HF-Iroise, de 4 mètres de diamètre et 10 tonnes, y mesure les conditions en continu depuis 2000.
## Une infrastructure posée, des résultats encore à venir
Il faut distinguer ce qui est fait de ce qui est promis. Ce qui est acquis, c'est la pose du câble, de la boîte de jonction et des premiers capteurs, ainsi que l'entrée dans le réseau EMSO. La mesure de la température, des courants et de la houle par la fibre reste à ce stade un test annoncé, dont les performances en rade de Brest ne sont pas encore publiées. Quant au volet militaire de détection, l'École navale parle d'expérimentations et d'algorithmes à développer, pas d'un système opérationnel.
La modernisation de Sainte-Anne-du-Portzic, elle, n'est pas terminée. L'intérêt réel de l'ensemble se jugera donc sur la durée, à la qualité des données produites et au nombre d'instruments qui passeront par ce banc d'essai avant d'équiper des navires ou d'autres observatoires. Ajouter Le Point du Jour à ses sources préférées sur Google permet de suivre les premiers résultats de cette station.
---
## Categories
- Énergie et environnement
---
## Navigation
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
---
## Footer Links
- [Accueil](https://lepointdujour.fr/)
- [Nostalgie](https://lepointdujour.fr/nostalgie/)
- [Facebook](https://www.facebook.com/profile.php?id=61566138330419)
- [Instagram](https://www.instagram.com/lepointdujour.fr/)
- [Threads](https://www.threads.com/@lepointdujour.fr)
- [Nous contacter](https://lepointdujour.fr/contact/)
- [Plan du site](/sitemap/)
- [Politique de rédaction](/redaction/)
- [Politique de confidentialité](https://lepointdujour.fr/politique-de-confidentialite/)
- [Mentions légales](/mentions-legales/)
- [Gestion des cookies](https://lepointdujour.fr/gestion-des-cookies/)
- [Tout voir](/topics/)
- [Sciences et espace](https://lepointdujour.fr/sciences/)
- [Industrie et innovation](https://lepointdujour.fr/industrie/)
- [Énergie et environnement](https://lepointdujour.fr/energie-environnement/)
- [Maison et jardin](https://lepointdujour.fr/maison-jardin/)
- [En savoir plus sur ces finalités](https://cookiedatabase.org/tcf/purposes/)